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Fatwa des Oulémas de La Mecque contre l’utilisation des verstes coraniques comme sonnerie de portable Les Sénégalais n’en ont cure

mercredi 8 octobre 2008

Si l’on regarde la trajectoire des sonneries des téléphones portables, nous pouvons dire qu’une évolution réelle s’y opère. En effet, les sonneries portables étaient, il y a bien longtemps, de simples bips stridents. Servant essentiellement à avertir le propriétaire du portable qu’un appel entrant est en cours. Mais, l’avancée des technologies aidant, de la musique et des versets coraniques servent, aujourd’hui, de sonneries. Une « révolution » qui n’est pas du goût des autorités de La Mecque. Ces dernières ont d’ailleurs sorti une « fatwa » interdisant l’utilisation des versets du Livre Saint à cette fin. Mais les Sénégalais ne s’en soucient que très peu de la décision des puritains wahhabites.

L’évolution des technologies pousse les sonneries des téléphones portables à se sophistiquer. Et du simple bip, celles-ci sont passées à la mélodie à deux (2) tons puis à quatre tons. Ces sonneries étaient jadis de bien mauvaise qualité, mais déjà les prémices d’une véritable musique apparaissaient. Aujourd’hui les téléphones portables sont capables de reproduire des sonneries de haute qualité. Et les versets coraniques ne sont pas en reste. Depuis quelque temps, c’est le règne des psalmodies du Livre Saint ou la voix du muezzin appelant à la prière qui servent de sonneries de portables. Très beau. Seulement ces sonneries ne sont pas pour plaire au Conseil juridique islamique de La Mecque. Réuni la semaine passée, il a interdit l’utilisation de versets du Coran comme sonnerie de téléphone portable, dans une fatwa rendue publique en Arabie saoudite. Le communiqué en question stipule : « Il est interdit d’utiliser des versets du Coran comme sonnerie de téléphone portable car un tel usage nuirait au Coran par une interruption abrupte de versets psalmodiés ou par leur psalmodie dans des lieux inappropriés ». En effet, cette réunion du Conseil, qui dépend de la Ligue islamique mondiale (Lim), était présidée par le grand mufti d’Arabie saoudite, Cheikh Abdelaziz Al-Cheikh, à la tête du Conseil des grands oulémas, la plus haute autorité religieuse dans le royaume qui abrite les Lieux saints de l’Islam : La Mecque et Médine. Ces oulémas, notamment égyptiens, ont fortement condamné l’utilisation du Coran comme sonnerie de téléphone, y voyant une frivolité qui porte atteinte au caractère sacré du Livre Saint de l’Islam.

« Cela montre que nous sommes des Musulmans »

Seulement, pour la plupart des Sénégalais, il n’y a aucun inconvénient quant à l’utilisation de ces sonneries. Bien au contraire, c’est pour le bien de l’Islam. Rencontrés aux Parcelles assainies, à l’unité 22, Babacar Diop estime que ces sonneries dénotent de la réussite de la dernière des religions révélées dans le monde. Seulement avant de décrocher Babacar préconise qu’il faut laisser le verset se terminer. Condamnant cette fatwa, il trouve inadmissible de mettre de la musique sur son portable alors qu’il a la possibilité d’y télécharger un son qui montre la religion à laquelle il appartient. Même son de cloche pour Mansour Ndiaye, qui a téléchargé sur son portable un verset de la sourate « Arahmanou ». La trentaine bien entamée, Mansour dit éprouver du plaisir en entendant son portable sonner. « C’est mieux que d’y télécharger des photos obscènes en tant que musulman », grommelle-t-il. Assis devant la porte d’un garage d’automobile, un groupe de quinquagénaire devisent tranquillement. Subitement, une belle musique « sort » d’un téléphone portable et s’invite dans la discussion. La voix d’Oum Kalsoum, « Tala Al Badrou Alayna » s’échappe du téléphone. Tout ceci peut être résumé en une seule phrase : « Dis-moi qui tu es, je te dirai le son de ton portable ».

Du « miaulement d’un chat » aux « pleurs d’un bébé »

L’évolution est telle qu’il n’est pas rare de voir de véritables morceaux de musique en guise de sonnerie. Cette mutation est suivie en quelque sorte par une évolution des mentalités. Aujourd’hui, des sonneries portables s’affichent, s’écoutent et s’échangent. Et plus on avance dans la modernité, plus elles transforment nos habitudes. Finies alors les sonneries standard ! Bonjour musique, cris d’animaux, ou de bébé... Cela est devenu aussi un véritable objet d’appartenance pour les jeunes. Avoir la dernière sonnerie montre d’une part que l’on est « sur la vague » mais aussi sur la technologie embarquée avec soi. « Actuellement, il y a une véritable révolution dans les sonneries. C’est fabuleux. A un moment donné, les téléphones portables n’avaient que des sonneries classiques. Aujourd’hui, le portable a transformé notre vie. Leur utilisation transforme aussi fondamentalement nos habitudes », confie Matar Fall, étudiant en deuxième année de Droit à l’Ucad. « Je peux mettre des sonneries différentes en fonction de mon inspiration », confie ce garçon de 17 ans. Quant à sa mère, elle a mis une chanson de Youssou Ndour. La pratique est devenue tellement courante que les vendeurs d’appareils de téléphone portable investissent davantage sur les « appareils qui ont le bluetooth ou infrarouge ».

Abdou Aziz Kébé, islamologue, donne son avis : « L’appel du muezzin est assez sacré pour servir de sonnerie »

Islamologue de renom, Abdou Aziz Kébé n’est pas d’avis que l’on mette les versets du Coran dans les sonneries des portables. Il estime que quand on banalise, cela devient profane. Pour lui, ceux qui utilisent les versets du coran à cette fin ne savent pas ce qu’ils font. Or cela ne s’arrête pas n’importe comment. Même pour une sonnerie qui évoque le prophète Mouhamet (Psl), il faut savoir comment l’utiliser. Toutefois, il fait savoir qu’une sonnerie ne peut pas te rappeler ton appartenance à la religion musulmane. Que nenni. Et pour donner un exemple patent, il évoque ceux qui utilisent un verset comme sonnerie alors que ce sont leurs petites amies qui les appellent. « Ils sont là en train de câliner ». Pour lui, il faut laisser les choses à son aspect utilitaire. Une sonnerie peut être n’importe quoi sauf un verset du Coran. « Certes, je ne blâme pas ceux qui le font, mais cela n’est pas recommandé », affirme-t-il.

Fatou Bintou K. Ndiaye

(Source : L’Observateur, 8 octobre 2008)

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