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DER : Le récit d’une mal gouvernance en mode Fast Track

mardi 17 décembre 2019

Un cumul de graves infractions aux relents politiques. C’est ce qui ressort de l’enquête, DER : l’autre fonds politique, du journaliste Moussa Ngom qui révèle les accointances délictueuses entre responsables de la structure de financement des startups et PME et politiques. La mal gouvernance en mode Fast Track.

« Je n’ai jamais déposé de projet, puisque je n’en avais pas. » « Mais j’ai reçu un financement de 500 000 francs. » On aurait ajouté cette dernière phrase aux propos de ce veinard qui témoigne, en wolof, le visage flouté dans le reportage, qu’on ne saurait être plus véridique. Appelons-le Salif, comme dans l’enquête du journaliste-reporter d’images, Moussa Ngom.

Dans ce reportage télé intitulé ; Der : l’autre fonds politique, l’initiateur de la structure de presse, La Maison des Reporters montre au grand jour la face cachée de la DER- Délégation à l’entreprenariat rapide, dirigée par le ministre-délégué Pape Amadou Sarr (photo), par ailleurs responsable de l’Alliance pour la République (APR, pouvoir). Et elle est loin d’être immaculée.

Entre infractions et complicités de « népotisme », « abus de biens sociaux », « détournements de fonds », « détournements d’objectifs », « escroquerie aux deniers publics », « faux et usage de faux dans des documents administratifs », etc., l’enquête télé de 13 minutes sept secondes révèle ce que tout le monde craignait au lancement de la DER : qu’elle ne soit qu’un machin de plus pour entretenir une clientèle politique essentiellement jeune et pour l’achat de conscience.

Achat de conscience

Nous sommes à quelques encablures de la présidentielle de 2019, qui a vu Macky Sall rempiler. Salif et beaucoup d’autres jeunes dakarois, militants saisonniers de l’APR, le parti présidentiel, s’offusquent de ne pas bénéficier des financements de la DER, à l’instar d’autres, demeurant aux Parcelles assainies, le fief politique d’Amadou Bâ, à l’époque puissant ministre des Finances. Qu’à cela ne tienne ! Il connaît un responsable politique de ce parti au « bras long ». Dès que ce dernier entre en jeu, l’injustice est réparée. Mais le plus cocasse dans cette affaire, c’est que Salif n’a même pas introduit un dossier de demande de financement. « Franchement, je n’avais aucun projet, mais un jour une dame m’a appelé au téléphone à propos d’un financement que je dois recevoir de la DER », s’étonne-t-il presque dans sons témoignage en wolof sous-titré en français. « C’est quand elle m’a évoqué le nom du responsable que j’ai compris que c’est lui qui m’avait ajouté à la liste des ayant-droits. La dame me l’a même dit : que c’est M. Untel qui lui avait donné mon numéro de téléphone pour m’informer. »

Or, pour bénéficier d’un financement, le processus passe obligatoirement par la constitution formelle d’un dossier, qui sera validé ou rejeté selon des critères définis par la DER.

Népotisme, clientélisme…

« Quand la politique entre dans un prétoire, la justice en sort par la fenêtre », dit l’adage. Que dire alors des agissements de la DER et de sa connivence avec des responsables politiques du parti présidentiel, à la veille de la présidentielle de 2019 ?

Mise en place par le président sénégalais Macky Sall, la structure est dotée d’un budget de 30 milliards de francs CFA, dédiés à l’auto-emploi des jeunes et des femmes. Le montant devrait passer à 100 milliards de francs CFA. Elle affirme avoir reçu depuis son lancement 300 000 demandes de financement. 180 000 ont été satisfaites. Parmi les bénéficiaires, combien l’ont été réellement sur la base équitable et juste et non politique et népotique ? Dans l’enquête de Moussa Ngom, Salif parle d’une liste de centaines de personnes qui ont reçu au moins 200 000 francs CFA, chacun, juste parce qu’un responsable politique haut perché a voulu enrôler des jeunes électeurs.

Pis, le journaliste révèle un échange de courriels à l’appui entre un responsable politique APR et un membre du cabinet de la DER, à l’approche de la présidentielle de 2019. Objet de la correspondance : octroi de financement d’une dizaine de millions de francs CFA à plusieurs personnes figurant sur une liste préétablie. Pour vérifier l’effectivité des virements, dans son enquête, Moussa Ngom appelle au hasard des porteurs de projets fictifs bénéficiaires de financement par ce procédé délictueux. Inutile d’être devin pour connaître le résultat de la vérification.

(Source : InnovAfrica, 17 décembre 2019)

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