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Differend ARTP/Opérateurs de téléphonie : Les raisons d’une brouille

mercredi 20 janvier 2016

L’octroi de la 4 G n’est-il que la face visible de l’iceberg ? Les raisons de la brouille entre l’Etat (ARTP) et les opérateurs de téléphonie se trouveraient ailleurs.

Selon des sources concordantes, les trois opérateurs ne seraient pas dans les dispositions d’acquérir cette licence à 30 milliards à cause d’un problème de rentabilité.

D’autres en revanche, estiment l’Etat aurait opté pour un 4ème opérateur, prêt à casser la tirelire. Mieux, cet opérateur serait en ligne de mire depuis belle lurette.

Les trois opérateurs de téléphonie mobile qui opèrent actuellement au Sénégal, ont refusé de soumissionner à l’appel public à candidatures pour l’attribution de licences et de fréquences autorisant l’utilisation des technologies mobiles, 4ème génération en vue de l’exploitation de réseaux publics des télécommunications 4G au Sénégal.

Jusqu’à lundi 18 janvier date de clôture, aucun des trois opérateurs n’a déposé d’offres pour décrocher le jackpot moyennant 30 milliards de F Cfa. A la place d’une offre, les trois opérateurs ont plutôt saisi l’ARTP via une note pour exprimer leurs craintes et leur refus de soumissionner.

Une attitude que déplore la directeur de l’autorité de régulation qui y voit, une volonté manifeste des opérateurs de tordre le bras à l’Etat afin qu’il revoie sa copie.

Sud Quotidien a voulu en savoir un peu plus dans le but d’éclairer la lanterne des sénégalais.

Problématique de la rentabilité

Selon des sources généralement bien informées, les trois opérateurs auraient de sérieux problèmes pour rentabiliser la 3 G qu’ils ont acquis à coup de milliards. « Plus de 88 % de leur parc fonctionnent encore avec la 2 G.

Autrement dit, plus de 88 % de leurs abonnés n’ont pas de téléphone compatible avec la 3 G. Du coup, ils n’ont pu rentabiliser leur investissement », confie une source. Ce qui explique leur prudence.

La bonne affaire de l’Etat avec la 3G

L’Etat du Sénégal a fait preuve d’intelligence dans l’octroi de la 3 G. Et pour cause, rappelle notre source, « les autorités avaient cédé la 3 G à 2, voire 3 milliards. Mais, elles touchent une redevance sur les recettes annuelles des opérateurs.

Ce sont des milliards que l’Etat brasse chaque année dans cette opération très intelligente ». Et notre interlocuteur de signaler que des opérateurs comme Tigo et Expresso restent encore dans les grands départements. Ils ne couvrent pas l’étendue du territoire national. Même Orange n’est pas à 100 % de couverture, ajoute-t-il.

Problèmes d’équipements

Selon nos sources, il se pose également aux opérateurs, la question des équipements. « S’ils prennent la 4 G, ils seront encore appelés à réinvestir sur 40 % du territoire national.

Même à Dakar, beaucoup de gens n’auront pas la 4 G, parce que n’étant adaptée que sur certains téléphones de dernière génération.

Exceptées les entreprises, seuls quelques clients "haut de gamme" vont y accéder. Les opérateurs savent donc, qu’ils ne gagneront rien d’ici huit ans », soulignent nos sources, parce que « technologiquement, la 4 G n’a rien à voir avec la 3 G ».

Un 4ème opérateur en ligne de mire

Conscient que les opérateurs seront dans l’impossibilité d’accepter l’offre de 30 milliards, l’Etat compte s’engouffrer dans cette brèche pour octroyer une licence à un 4ème opérateur qui était aux aguets depuis longtemps.

D’aucuns parlent de l’arrivée imminente de marocains. D’autres pensent que c’est un grand homme d’affaires sénégalais qui serait intéressé.

Toujours est-il que notre interlocuteur estime que l’Etat gagnerait à adopter le système de redevance comme ce fut le cas avec la 3 G, quitte à prévoir une renégociation dans quelques années. En revanche, d’autres estiment que l’enjeu dépasse la 4 G.

Selon eux, il y a aussi la problématique de la fin du contrat de concession de Orange en 2017 et qui devrait être renégocié.

Abdoulaye Thiam

(Source : Sud Quotidien, 20 janvier 2016)

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