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Fatimata Agne Bâ, directrice générale de Hayo : « Le dispositif de l’Artp contre la fraude et le contrôle des appels est salutaire »

lundi 27 avril 2015

Le Consortium du service Universel (Csu), est un groupement d’entreprises sénégalaises, attributaire de la licence de Service universel de télécommunication pour le projet pilote de Matam, suite à un appel d’offres international. Pour la mise en œuvre du projet, le Csu a créé une entité opérationnelle, chargée de l’exploitation de la licence, dénommée Hayo. Une société de téléphonie dirigée par Mme Bâ, Fatimata Agne. Rencontrée par L’Obs dans ses bureaux au 44 avenue Malick Sy de Dakar, elle donne son avis sur les questions de l’heure du secteur de la téléphonie au Sénégal.

Madame Bâ, vous êtes la Directrice générale de Hayo. L’actualité dans le secteur de la téléphonie au Sénégal, c’est la polémique née de l’installation par l’Artp d’un système de contrôle des appels internationaux chez certains opérateurs. En faites-vous partie ?

Effectivement, Hayo est un opérateur de télécommunication titulaire de licence. Nous opérons dans le cadre du service universel au niveau de la région de Matam. Nous avons une licence de télécommunication, qui est une licence globale, dans le sens où nous offrons des services de téléphonie fixe, mobile et d’internet. Nous avons aussi un Gateway international, qui nous permet d’adresser des appels internationaux entrants et sortants. En tant qu’opérateur interconnecté aux autres opérateurs nationaux et internationaux, l’Artp a effectivement mis en place un système de contrôle des appels au niveau de notre structure, pour suivre le trafic de nos échanges avec les autres opérateurs nationaux. Mais aussi le trafic des appels internationaux entrants que reçoit Hayo ou que Hayo envoie vers les autres opérateurs, conformément aux contrats commerciaux que nous avons avec nos partenaires étrangers.

Certains opérateurs trouvent ce système de contrôle assez gênant, mais Hayo n’en fait apparemment pas cas. Pourquoi ?

Je pense qu’il faut d’abord préciser que ce dispositif est un système de lutte contre la fraude et de contrôle des appels. Sur le premier aspect, c’est-à-dire la lutte contre la fraude, nous, en tant qu’opérateur nouvel arrivant dans le secteur, nous saluons ce dispositif. La fraude, nous savons tous que c’est un fléau qui sévit chez tous les opérateurs de téléphonie à travers le monde, notamment au Sénégal. Donc, lutter contre cette fraude, c’est une action salutaire. Sur le second aspect : le contrôle des appels, l’Artp nous a notifié une décision de l’Etat dans ce sens et ce dispositif est déjà installé chez nous.

« Notre objectif : faire de Matam la première ville numérique du Sénégal »

Vous l’avez dit tantôt, Hayo bénéficie d’une licence globale, mais limitée à la seule région de Matam, qui a été choisie par l’Etat pour démarrer ce projet pilote, qui entre dans le cadre du service universel de communication. Mais au constat, pour une société ayant une mission de service public, l’Etat ne vous accompagne aucunement. Comment vivez-vous cette situation ?

L’Etat accompagne la mise en œuvre du service universel. C’est sa mission. Et nous, nous mettons en œuvre cette mission, nous faisons une exploitation d’un service public. L’Etat nous accompagne, dans la compréhension de nos difficultés. L’Etat, via le bras du régulateur, accompagne dans l’adaptation de certaines dispositions réglementaires. Je vous donne un exemple : par le passé, quand on achetait des numéros, c’était avec des blocs de 100 mille, mais depuis notre arrivée, l’Artp a mis en place des modalités pour qu’on puisse acquérir des blocs de 10 mille numéros. Donc, on ne peut pas dire qu’il n’y a pas d’accompagnement de l’Etat. Il y a un accompagnement mais il est contraint par le cadre légal et réglementaire qui n’a pas encore tous les dispositifs nécessaires pour un opérateur régional.

Oui, mais on parle d’accompagnement fiscal, de suspension temporaire, ou différé de paiement de Tva, ou de droits de douane. Il n’en est rien, n’est-ce pas ?

Effectivement, on pense que l’Etat pourrait accompagner davantage, dans notre cas. Nous sommes une entreprise agissant en milieu rural, dans une zone très éloignée de Dakar. Nous sommes en phase d’investissement, nous avons beaucoup de charges et créons des emplois directs et indirects. Normalement, nous devrions être accompagnés davantage. Soit avoir un agrément au code des investissements. Soit avoir des facilités pour alléger cette fiscalité. C’est-à-dire des paiements différés de Tva ou de droits de douane. Aujourd’hui, effectivement, on n’a rien de cela. On a fait des demandes auprès des structures concernées de l’Etat, mais à ce jour, on n’a aucune réponse satisfaisante. Et aujourd’hui, nous subissons une fiscalité très lourde pour une entreprise qui agit en milieu rural.

Le chef de l’Etat a récemment fait un appel à la numérisation des villes, avec l’internet à moindre coût. Est-ce que Hayo est prêt à répondre à cette invite du Président ?

Bien sûr. Comme je l’ai dit tantôt, Hayo est un opérateur de service universel. Aujourd’hui, Hayo est le seul opérateur dont les tarifs des services doivent être validés par l’Artp. Tous les autres opérateurs fixent leurs tarifs et en informent simplement l’Artp. Ce n’est pas le cas de Hayo, qui opère en zone rurale et qui doit avoir des tarifs adaptés au pouvoir d’achat des populations. Aujourd’hui, Hayo fournit l’internet dans la région de Matam à des tarifs adaptés au pouvoir d’achat. Aujourd’hui, on est à 60 FCfa la minute vers certaines destinations internationales comme la France, les Etats-Unis etc. Il faut aussi noter qu’entre abonnés de Hayo, les appels sont gratuits. En plus de cela, Hayo a installé l’internet dans certaines écoles et autres établissements publics de Matam. Donc aujourd’hui, on peut dire que Hayo remplit sa mission de service public et contribue efficacement au projet étatique de numérisation du territoire pour un Sénégal émergent. Notre objectif aujourd’hui, c’est de faire de Matam la première ville numérique du Sénégal.

Pape Sambaré Ndour

(Source : L’Observateur, 27 avril 2015)

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