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En 6 mois, 6000 internautes en Côte d’Ivoire ont été exposés à des menaces provenant d’extensions de navigateur

mercredi 31 août 2022

Cybersécurité/Cybercriminalité

1,3 million d’internautes dans le monde dont plus de 6000 en Côte d’Ivoire ont été exposés à des menaces provenant d’extensions de navigateur au cours du premier semestre de 2022

Les experts de Kaspersky ont analysé les risques que les extensions de navigateur, en apparence inoffensives, font courir aux utilisateurs et les activités malveillantes dissimulées sous certains modules complémentaires. Au cours du premier semestre 2022, plus de 1,3 million d’internautes ont été affectés au moins une fois par des menaces cachées dans des extensions, dont plus de 2000 au Sénégal, et plus de 6000 en Côte d’Ivoire ! En seulement 6 mois, cela représente plus de 70% du nombre total de victimes de ce type de menace pour l’année 2021. En imitant des applications populaires, telles que Google Translate ou des extensions dotées de fonctionnalités utiles comme PDF Converter ou Video Downloader, les menaces contenues dans les extensions malveillantes peuvent intégrer des publicités, collecter des données des historiques de navigation, voire rechercher des identifiants de connexion, ce qui en fait l’un des outils les plus appréciés des cybercriminels.

Depuis le début de l’année 2020, les produits Kaspersky ont empêché environ 6 millions d’utilisateurs de télécharger des extensions de navigateur malveillantes.

Au cours du premier semestre 2022, les chercheurs de Kaspersky ont observé une augmentation du nombre d’utilisateurs touchés, avec 1,3 million d’utilisateurs ayant rencontré des menaces dans des extensions au cours de cette période, soit plus de 70 % du nombre d’utilisateurs touchés par la même menace pendant toute l’année précédente. Derrière les extensions malveillantes, la menace que l’on retrouve le plus est l’adware, un logiciel indésirable conçu pour afficher des publicités à l’écran. Ces publicités sont généralement basées sur l’historique de navigation de la victime afin d’attirer son attention, elles sont intégrées à des bannières dans les pages Web visitées pour tenter de les rediriger vers des pages affiliées qui permettent aux programmeurs de gagner de l’argent. Ces adwares prennent alors la place des publicités légitimes sur les moteurs de recherche.

De janvier 2020 à juin 2022, les chercheurs de Kaspersky ont observé que plus de 4,3 millions d’utilisateurs uniques ont été confrontés à un adware dissimulé dans une extension de navigateur, ce qui signifie qu’environ 70 % des internautes victimes de modules malveillants ont été exposés aux adwares.

Les utilisateurs ivoiriens sont concernés par la problématique des Adwares, avec plus de 14 000 victimes sur cette même période. Le Sénégal, compte, lui plus de 6000 utilisateurs exposés aux adwares sur cette période.

Il a également été constaté que certains modules d’extension indésirables ont été distribués par le biais de places de marché officielles. En 2020, Google a supprimé 106 add-on malveillants de son Chrome Web Store. Toutes étaient utilisées pour pirater les données sensibles de leurs usagers (cookies, mots de passe, etc.), ou encore pour prendre des captures d’écran à distance. Ces extensions frauduleuses ont totalisé 32 millions téléchargements, mettant ainsi en danger les données de millions d’utilisateurs.

Ce processus de diffusion est cependant marginal, ces extensions étant généralement disséminées via des ressources tierces. L’une des familles de menaces analysées par Kaspersky dans leur rapport, FB Stealer, a été diffusée uniquement via des sites peu fiables. FB Stealer est l’une des familles de menaces les plus dangereuses car en plus de remplacer le moteur de recherche par défaut et de rediriger vers des pages affiliées, FB Stealer est capable de voler les identifiants des utilisateurs de Facebook.

Les utilisateurs ayant essayé de télécharger un logiciel craqué à partir de sources tierces, comme SolarWinds Broadband Engineers Keymaker, se sont finalement retrouvés infectés par un dangereux cheval de Troie NullMixer. C’est ce même cheval de Troie qui, une fois installé, télécharge FB Stealer sur l’appareil sans que cela ne paraisse suspect, faisant passer le virus pour l’extension bien connue et sans danger de Chrome, "Google Translate”.

Après avoir lancé FB Stealer, NullMixer peut extraire les cookies de session Facebook (des informations supposément confidentielles stockées dans le navigateur, qui contiennent des données d’identification permettant aux utilisateurs de rester connectés) et les envoyer aux serveurs des pirates. Grâce à ces cookies, ces derniers sont en mesure de se connecter rapidement au compte Facebook de la victime où ils demandent de l’argent à ses relations, en brassant le plus large possible avant que l’utilisateur ne retrouve l’accès à son compte. En définitive, le téléchargement d’un programme piraté à partir d’une ressource inconnue mène les internautes à être victime d’une menace inattendue, et plusieurs de leurs amis à perdre de l’argent.

« Même les extensions de navigateur qui ne transportent pas de charge utile malveillante peuvent être dangereuses. Par exemple, lorsque leurs développeurs vendent les données utilisateurs recueillies à d’autres entreprises, ils exposent potentiellement ces données à quelqu’un qui n’était pas censé y avoir accès. Les internautes peuvent se questionner quant à l’intérêt des extensions de navigateur, au vu de leur dangerosité potentielle. Je suis moi-même féru d’extensions de navigateur et je pense que les modules complémentaires participent à améliorer l’expérience en ligne. Certaines extensions peuvent même rendre les appareils beaucoup plus sûrs, comme les gestionnaires de mots de passe. Ce qui est important, c’est de se soucier de la réputation et de la fiabilité du développeur, et de faire attention aux autorisations demandées par l’add-on. Si vous suivez les recommandations concernant la sûreté des extensions de navigateur, le risque que vous rencontriez des menaces sera minime », commente Anton Ivanov, chercheur senior en sécurité.

Pour en savoir plus sur le danger que représentent les extensions de navigateur pour les utilisateurs, lisez le rapport complet sur Securelist.

Pour se protéger des menaces qui se cachent dans les modules d’extension, Kaspersky vous donne les conseils suivants :

  • N’utilisez que des sources de confiance pour télécharger des logiciels. Les logiciels malveillants et les applications indésirables sont souvent distribués par des ressources tierces où personne ne vérifie leur sécurité, contrairement aux boutiques officielles en ligne. Ces applications peuvent installer des extensions de navigateur malveillantes ou indésirables à l’insu de l’utilisateur et effectuer d’autres activités malveillantes.
  • Les extensions ajoutent des fonctionnalités supplémentaires aux navigateurs et nécessitent l’accès à diverses ressources et multiples autorisations : examinez attentivement les demandes émises par les extensions avant de donner votre accord.
  • Limitez le nombre d’extensions que vous utilisez en même temps et examinez régulièrement les extensions installées. Désinstallez les extensions que vous n’utilisez plus ou que vous ne reconnaissez pas.
  • Utilisez une solution de sécurité performante. La navigation privée, par exemple via Kaspersky Internet Security, peut vous aider à éviter le tracking sur Internet et vous protéger des menaces.

Kaspersky

(Source : Agence Ecofin, 31 aout 2022)

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