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Data Center, Point d’échange Internet… : La souverainté numérique prend forme

mercredi 11 avril 2018

Jusqu’à un passé récent, les données des entreprises et autres structures étaient stockées dans des serveurs installés dans des pays comme la France, les Etats-Unis… En plus d’engendrer des coûts exorbitants, cette situation exposait les données parfois sensibles à toutes sortes de menace. L’ayant compris, des acteurs de diverses catégories se sont ruées vers la mise en place de Datacenter. De la Sonatel à Tigo, en passant par l’Adie et Gaïndé 2000, ils disposent d’une infrastructure de stockage de données où sont regroupés des équipements constituants du système d’information d’une entreprise. Une avancée majeure dans un monde où même les plus gros systèmes ne sont pas épargnés par la cybercriminalité.

« Le mobile et le cloud tiennent une place prépondérante dans le monde d’aujourd’hui. C’est pourquoi la protection des données est un problème complexe pour les entreprises, puisque les données ne résident plus uniquement dans le périmètre de leur réseau », indique Serge Ntamack, directeur régional Affaires publiques de Microsoft Afrique.

En effet, régulièrement confrontées à des soucis avec les serveurs, les entreprises ont besoin d’entrer en contact avec l’hébergeur en cas de pépin. Ce qui n’est pas évident quand il se trouve à mille lieues de sa zone. « En plus de la puissance, l’hébergé a besoin d’un répondant 24h/24. C’est ce qui fait la différence avec les grands hébergeurs. Par exemple, quelqu’un qui se fait héberger a besoin d’avoir un interlocuteur en temps réel en cas de pépin. C’est pourquoi en se faisant héberger chez soi, on est plus rassuré. Parce qu’à l’international, dès que c’est coupé, on a de sérieux problèmes. C’est une fois arrivé à Wari, et il en a souffert », explique le directeur de la plateforme In Touch, Omar Cissé. Pour Ousmane Dia, directeur des entreprises de Sonatel, avec son Datacenter d’une capacité de 70 baies actives, deux (02) locaux opérateur/fédérateur (OP/FED) d’une surface technique utile de 32m² pouvant accueillir chacun 10 baies IT de 800×800 mm organisées, même les grands projets de l’Etat peuvent y être hébergés. « Ce sont des besoins qui ne peuvent pas être délocalisés à l’étranger. Ainsi, le développement des contenus locaux avec le rapatriement des portails hébergés à l’extérieur ainsi que la mise en œuvre d’un écosystème pour les développeurs, sont autant de facteurs qui vont participer à la croissance de l’économie et de la souveraineté numérique. »

O. Fédior

(Source : Le Soleil, 11 avril 2018)

Post-Scriptum

Cheikh Bakhoum, DG ADIE et PCA de SENIX : « le Point d’échange internet national, gage de souveraineté numérique »

Avec la multiplication des lignes internet estimées à près de 9 millions en 2017, la qualité de la connexion se dégradait sérieusement. C’est pourquoi l’Agence de l’Informatique de l’Etat (Adie) a jugé opportun de mettre en place une solution pour accroitre la qualité de la connexion Internet. C’est tout le sens des différents projets entrepris et/ou réalisés par l’Adie.

« L’Adiea engagé depuis longtemps, un ambitieux programme pour mener notre pays vers une relative souveraineté numérique, avec la mise en place des premiers Datacenter au Sénégal dédiés aux données de l’Administration sénégalaise. Aujourd’hui les opérateurs ont presque tous leur Datacenter, nous avons ensuite mis en place les premiers réseaux de fibre optique nationaux au Sénégal, qui permettent à nos communications de rester dans le périmètre local et avec un très haut débit. Aussi, avec le Point d’échange internet national nous pouvons désormais interconnecter tous les opérateurs présents sur le territoire sénégalais entre eux, ce qui éviterait ainsi l’utilisation des fibres optiques avec les câbles sous-marins internationaux pour nos communications locales. Désormais, les échanges Internet entre sénégalais n’auront plus besoin de transiter par des routeurs à l’étranger. Nous ne serons plus à la merci du trafic international, car nous avons, désormais notre internet local. C’est un gage de souveraineté numérique », assure-t-il.

Oumar Fédior

Une aubainepour les PME ?

Principale composante du paysage économique sénégalais, les Petites et moyennes entreprises (PME) étaient traitées de la même manière que les grandes entreprises. Une incongruité que les Datacenter corrigent. « L’entreprise hébergée, qu’elle soit petite ou grande, ne paie qu’en fonction de ses besoins. Il y a une flexibilité qui varie selon les besoins. Les grandes entreprises peuvent en profiter, au même titre que les Pme qui ont plus besoin de faire des économies sur les charges », souligne Ousmane Dia.

O. Fédior

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INTERNET EN CHIFFRES

- Bande passante : 50 Gbps
- 4 FAI (Orange, Arc Télécom, Waw Télécom et Africa Access)
- 8 761 804 abonnés Internet

  • 8 483 435 abonnés 2G+3G+4G (96,9%)
  • 1131 453 clés et box Internet (1,5%)
  • 117 807 abonnés ADSL (1,3%)
  • 17 965 abonnés bas débit (0,2%)

- Liaisons louées : 21 044

- Taux de pénétration des services Internet : 57,44%

(ARTP, 30 juin 2018)

- 7 260 000 utilisateurs
- Taux de pénétration : 59,80%

(Internet World Stats 31 décembre 2017)

- 4710 noms de domaine actifs en .sn

(NIC Sénégal, 25 septembre 2018)

TÉLÉPHONIE EN CHIFFRES


Téléphonie fixe

- 2 opérateurs : Orange et Expresso
- 292 468 abonnés
- 223 179 lignes résidentielles (76,31%)
- 69 218 lignes professionnelles (23,67%)
- 71 lignes publiques (0,02%)
- Taux de pénétration : 1,92%

(ARTP, 30 juin 2018)


Téléphonie mobile

- 3 opérateurs (Orange, Tigo et Expresso)
- 16 141 304 abonnés
- Taux de pénétration : 105,80%

(ARTP, 30 juin 2018)

FACEBOOK

- 2 900 000 utilisateurs

(Facebook Ads, décembre 2017)