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En Ouganda, on doit désormais payer pour aller sur les réseaux sociaux

mercredi 4 juillet 2018

Depuis le 1er juillet, l’Etat ougandais impose une taxe de 5 centimes par jour sur chaque abonné à la téléphonie mobile utilisant un réseau social.

Imaginez qu’un matin, votre téléphone refuse de se connecter à Whatsapp ou Facebook. Pourtant, vous n’avez pas dépassé votre forfait. Vous appelez votre opérateur télécom, qui vous dit que vous devez payer une taxe quotidienne sur les réseaux sociaux pour continuer à les utiliser. C’est la mésaventure qu’un internaute a racontée au journal ougandais Daily Monitor.

Annoncée en avril dernier et appliquée à partir du 1er juillet, cette nouvelle taxe s’élève à 200 shillings ougandais, soit 5 centimes par jour ou un peu plus de 16 euros par an. Une somme suffisante pour dissuader les plus pauvres dans un pays où le PIB par habitant s’élève à 570 euros sur l’année. Un forfait à 1 Go de données mobiles coûte déjà 15% du revenu mensuel moyen. La taxe s’acquitte par payement mobile ; or, les transactions mobiles sont désormais imposées à 1%, créant ce que certains internautes qualifient de « double peine ». 70% des 41 millions d’Ougandais ont un téléphone portable, et avec une pénétration d’internet de 41%, le pays se classe dans le top dix du continent des pays les mieux connectés.

« Nous cherchons de l’argent pour maintenir la sécurité du pays et étendre l’électricité, de sorte à ce que les gens puissent plus profiter des réseaux sociaux », s’est justifié le ministre ougandais des finances Matia Kasiaja dans une interview à l’agence Reuters. Le président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 32 ans, a lui dénoncé les utilisateurs des réseaux sociaux comme « propageant des rumeurs ».

Une mesure contre la liberté d’expression ? Au-delà du coût financier, c’est la symbolique de l’action qui fait polémique. Des activistes des droits de l’homme dénoncent une attaque contre la liberté d’expression. Une série d’entrepreneurs et de juristes ougandais ont porté plainte contre le gouvernement en citant notamment une violation du principe de la neutralité du Net, garantissant à chacun un accès équitable au réseau. Durant les dernières élections générales en 2016, le gouvernement avait bloqué l’accès à Facebook, Twitter et Whatsapp en réponse aux mouvements de contestation.

Pour contourner la taxe, certains préfèrent les VPN, (Virtual private networks, des réseaux virtuels privés) permettant de camoufler ses traces sur Internet. Sur le week-end où la mesure est entrée en application, l’utilisation de VPN en Ouganda aurait été multipliée par quinze, d’après des mesures faites par le comparateur de VPN BestVPN.com. Les autorités se sont empressées de poster un message Facebook décriant les VPN : « si vous pensez qu’il est moins cher d’utiliser un VPN que de payer 200 shillings par jour, ce n’est vraiment pas raisonnable ». Certains VPN sont désormais interdits dans le pays.

Lors de son annonce, le sérieux de la mesure de taxation avait été débattu par les analystes. Les autorités de Kampala sont en effet adeptes de déclarations ampoulées et vagues sur les nouvelles technologies. Le gouvernement avait annoncé en 2016 avoir acheté un « détecteur de pornographie » prétendument capable de bloquer de tels contenus directement dans les disques durs des appareils des utilisateurs. Cette annonce n’a pas eu de suites.

La mesure rappelle celle mise en place par la Tanzanie voisine en mars dernier. Le pays avait imposé à tous les citoyens détenteurs d’un blog de payer une licence annuelle de 1 million de shillings tanzaniens, soit 380 euros.

Victoria Castro

(Source : Le Figaro, 4 juillet 2018)

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