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Conséquences : La surtaxe intensifie la fraude, les opérateurs lancent la traque

lundi 10 octobre 2011

La fraude sur les télécommunications a pris des proportions inquiétantes depuis l’arrivée de Global Voice Group (Gvg) et l’institution de la surtaxe sur les appels entrants internationaux. C’est le constat fait par les opérateurs de téléphone de la République de Guinée. Un paradoxe ! Car l’une des missions premières de Gvg est de mettre fin à la fraude. Selon le Directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes de Guinée (Artp), Moustapha Mamy Diaby, sa structure a réussi à détecter des cas de fraude de l’ordre de 90 000 numéros suspects. Mais, d’après Oumar Diallo de Areeba, le Dg de l’Artp ne dit pas que les cas de fraude sont passés de 3 000 cas avant l’arrivée de Gvg, à ce chiffre de 90 000 aujourd’hui. « C’est bon de prendre des fraudeurs, mais il est mieux de ne pas en avoir », raisonne-t-il.

D’ailleurs, selon les explications fournies par M. Diallo et par Alassane Diène (Orange Guinée), ce sont plutôt les installations effectuées par les opérateurs qui ont permis de détecter ces cas de fraude. « Ce sont les opérateurs qui se sont organisés en investissant sur des outils de détection de fraude. C’est nous qui communiquons à l’Arpt la liste des numéros frauduleux. Orange Guinée a communiqué à l’Artp au moins 5 sociétés qui faisaient de la terminaison de trafic entrant », révèle le Directeur général d’Orange Guinée.

En amont, les opérateurs avaient pourtant mis l’Artp devant ses responsabilités. Dans une lettre en date du 17 février 2010, ils révélaient l’intensification de la fraude avec la prolifération des simbox. Des investigations menées sur place, il ressort que le procédé utilisé par les fraudeurs passe par l’installation de simbox dans le pays. « Après cela, ils proposent à l’étranger des terminaisons sur la Guinée à des prix en deçà de ceux appliqués par les opérateurs à la suite de l’institution de la surtaxe. De fait, tous les appels qui devaient passer par les opérateurs passent par ces privés, laissant ainsi la fraude s’installer. » « Par exemple, en recevant un appel de la France, au lieu que l’indicatif de la France apparaisse sur le téléphone, c’est plutôt un numéro local qui est affiché. Le numéro de l’appelant ne s’affiche pas », explique-t-on.

Ndiaga Ndiaye (Envoyé spécial à Conakry)

(Source : L’Observateur, 10 octobre 2011)

Post-Scriptum

Mise en garde des opérateurs : La lettre qui aurait pu éviter le chaos

L’alerte a été sonnée, mais elle n’a pas été entendue par les autorités guinéennes. Les cinq opérateurs de téléphonie en Guinée avaient, en février 2010, adressé une correspondance à Mamadou Lamine Diallo, alors Directeur général de l’Agence de régulation des télécommunications et des postes (Artp) de Guinée, pour attirer son attention sur la situation actuelle et le rôle de Global Voice Group. Dans la lettre signée par tous les Directeurs généraux des opérateurs, ces derniers avaient demandé à l’Artp de « reconnaître l’échec de Gvg et de prendre les mesures idoines pour réguler de façon efficiente le marché du trafic à l’international ». Cette requête alors formulée par les opérateurs s’explique par un constat : « Global Voice Group a échoué à tenir sa promesse sur toute la ligne : recrudescence de la fraude, incapacité à bloquer les fraudeurs ou à anticiper sur la fraude, non production des rapports horaires journaliers etc. » Mieux, les opérateurs de la Guinée ajoutent, pour convaincre de l’échec de Gvg, la demande qu’elle a faite aux opérateurs « d’installer eux-mêmes des systèmes de détection des numéros frauduleux afin de les bloquer en amont ». A l’époque, Orange Guinée, Intercel, Areeba et Cellcom s’étaient réservé le droit d’entreprendre toutes les actions nécessaires pour « récupérer leur argent indûment versé à un prestataire défaillant ». Malgré « l’ampleur des dégâts et la gravité de situation », le responsable de l’interconnexion des appels entrant de Areeba, Oumar Diallo, se désole qu’ « aucune réponse n’ait été apportée à la lettre ».

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