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Economie numérique : Le Sénégal enclenche sa stratégie

mardi 5 décembre 2017

Le Sénégal a élaboré une Stratégie, adoptée en fin 2016, pour booster son économie numérique. Elle intervient après une longue période d’une dizaine d’années où le Sénégal était sans stratégie, sans boussole numérique. Cette stratégie (SN 2025) constitue la composante digitale du Plan Sénégal Emergent préconisée par le président de la République. A terme, elle doit permettre la digitalisation de l’économie et aider, entre autres, les populations à sécuriser leurs épargnes, les inciter à investir dans des activités génératrices de revenus.

D’un coût de 1 361 milliards 300 millions dont 1 000 milliards attendus du secteur privé, la SN2025 veut porter la contribution du numérique à 10% du PIB en 2025 contre 7% aujourd’hui, afin d’impulser la croissance économique à travers le numérique. ‘‘La stratégie Sénégal Numérique 2025’’ est composée de 69 projets et 28 réformes. Elle vise à créer 35 000 emplois directs et hausser le taux de bancarisation’’. Elle ambitionne, selon la vision de ses initiateurs, ‘‘une amélioration du climat des affaires, et une dématérialisation des activités économiques’’. Elle revêt plusieurs opportunités pour le secteur privé local ou communautaire avec un accès aux marchés publics de 50%, à l’horizon 2025, un financement à travers un fonds, une actualisation du cadre juridique pour permettre l’émergence de nouveaux acteurs dans les télécoms, PTN, etc..).

Tous les secteurs d’activités socio-économiques sont pris en compte dans le progiciel pour une numérisation de tous les secteurs et activités. De l’administration aux domaines financiers en passant par l’éducation, les secteurs primaire, secondaire et tertiaire, tout sera digitalisé, de même que la formation. SN2025 va être diligenté avec la mise en place d’un département ministériel en charge du Numérique. Le Premier ministre est chargé d’enclencher la dynamique, appuyé en cela par un comité de pilotage et le ministère chargé du Numérique. A l’occasion de la cérémonie d’ouverture du Salon international des professionnels de l’économie numérique, le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne révélait : ‘‘L’ambition de l’Etat est de positionner le Sénégal en hub dans le domaine de l’économie numérique. Le gouvernement a mobilisé, auprès de la Banque africaine de développement, 46 milliards de F CFA pour la réalisation, à Diamniadio, d’un premier parc technologique.’’

Sénégal Numérique 2025, la part des FINTECHS

Dans ses prédispositions, la SN2025 affecte aux startups la mission d’innovation. Et pourtant, la stratégie est méconnue par les initiateurs de ces startups. Le sentiment général est d’avoir été tenus à l’écart dans l’élaboration de ce projet qui pourtant les intéresse au premier chef. Et ainsi, d’avoir été informés en même temps et au même titre que les citoyens. C’est le sentiment qui anime Aziz Yéma, le fondateur d’une startup spécialisée dans le Mobile Money. ‘‘L’apport des acteurs des TIC devrait être plus significatif, tant dans l’élaboration que la mise en œuvre de ce projet. Mais dans notre secteur, nous n’avons eu droit qu’au compte-rendu’’, regrette le jeune innovateur.

La coordonnatrice pour le développement du programme Mobile Money For Poor du fonds d’équipement des Nations unies partage le même sentiment. Sabine Mensa explique que ‘‘le rôle de ces petites entreprises de finance digitale est crucial dans la mise sur pied de tels projets’’. ‘‘La solution technique devrait être émise par les acteurs clés de la question’’, souligne-t-elle. Avant de laisser entendre que, dans le cadre de la digitalisation des moyens de payement, qui constitue un volet de la SN2025, l’Etat du Sénégal collabore avec sa structure, en vue de fournir le diagnostic sur les flux de payement mobile.

La digitalisation de l’économie est attendue pour aider les populations à sécuriser leurs épargnes, les inciter à investir dans des activités génératrices de revenus. Amadou, jeune innovateur du domaine, explique : ‘‘Nous sommes dans le siècle du numérique ; c’est important pour les Etats de mettre en place des stratégies d’incorporation dans le numérique.’’ Il voit ce projet comme un relais de croissance économique. Par contre, il est circonspect quant à sa faisabilité. Il s’en explique : ‘‘L’élaboration du programme montre que sa mise en œuvre suivra le rythme des acteurs de la Télécommunication. De même l’aspect financement et l’aspect technique m’intriguent’’. Sabine Mensa de préconiser : ‘‘L’horizon est 2025, le Sénégal doit par conséquent mettre les chances de son côté et adopter de meilleures stratégies pour raccourcir le chemin.’’

Fatou Diéry Diagne

(Source : http://www.enqueteplus.com/, 5 décembre 2017)

Post-Scriptum

Ce qu’en pensent les Sénégalais…

La Stratégie SN2025 vient donc pour impulser l’économie numérique au Sénégal, afin de permettre au Sénégal de se positionner parmi les pays dont l’économie est fortement digitalisée. A ce titre, la question intéresse les Sénégalais qui donnent leur avis. Formateur aux nouveaux médias au Centre d’études des Sciences de l’Information (CESTI), Mountaga Cissé considère qu’à travers le numérique, l’Afrique peut envisager une solution efficace pour l’adoption d’une monnaie africaine. ‘‘Si l’Afrique parvient à parler d’une seule voix, le numérique apportera à coup sûr un aboutissement dans la mise en place d’une monnaie électronique’’, dit-il.

La Stratégie alloue au secteur privé 73% du financement ; ainsi M Cissé déclare : ‘‘Il faut à coup sûr privilégier le secteur privé national dans l’application de la SN2025.’’ Il ajoute que ‘‘les startups ont surtout besoin d’accompagnement et de facilités de financement de la part des banques qui doivent continuer à stimuler le secteur, en leur permettant de proposer des services attachés aux produits des banques sans grandes difficultés’’.

Soda est une jeune étudiante en Médecine, elle juge très intéressante la SN2025, mais selon elle, la numérisation des activités va ‘‘rendre sensible l’acuité visuelle, surtout pour les jeunes’’, s’inquiète-t-elle. Marcel, agent d’état civil, se réjouit lui des heures de travail qui ne seront plus fixes. ‘‘Les citoyens pourront faire leurs demandes en ligne, ainsi gagner du temps, et nous ne serons là que pour attester les fiches’’, explique-t-il.

La plupart des gens rencontrés n’ont pas eu échos de la question, certains y voient un projet utopique. Pour d’autres, la numérisation du système administratif va permettre de désengorger la capitale. Ainsi, tous les citoyens peuvent bénéficier des services à proximité.

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INTERNET EN CHIFFRES

- Bande passante : 35 Gbps
- 2 FAI (Orange et Arc Informatique)
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  • 9 077 056 abonnés 2G+3G (97,10%)
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- Taux de pénétration des services Internet : 63,21%

(ARTP, 30 septembre 2017)

- 7 260 000 utilisateurs
- Taux de pénétration : 50,70%

(Internet World Stats 30 juin 2016)

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(NIC Sénégal, 21 avril 2017)

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Téléphonie fixe

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(ARTP, 30 septembre 2017)


Téléphonie mobile

- 3 opérateurs (Orange, Tigo et Expresso)
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- Taux de pénétration : 105, 11%

(ARTP, 30 septembre 2017)

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(Facebook Ads, août 2017)