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Délestages : Quand la Sonatel dispute la palme à la Senelec

jeudi 9 août 2007

Bien fait pour la Sonatel, seraient tentés de dire les abonnés de son service mobile. L’amende (plus de trois milliards de Fcfa) que lui a infligée l’Agence de régulation des télécommunications et des postes (Art) et confirmée par le Conseil d’Etat ne peut, en effet, qu’être bien perçue par des clients qui en ont raz le bol d’être délestés d’un service qui ne leur est point offert.

Bien au contraire. Ils paient à coup de cartes « Diamono » ou plutôt « Orange » afin d’accéder aux prestations de la Sonatel-mobile. Accéder ? Le mot est peut-être mal placé tant il est difficile voire impossible pendant certaines périodes de communiquer à partir d’une ligne « Orange ». Par exemple- essayez, le coup en vaut la chandelle- cette phrase, « Ce numéro n’existe pas », devenue une redondance, que l’opérateur « automatique » vous balance, alors que vous êtes en face de votre interlocuteur.

Si pour la Senelec, les raisons des délestages s’expliquent par un déficit budgétaire, on ne peut pas en dire autant de la Sonatel dont les bénéfices excédent les milliards de Francs Cfa. Jugez-en : 46,48 milliards en 2002, 56,142 milliards, en 2003 (une hausse de 20,8 %) et 76,3 milliards en 2004. Durant cette année, le chiffre d’affaires était, lui, à 252,263 milliards. A quoi bon amasser des milliards sur le dos de clients encore insatisfaits du service qui leur est rendu ?

La Sonatel-mobile ne peut se glorifier d’être passé de 48 000 clients en 1989 à plus de 3 millions en 2007 sans pouvoir garantir à ses abonnés le service minimum. Son Directeur général, Cheikh Tidiane Mbaye, qui a tenté récemment de communiquer sur les performances de son entreprise (146 milliards de bénéfices pour l’année 2006) a vite fait de changer de stratégie.

Il est revenu à la charge dans la presse pour « préciser » que les Sénégalais n’avaient procuré à son entreprise que le tiers des bénéfices réalisés. Le reste provenant de prestations fournies dans d’autres pays. Soit ! C’est quand même trop pour des clients qui ne demandent qu’à avoir leur réseau. Au fait, avez-vous perçu une différence entre « Alizé » et « Orange » ?

Babacar DIONE

(Source : African Global News, 9 août 2007)

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