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Étudiants et universitaires : Un certain analphabétisme numérique...

mercredi 28 juillet 2004

Il y a quelques mois, lors d’une conférence de presse, dans le cadre du Salon annuel des Nouvelles Technologies (SINEC), un professeur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar lançait une phrase terrible : « La plupart de nos étudiants aux Etats-Unis, disait-il, travaillent dans les MacDonald ». La raison qu’il invoquait pour expliquer ce phénomène, c’était la cherté des études universitaires pour des étudiants, généralement partis sans Bourse, qui se sont rendus compte, sur place, même avec l’aide éventuelle de leurs parents, qu’ils étaient obligés de travailler, histoire de mettre de l’argent de côté en attendant des jours meilleurs - qui n’arrivent d’ailleurs pas toujours - pour reprendre leurs études.

L’autre jour, lors d’une conférence à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis sur « Internet et les données personnelles », le Pr Abdoullah Cissé, doyen de l’UFR Sciences Economiques et de Gestion, avertissait l’auditoire que certains des étudiants sénégalais n’arrivaient pas à s’adapter en France. Pourtant, expliquait-il, ces étudiants, bénéficiaires de Bourses, avaient obtenu de bons résultats au Sénégal, trônant même dans les premières places. Mais, en France, « ils n’étudient pas » et « ils sont de plus en plus nombreux ».

Mais le plus choquant, c’est lorsqu’on découvre pourquoi ces espoirs de la Nation ont abdiqué. « Ils sont dépassés tout simplement. Au Sénégal, ils étaient premiers, deuxièmes ou troisièmes, ils se retrouvent dans une classe préparatoire où ils ne trouvent pas leurs repères. Ils sont avec des élèves qui ont étudié avec l’ordinateur depuis la maternelle. Eux, ils ont attendu l’université pour utiliser un ordinateur et tout ce qu’ils en savent, c’est une adresse électronique qu’ils ont ouverte. Ils se sont connectés deux à trois fois chaque année, de la Seconde à la Terminale. C’est tout ce qu’ils savent de l’ordinateur et ils viennent dans une classe préparatoire. C’est scandaleux ».

Selon le Pr Cissé, une telle situation a même été portée à l’attention des autorités de tutelle, en l’occurrence le ministère de l’Education, parce que, a révélé encore le Pr Cissé : « dans certaines villes de France, des étudiants sont devenus agents de sécurité, alors qu’ils étaient partis pour étudier ».

Ce n’est hélas pas seulement chez nos étudiants que l’on constate un certain analphabétisme numérique. Le responsable à Dakar de l’Agence Universitaire de la Francophonie a rapporté, il y a quelques semaines, lors d’une conférence publique, qu’un programme de mise à niveau proposé par son institution aux mille enseignants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar n’a recueilli, en fin de compte, qu’une quarantaine d’inscriptions de la part des professeurs de l’UCAD.

Bien dérisoire pour un programme destiné, comme on dit, à renforcer leurs capacités dans l’utilisation des Nouvelles technologies. Nos enseignants et nos universitaires seraient-ils réfractaires aux Nouvelles technologies ? Combien d’entre eux disposent, par exemple, d’un site web et rendent disponibles leurs cours et d’autres informations pour leurs étudiants ?

Pourtant, dans la Société de l’Information où nous sommes déjà, l’ordinateur et ses usages ne sont plus des domaines qu’on peut savoir ou ne pas savoir, mais bien une nécessité. La Société de l’Information requiert, en effet, la connaissance de ces choses, quelle que soit par ailleurs l’activité dans laquelle on est impliqué et son domaine de compétences. C’est encore le Pr Abdoullah Cissé qui illustrait ses propos par l’exemple d’un juriste spécialiste du Droit des contrats, à qui on demanderait des conseils sur un contrat électronique et qui répondrait : « Ah non, ça je ne le traite pas, je traite les autres contrats », ou d’un juriste spécialiste du Droit bancaire qu’on consulterait pour des problèmes d’e-banking et qui répondrait : « ça je n’y touche pas ». De tels spécialistes se verraient rapidement sanctionner par leurs clients : « On n’a pas besoin de vous ».

Ces quelques exemples montrent probablement au moins la nécessité, dès maintenant, d’inclure l’Informatique dans les programmes scolaires, solution qui nous paraît la meilleure, afin que les jeunes - au moins eux -, aient une véritable culture numérique fondée sur une véritable connaissance du fait informatique et de ses applications, au-delà de simples « emails » et « chats » que certains d’entre eux pratiquent dans les cybercafés.

De telles connaissances permettront à nos étudiants de ne plus être « dépassés » mais d’évoluer parfaitement, au cours de leurs études supérieures, dans n’importe quelle institution du monde et, bien entendu, dans nos propres universités qui, entre-temps, du moins on l’espère, se seront aussi mises à jour.

ALAIN JUST COLY aljust@aljust.net

(Source : Le Soleil 28 juillet 2004)

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