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Externalisation des activités de Sentel-Tigo vers Ericsson : Des travailleurs de télécoms réaffirment leur désaccord

lundi 22 juin 2015

Le collectif des syndicats des travailleurs des télécommunications (Sonatel-Tigo) a fait part samedi, lors d’un point de presse, de ses inquiétudes sur le projet d’externalisation de certaines tâches de la compagnie de téléphonie Tigo. Ces travailleurs, qui ont réaffirmé leur désaccord, invitent l’Etat du Sénégal à prendre à bras le corps cette question de « souveraineté nationale ».

Le collectif des syndicats des travailleurs des télécommunications (Sonatel-Tigo) a réaffirmé samedi son inquiétude sur l’externalisation des activités de la compagnie de téléphonie Sentel-Tigo. Depuis un certain moment, la direction de Senetel-Tigo, de concert avec celle de la compagnie Ericsson, a décidé d’externaliser ses activités. Pour Sentel, opérant sous la marque commerciale Tigo, l’externalisation vers des fournisseurs concerne l’exploitation et la maintenance du réseau. Selon les travailleurs de Tigo qui s’indignent fortement de cette mesure, il s’agirait, à travers ces nouveaux projets et orientations, de se départir du cœur du métier. Selon eux, le rôle historique du fournisseur se limitait à vendre et à installer des équipements pour le compte de l’opérateur. Avec cette nouvelle donne, les fournisseurs tentent d’entrer dans le champ d’action qui leur était jusque-là totalement dévolu.

Pape Tamsir Seck, secrétaire général du syndicat national des travailleurs de Sentel, affirme que « l’externalisation qui est en train de prendre forme à Tigo, va créer une véritable précarisation de l’emploi. Au bout de six mois ou un an, 50% du personnel risquent d’être licenciés ». Selon lui, une situation similaire s’est produite au Niger et a occasionné de nombreux cas de pertes d’emplois. Selon les membres du collectif, l’Afrique n’a pas bien préparé ces mutations. Elle subit dès lors de plein fouet les effets négatifs de ces pratiques. Les multinationales se prévalent d’un certain vide juridique dans les textes et réglementations pour imposer leur projet. Ces situations seraient malheureusement à l’origine de plusieurs problèmes.

En effet, à cause de cette logique de mutualisation des ressources qui sous-tend ces projets d’externalisation, les emplois seront de plus en plus délocalisés vers d’autres pays où l’environnement du travail est beaucoup plus vulnérable.

Corrélativement à ces délocalisations, le Sénégal risque de perdre le savoir-faire dans ce domaine de pointe très porteur des télécommunications, a dénoncé Pape Tamsir Seck. Cette situation va en outre poser un problème de débouchés pour les nouveaux diplômés.

Selon ces travailleurs, si les entreprises de télécoms et les fournisseurs délocalisent les emplois à l’étranger pour des objectifs d’économie d’échelle, les étudiants issus d’écoles de formations spécialisées en la matière auront du mal à trouver un emploi.

Question de souveraineté nationale

Le domaine des télécommunications, à cette ère du numérique, est aussi crucial pour un Etat que l’eau et l’énergie. Ce qui en fait un domaine de souveraineté nationale. Si par ces projets de transformation, nos infrastructures de service public sont contrôlées à partir de l’étranger, cela pourrait sérieusement compromettre notre souveraineté à travers une manipulation étrangère, ont signalé les travailleurs de Sentel-Tigo Selon toujours ces travailleurs, un réseau accessible n’exclut pas les possibilités de fraude et d’espionnage dans un monde où l’information et les données personnelles s’avèrent de plus en plus stratégiques. Aucun canal de communication n’y échappe : appels, sms, internet, mails, document attaché, tout sera contrôlé par ces multinationales.

Pourtant, le décret 2015-678 portant mise en place du dispositif de supervision et de contrôle de l’activité des operateurs de télécommunication dit que l’Artp exerce ce contrôle par tout moyen approprié. Cependant, selon les syndicalistes, si les opérateurs arrivent à externaliser leurs activités techniques, ce contrôle ne sera plus possible.

Selon Bababcar Sarr, secrétaire général du syndicat des travailleurs de la Sonatel, « la direction générale la Sonatel a confirmé qu’il y aura pas de pertes d’emplois, ni de licenciements et dans tous les cas, ce transfert sera volontaire. Bien que la situation diffère avec celle de nos camarades de Tigo, le projet existe. C’est à nous patriotes d’y faire face. Ce projet risque de mettre à genou notre économie nationale ».

(Source : L’Express, 22 juin 2015)

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