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Entretien avec Blaise Ahouantchédé, Directeur général GIM-UEMOA

dimanche 17 juillet 2016

La 5éme édition du Salon de la monétique tenue les 14 et 14 juillet à Dakar fut un succès par l’audience et les innovations technologiques présentées par les opérateurs du secteur. Le thème du Mobile Money, vecteur de l’inclusion financière a fait l’objet de discussions intenses entre experts, banquiers et opérateurs de technologie bancaire, en présence du régulateur, la BCEAO, attentive aux mutations et aux convergences entre la banque et l’opérateur de téléphonie. Au delà des interrogations fécondes, le salon a permis aux acteurs des moyens de paiement électronique par diverses solutions monétiques, mobile money/mobile banking, e-commerce et prépayé, entre autres, de partager leurs expériences et de présenter leurs dernières innovations. Pour faire le point, nous avons interviewé Blaise Ahouantchédé, directeur général de GIM-UEMOA, organisateur de l’événement.

Pour nos lecteurs, pouvez-vous rappeler le rôle et les missions de GIM-UEMOA ?

GIM-UEMOA est un organisme régional qui couvre actuellement 100 pays. Il a été mis en place en 2003 par la banque centrale et la communauté bancaires et j’ai l’avantage de diriger le projet depuis sa création. Nous regroupons en majorité des banques, mais aussi des établissements financiers et postaux, des institutions de micro-finance et des émetteurs de monnaie électronique. Notre mission première est de permettre l’interconnexion de l’ensemble des banques. Présenté ainsi, tout semble facile mais cela a nécessité de s’accorder sur les règles dès le départ. Il a fallu mettre en place un cadre de concertation sur les règles de change par exemple. Car, dans le domaine de l’interbancarité, il existe des risques pour les acteurs qui prennent en charge les transactions des clients des autres, donc il fallait s’accorder sur les conditions interbancaires, ce qu’on appelle interchange. Mais aussi s’accorder sur le cadre de fonctionnement.

Quel rôle joue le GIM-UEMOA dans cette interconnexion financière ?

Il y’a eu un dispositif juridique dont on ne parle pas souvent, mais qui a été mis en place et qui a rassuré les acteurs pour participer a ce système. C’est à travers ce même dispositif que grâce à GIM-UEMOA, qui joue le rôle d’intermédiaire, qu’un client d’une banque A peut faire des transactions auprès d’une autre banque en toute sécurité sans pour autant en être client. A chaque fois qu’un client insère sa carte bancaire dans le gap d’un autre operateur, la banque envoie l’information au GIM pour vérifier les informations sur le client. Une fois l’opération validée, elle devient non répudiable. Et ce sont ces règles très solides qui garantissent la coopération entre les acteurs. L’ensemble des acteurs se sont mis d’accord sur un certains nombre de normes d’échanges.

Après cela, vient le volet compensation que nous assurons. En fin de journée, la banque qui a débloqué l’argent attend d’être remboursée et le GIM-UEMOA s’occupe de la compensation grâce à son accès à la Banque Centrale qui fédère ces banques. Nous déterminons les banques qui doivent et celles qui attendent d’être réglée. Nous les réglons dés le lendemain au niveau de le BCEAO, ce qui fait du GIM un vrai intermédiaire.

A coté de cela, nous avons développé des solutions à valeur ajoutée, c’est ce que nous faisons autour pour encourager l’usage des moyens de paiement. Vous n’êtes pas sans savoir que pour une population de 100 millions d’habitants, le taux de bancarisation tourne autour de 15 / 20% , ce qui est faible. Le taux d’inclusion financière se situe, lui, entre 45 et 49 %. Mais il reste encore une marge importante pour la bancarisation des populations. D’où la nécessité de ces solutions à valeur ajoutée afin d’encourager les banques à proposer de nouveaux produits adaptés.

A travers ce forum, le GIM-UEMOA se bat pour montrer qu’il y a des innovations qui sont là. La meilleure façon pour que les consommateurs connaissent ces produits et qu’ils soient accessibles et à bas prix. Ce 5 ème Salon monétique régional se veut un cadre d’échange pour tous les acteurs confondus, pas seulement les banques, mais aussi les operateurs de téléphonies mobiles, les sociétés de transfert, les assureurs et autres. Le GIM doit fédérer tout le monde, car nous avons le mandat de la Banque Centrale pour gérer l’interopérabilité et la compensation. Et nous sommes les seuls à le faire.

Comme pour les banques, peut-on s’attendre à l’interconnectivité des opérateurs de transfert d’argent et de monnaie électronique ?

Vous savez notre mission première est d’interconnecter tout le monde, sans distinction, mais toujours dans le respect de la réglementation. C’est important de le préciser, parce que c’est une question de confiance. Un client qui n’a pas satisfaction retournera forcément au cash. Donc oui , il faut interconnecter les sociétés de monnaie électronique.Mais aussi l’administration, pour payer les impôts par exemple, doit être capable de se connecter au GIM-UEMOA. Nous voulons nous positionner comme le vrai intégrateur de tous les acteurs réseaux, mais un intégrateur global et régional. Cela nécessite maintenant un gros investissement, raison pour laquelle nous avons mis en place le centre de formation GIM-Académie pour former tous les acteurs de la chaine : banques, sociétés de transfert d’argent entre autres, mas aussi, pour des questions de sécurité, des représentants de la loi. C’est un travail colossal que nous déployons dans les dix prochaines années. Aux Etats maintenant de travailler d’avantage sur la réglementation, ils y gagneront à disposer de la traçabilité de toutes les opérations financières.

Et en termes de chiffres, que représentent toutes ces transactions ?

A l’heure actuelle, sur une année, nous traitons plus de 6 millions de transactions, ce qui représente environ 700 milliards de F CFA. Ce chiffre devrait augmenter l’année prochaine. Notre ambition est d’arriver à traiter mille milliards, voir même deux mille milliards pour les prochaines années, chose faisable.

Quelles sont vos perspectives ?

Le GIM a bien compris sa mission pour les prochaines années, qui est un défi d’intégration. A la fois l’intégration des capitaux, des moyens de paiement, des systèmes, de la monnaie, surtout de la monnaie unique dont je suis partisan. Il faudra batailler pour relever ces défis.

Propos recueillis par Amadjiguène Ndoye

(Source : Financial Afrik, 17 juillet 2016)

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