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Facebook : Naissance de groupes sociaux : Une vie parallèle dans le virtuel

samedi 3 novembre 2012

Facebook. Ce nom a fini d’intégrer le vocabulaire des Sénégalais. Il a fini de s’installer dans la vie de tout un chacun. Avoir un compte sur ce site permet de rester en contact avec ses amis, élargir son cercle de connaissances, partager des informations et des moments vécus et rester en contact avec les êtres chers. Mais aujourd’hui, une autre étape est franchie. Pour beaucoup, il ne suffit plus d’avoir simplement un compte et des amis par centaines. Pour plus de convivialité, les facebookeurs créent ou rejoignent des groupes. Selon les affinités et les intérêts, le concept d’amis qui définit les contacts sur ce réseau prend tout son sens. A partir des commentaires que les uns et les autres font par le biais de ce qu’on appelle « posts », des liens se créent. De banales discussions, on en vient à des confidences qui découlent souvent sur un besoin de se rencontrer. Cela pousse certains à passer du virtuel au concret. Des after-work sont souvent prétexte pour franchir le pas vers la vie réelle, avant de finir souvent par des présences physiques aux cérémonies familiales des uns et des autres. Mais, facebook a un effet pervers. Son utilisation peut mener à une addiction que des chercheurs qualifient de troubles psychiatriques. Derrière les claviers, protégé par l’écran de l’ordinateur, souvent la timidité s’envole. Le contact est beaucoup plus facile. Le tract oublié, il est plus aisé de tisser des liens, de nouer le contact et de se découvrir des affinités. Le réseau Facebook, l’un des sites les plus visités en ce moment au Sénégal, permet de vivre cela tout en restant soi-même. Les commentaires sur les publications, photos et vidéos permettent de se rapprocher même si l’on ne s’est jamais rencontré physiquement. Au fil des discussions, le concept « ami » qui qualifie les contacts sur ce site gagne en sens. Une vraie amitié, bien que virtuelle, naît. Ce genre de relations est encore plus fort dans les groupes sociaux que compte ce site. On y gagne des « papas », des « mamans », des « frères », des « sœurs », bref une seconde famille. Se connecter à facebook équivaut presque à se retrouver en famille. Derrière l’écran de l’ordinateur, séparé par des milliers de kilomètres ou par quelques pâtées de maisons, on discute de tout et de rien, toute gêne occultée. Ce n’est donc pas étonnant que l’internaute y passe des heures. Pour ceux qui sont loin de chez eux ou d’une nature introvertie, cela devient une sorte de palliatif à la vie sociale. Dans les bons moments comme dans les mauvais, les amis se soutiennent.

Les groupes se comptent par milliers voire par millions sur le réseau facebook. Mais ceux qui sont les plus actifs ne sont pas très nom­breux à Dakar. Souvent, c’est une seule personne qui crée le groupe pour garder des liens entre amis. Selon l’orientation que les membres lui donnent (politique, social, fun ou général), le cercle s’élargi. Des administrateurs se chargent de faire la « police ». Ils veillent à ce que les limites ne soient pas dépassées. Malgré le règlement intérieur des groupes établi et disponible pour tout le monde, les débordements ne manquent pas. Chaque membre étant libre d’inviter des amis, tout le monde peut rejoindre le cercle. Des administrateurs sont chargés de réguler les publications et prévenir les clashs. Dans les groupes « Nous Dans Nous » et « Dakar Vip », deux parmi les plus actifs certainement, les publications à caractère religieux sont interdites. Ce sont des sujets sensibles et les disciples des chefs religieux souvent frileux sur les commentaires sur leurs guides. Mais souvent les membres s’approprient le groupe et n’attendent même pas l’intervention d’un administrateur en rappelant eux-mêmes le fautif à l’ordre. « Il est déjà arrivé que l’on frôle des clashs entre membres du groupe mais comme il y a des règles bien définies, les problèmes sont vite réglés. Parfois, je n’ai même pas besoin d’intervenir. Je ne joue pas le rôle de policier, je régule », explique Pass Partout, fondateur et administrateur de « Dakar Vip ». Ainsi, la cordialité est maintenue dans le groupe.

Un prolongement de ces sentiments d’amitié est recherché dans le réel. En dehors des initiatives individuelles de quelques membres, les administrateurs organisent souvent des rencontres pour permettre aux facebookeurs de se connaître physiquement. En after-work dans des restaurants de Dakar, à la plage ou dans les domiciles lors de cérémonies familiales comme le mariage ou le baptême et d’autres événements plus tristes comme les enterrements, les occasions sont nombreuses. Ces rencontres offrent ainsi à certains membres un peu trop introvertis l’opportunité d’avoir une vie sociale et à d’autres le moyen de décoller de l’ordinateur. Si cela rapproche certains, pour d’autres facebook réduit au minimum la vie sociale puisque la majeure partie de leur temps est consacrée à ce site.

Attention à l’addiction

Facebook accompagne tout le long de la journée. Une journée qui commence donc avec un bonjour aux amis et ainsi de suite pendant toute la journée. Certains facebookeurs mettent tout ce qu’ils font sur le réseau, même ce qu’on ne penserait pas dire à son colocataire ou voisin. Ce site devient presque un journal intime. Sauf que l’aspect intime est relégué au second plan puisque les « posts » sont partagés avec les contacts restreints ou pas. Souvent, ce sont les membres de la Diaspora qui sont les plus actifs des groupes créés par des Sénégalais. Pour rester en contact avec leurs compatriotes et vivre l’actualité, ils passent des heures sur la toile. Des questions politiques, aux dernières expressions à la mode, les discussions portent sur tout ou presque. Mais, il arrive également que des résidents deviennent accrocs à facebook. Les contacts faciles et rapides éloignent du stress et des problèmes. Ils agissent parfois comme une thérapie contre la solitude ou la dépression due à un mal être.

Déconnecté de la réalité, on se sent autre, dans un monde où tout est rose. Seulement l’addiction, c’est-à-dire la dépendance, n’est jamais loin dans ce cas. Quand on ne peut plus s’empêcher de se connecter dès le matin pour voir les publications et commentaires de ses amis, à midi pendant la pause déjeuner ou dès qu’on rentre chez soi pour discuter de sa journée, les premiers signes de dépendance s’annoncent. Au début un plaisir, se connecter sur facebook devient petit à petit une nécessité, une contrainte. Arrivé à ce stade, il devient difficile de s’éloigner de son clavier. On sacrifie même les heures de sommeil pour rester le plus longtemps possible connecté.

Plus qu’un phénomène, l’addiction tend à devenir une pathologie. Une étude de l’Université de la Chicago Booth School of Business en Alle­magne faite sur 200 sujets âgés de 18 à 85 ans équipés de téléphone Blackberry, publiée en avril dernier dans la revue Psycholo­gical science, démontre que le besoin d’aller sur facebook est plus fort que celui de fumer pour les fumeurs. Un psychiatre français, le Dr Couderc de l’hôpital Esquirol à Limoges s’est lui aussi intéressé à ce phénomène. Etudiant le comportement de 517 Français, il en a conclu que « plus de 4% d’entre eux dont une grande majorité de femmes et d’adolescents était accrocs à facebook au point de vivre mal les contraintes du quotidien comme les études et le travail qui les éloignent du site ». Se basant sur ces résultats parmi tant d’autres concluant que l’addiction à Internet est un trouble, l’association américaine de psychiatrie se bat pour que l’on déclare l’addiction à Internet comme une pathologie.

Awa guèye

(Source : Le Quotidien, 3 novembre 2012)

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