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Eva Sow Ebion, co-fondatrice de Kinaya Ventures : « Senstartup Act est un texte de loi du gouvernement du Sénégal inspiré par les problématiques de l’écosystème numérique. »

mardi 3 septembre 2019

Investissement et financement, accès à la commande publique, etc. Voilà entre autres quelques mesures incitatives contenues dans la proposition de loi Senstartup Act, censée favoriser l’éclosion et le passage d’échelle des startups sénégalaises. Les acteurs de l’écosystème numérique et entrepreneurial espèrent que le texte sera adopté par l’Assemblée nationale d’ici la fin de cette année 2019, et promulguée par le chef de l’Etat. Cheville ouvrière de cette proposition de loi, Eva Sow Ebion, co-fondatrice de Kinaya Ventures, une plateforme d’open innovation, qui connecte les startups, les investisseurs et les grands groupes nous en dit un peu plus. Entretien.

Pouvez-vous nous faire la genèse de la proposition de loi SenStartup Act, sensée, par des textes règlementaires, accompagner le développement des startups sénégalaises ?

Déjà, dans l’année que nous venons de passer, exactement en juillet dernier, nous avons rassemblé l’ensemble des acteurs de l’écosystème pour sortir des prépositions de loi, qui ont été présentes au gouvernement. Ce que je voudrai mentionner ici, c’est que nous avons la chance d’avoir un allié de taille en la personne de Papa Amadou Sarr de la Délégation à l’entreprenariat rapide (DER). Il a enclenché le processus en interne et nous a poussé de regrouper d’autres acteurs. Il y a bien entendu le soutien de la Banque mondiale à travers un appui budgétaire à l’Etat du Sénégal. Nous avons également eu des contacts avec l’ensemble de la Direction générale des impôts et domaines (DGID), des Douanes, les autorités du ministère des Finances, l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP), et éprouvé les différentes propositions pour voir ce qu’il est possible de faire ou pas. Il s’est donc agi d’une démarche de co-création avec les membres de l’écosystème, mais aussi avec les membres du gouvernement pour permettre, je l’espère, la mise en place d’un texte qui permettra aux startups de créer un label qui les fasse accéder à un certain nombre de mesures incitatives afin de mieux se structurer, se développer, mais encore plus passer des échelles de croissance.

Aujourd’hui, nous avons parachevé les consultations inter structures étatiques. Nous venons également de clôturer l’écriture du texte qui a pris un an et six mois.

« Nous espérons qu’il sera porté par le ministre des Finances, et avons l’espoir de voir le texte présenté à l’Assemblée, d’ici la fin de cette année 2019. »

D’où vient cette initiative d’avoir un Startup Act au Sénégal, des autorités publiques ou du privé ?

Cette initiative vient du privé. C’est une approche bottom up (qui vient du bas, Ndlr). Elle vient des bénéficiaires, des acteurs qui eux mêmes se sont regroupés. Donc, il y a une notion très forte d’engagement où nous n’avons pas attendu le président de la République. En effet, avec la mise en place de la DER, le chef de l’Etat a lancé un signal fort à l‘endroit de l’écosystème numérique. Je me souviens encore du premier Forum du Numérique (15 mars 2018, Ndlr) qui s’était tenu à Dakar et les promesses que le président avaient faites en ce moment-là, où il parlait de financement avec la DER, de renforcement de capacités et d’un cadre réglementaire adapté aux besoins des entrepreneurs. Cela a motivé le travail de l’écosystème, qui a répondu à cet appel en venant avec des propositions. Mais aujourd’hui, il s’agit d’un texte du gouvernement du Sénégal inspiré par les problématiques des acteurs.

Justement, l’accès au financement pour les startups constitue un gros obstacle. Qu’apportera ce texte comme solution à ce problème précis ?

Il y a plusieurs mesures incitatives. J’en cite deux : Nous avons abordé la question des taxes. C’est dire que les entreprises en payant moins de taxes ou en étant exonérées de certaines devraient investir cet argent dans les activités des startups.

La seconde concerne une mesure incitative pour que les investisseurs étrangers, les investisseurs particuliers ou Business Angels se sentent plus à l’aise. Le fait de savoir que l’argent qu’ils mettent pour créer une startup peut être exemptée d’impôt, les pousse à l’investir.

Nous avons d’autres méthodes de facilitation dans la création de l’investissement. Par exemple, en ayant des mesures incitatives par rapport à l’accès à la commande publique, on règle ainsi indirectement le problème du financement. Ce sont donc plusieurs mesures que nous avons proposées dans le texte de lois.

En Afrique, il y a la Tunisie qui dispose d’un Startup Act. Vous vous êtes inspirés de cela en dehors de l’adresse du chef de l’Etat, bien sûr ?

Je disais souvent que j’avais la chance d’être membre du i4policy, un mouvement de hubs et d’innovateurs qui se sont mis ensemble afin d’adresser la question des politiques à mettre en œuvre pour l’écosystème numérique africain. Avec un tel atout, cette réflexion était plus facile à mener, et je me suis appuyée sur cette méthodologie pour inviter les acteurs à lancer ce travail et avoir l’appui des autorités publiques.

Aujourd’hui, nous (i4Policy, Ndlr) avons entamé ce processus dans onze pays. Le premier a été le Rwanda où il s’agissait de mettre en place une stratégie de développement des PME, ensuite le Nigeria où il fallait définir la vision de l’innovation et ensuite le Sénégal, qui a vraiment été le point de départ pour la région Uemoa. Ensuite le Mali, Bénin, Togo, Niger et Burkina.

Notre but et notre vision, c’est de réunir tous les innovateurs dans ces pays pour mener la réflexion sur le cadre réglementaire général. Je pense tout de suite à la Bceao. Nous savons qu’il y a énormément de blocages pour les startups Fintech par rapport à la Bceao. Donc, comment adresser ensemble, pour tous ces pays de la zone Uemoa, des problématiques qui nous sont communes et qui nous sont propres.

Entretien réalisé par Amadou Ba

(Source : Innovafrica, 3 septembre 2019)

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