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E-commerce et commerce des services : Forces et faiblesses de secteurs pourvoyeurs d’emplois

vendredi 20 décembre 2019

La ministre du Commerce et des Pme, Assome Aminata Diatta, a procédé, hier, au lancement officiel de la Stratégie de promotion et de développement du Commerce des services et de la Stratégie nationale de développement du Commerce électronique au Sénégal (Sndces). Des dispositifs qui sont en phase avec la Stratégie numérique 2025.

Pour favoriser le commerce des services et les transactions commerciales en ligne au Sénégal, l’Etat a mis en place hier, deux stratégies. Il s’agit notamment, de la Stratégie de promotion et de développement du commerce des services et de la Stratégie nationale de développement du Commerce électronique au Sénégal (Sndces). Conscientes que le secteur des services et du numérique sont parmi ‘’les moteurs’’ de la création de richesses dans le pays, les autorités veulent le mettre à profit pour contribuer nettement à la résorption du déficit de la balance commerciale. ‘’Le secteur des services contribue de manière déterminante à la formation du Produit intérieur brut (Pib), à hauteur de 61%, avec une croissance annuelle de plus de 6% depuis 2014. Il emploie 43% de la population active. Le secteur du numérique n’est pas non plus en reste avec une contribution de 7% au Pib. L’ambition du gouvernement est de porter ce chiffre à 10% et la création de 35.000 emplois d’ici 2025’’, explique la ministre du Commerce et des Pme qui présidait un atelier sur la question.

Selon Assome Aminata Diatta, en mettant en place ces deux stratégies, le Sénégal entend ainsi ‘’consolider’’ son rang de leader sur le marché sous régional où les exportations sénégalaises de services occupent plus de 30% de parts de marché au niveau de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). ‘’L’élaboration de ces stratégies intervient au moment où met en place la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) qui représente d’énormes opportunités d’expansion de nos exportations de services et de diversification de leurs marchés’’, souligne la ministre en charge des Pme. Ainsi, elle se réjouit du fait que le Sénégal détienne ‘’des avantages comparatifs’’ certains sur la plupart des services dont les échanges feront l’objet d’une libéralisation au niveau continental, à savoir les services professionnels, les services de tourisme et de voyage, les services de communication et les services de transports.

Par ailleurs, le Directeur de l’économie numérique et du partenariat, a indiqué que la Stratégie Sénégal numérique inscrit le commerce parmi les secteurs prioritaires en termes de diffusion du numérique dans l’économie. Seth Sall estime que ces deux stratégies lancées doivent être perçues comme une ‘’contribution’’ à l’opérationnalisation des orientations définies dans la stratégies Sn 2025. ‘’En effet, le diagnostic réalisé en 2016 par la Sn 2025 révèle que le développement du commerce électronique au Sénégal était au stade des balbutiements en raison notamment du manque de confiance face à de nouvelles pratiques de paiement, du faible taux de bancarisation des populations, de l’inadéquation du système d’adressage et de la faiblesse de la logistique pour la livraison des produits’’, dit-il.

Au total, ce sont cinq grands projets et réformes qui sont consacrés par la Sn 2025 pour assurer la promotion du commerce électronique et des services financiers, pour un coût global de 1400 millions de francs CFA. Toutefois, M. Sall signale qu’avec l’avènement des startups, plusieurs plateformes se déploient aujourd’hui, avec succès sur le marché local. ‘’Le secteur de l’économie numérique bénéficie, en effet, d’un écosystème de Pme/startup très actives dans le domaine du commerce de services et électronique. Une étude réalisée par le ministère en charge de l’Economie numérique portant identification et cartographie des Pme et startups du numérique, laisse apparaître que le secteur du commerce est le plus grand bénéficiaire des solutions développées par les startups du numérique, avec un pourcentage de 45% devant l’administration et les services publics (40%), et même le secteur de l’agriculture, l’élevage, l’environnement et la pêche’’, affirme le Directeur de l’Economie numérique.

Les mises au point du Pr Abdullah Cissé

Présentant la Stratégie nationale de développement du Commerce électronique au Sénégal (Sndces) réalisée par leur cabinet de consultance, le Professeur Abdullah Cissé a tenu à clarifier certains points pour l’atteinte des objectifs fixés par le gouvernement. ‘’Pour répondre à un besoin, il nous faut connaître le besoin et un peu la réponse. La question qui nous préoccupe, aujourd’hui, est de voir comment renforcer l’attractivité économique numérique au Sénégal et accompagner les changements structurels de la société, notamment dans le domaine électronique’’, précise le consultant. Selon le Pr Cissé, il existe un besoin d’adaptation de contenus de l’écosystème numérique national. Ce qui ‘’ne peut se faire’’ que si la promotion de cet écosystème qui favorise le développement du commerce électronique avec les acteurs de premier plan, est garantie. ‘’Ces acteurs pourront être leaders dans leur domaine et contribuer de façon significative au Pib de l’économie nationale. En le faisant, on peut mettre en place une stratégie globale. (…). Le clivage par rapport au numérique est visible. Tout se passe à Dakar. Dans toutes les autres régions du pays, il y a une activité fébrile dans le domaine électronique. Il faut la soutenir pour qu’elle se développe’’, préconise-t-il.

En réalité, le diagnostic montre que l’offre de service existe et cible tous les secteurs. En plus de la très forte demande, il y a un potentiel de croissance très élevé. Cependant, les insuffisances notées dans la qualité de la production locale freinent l’essor du Commerce électronique. Quant à la concurrence, elle est très dynamique, mais, il faut tenir compte du secteur informel qui est bien présent. ‘’Le commerce électronique ne fait pas un bon mariage avec le secteur informel. Il y a un problème de qualité et de standards internationaux. Avec les chaines d’approvisionnement, c’est la même chose. Pour que l’économie soit inclusive, cela ne doit plus se concentrer à la capitale ou à Diamniadio’’, fait-il savoir.

Défiance envers les moyens de paiement électroniques

Si la clientèle existe déjà, les moyens de paiement électroniques ne rassurent pas. Ce qui pose le problème de la protection des droits des consommateurs, de même que ceux des fournisseurs. Il est nécessaire, selon le Pr Cissé, d’avoir une ‘’coordination efficace’’ entre les différentes filières et entre les partenariats. ‘’On ne peut évoluer en vase clos. Le monde d’aujourd’hui est un monde d’interdépendance, de partenariat’’, précise le consultant. Sur ce, il indique que les opérateurs de commerce électronique ont aussi besoin de financement et d’accompagnement. ‘’Le cadre juridique est éclaté. On a un ministère en charge du Commerce, celui de l’Economie numérique, l’Adpme, l’Asepex, le ministère de l’Economie avec la Douane, la Dgid, l’ADIE, le Conseil national du numérique, l’Artp, etc. Mais qui contrôle tout ceci ? Si chacun y va en cavalier seul, il y a une véritable perte d’efficacité’’, regrette M. Cissé. Tout en ajoutant que c’est le même scénario au niveau régional, continental et international.

Pour lui, la jeunesse est un atout ‘’extraordinaire’’ pour le développement du e-commerce. ‘’La puissance de développement du numérique est dans la jeunesse. Ce sont les jeunes qui ont l’intelligence numérique, qui créent les startups et qui sont, aujourd’hui, la richesse la plus importante. Ce besoin que nous cherchons à capter, doit être combiné avec les difficultés d’accès aux paiements internationaux, les faibles standards de gestion qui caractérisent notre économie et l’insuffisance de nos moyens logistiques’’, soutient le Pr Abdullah Cissé.

Mariama Diémé

(Source : Enquête, 20 décembre 2019)

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