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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2012 > Octobre > Comment le téléphone mobile pourrait révolutionner l’éducation en Afrique

Comment le téléphone mobile pourrait révolutionner l’éducation en Afrique

dimanche 14 octobre 2012

TIC pour l’éducation

Un article récemment publié par la BBC expose quelques faits et chiffres préoccupants qui illustrent le besoin urgent de réformes des systèmes éducatifs en Afrique.

Chaque année, environ 10 millions d’enfants abandonnent l’école primaire en Afrique subsaharienne. Même ceux qui sont assez chanceux pour terminer l’école primaire ont bien souvent un niveau d’alphabétisation et notions de calcul bien inférieur au niveau attendu.
Le continent manque cruellement de professeurs et responsables d’éducation qualifiés. L’UNESCO estime que l’Afrique subsaharienne devra recruter plus de 350.000 enseignants chaque année pour suivre le rythme des besoins croissants en enseignement de la région. Le taux d’analphabétisme en Afrique subsaharienne est frappant, avec plus d’un adulte sur trois incapables de lire et plus de 150 millions d’adultes qui ne savent ni lire ni écrire.

Des faits préoccupants mais pas insurmontables

Les obstacles auxquels sont confrontés les systèmes éducatifs africains sont considérables, mais ils ne sont pas insurmontables.

De nombreux éducateurs et innovateurs sociaux en Afrique subsaharienne abandonnent les méthodes traditionnelles et dépassées de scolarisation au profit de politiques et de pratiques qui usent de la technologie comme composante essentielle de l’éducation.

Ces pionniers ont exploité la puissance et la portée des technologies mobiles dans le but de rendre l’éducation plus accessible, attrayante et accueillante pour les jeunes du continent.

En effet, la technologie mobile a provoqué une explosion de la croissance économique dans de nombreux pays africains. Les propriétaires d’entreprises peuvent réaliser une grande partie de leurs ventes et transactions via les téléphones mobiles. Les gens peuvent utiliser les médias sociaux pour trouver un emploi, obtenir des nouvelles de tout le pays, ou surveiller leurs finances..

L’éducation apparaît comme la prochaine étape logique de l’expansion de la technologie mobile. Pourquoi les jeunes africains ne seraient-ils pas en mesure de tirer des enseignements clés de leur téléphone portable s’ils ne peuvent pas accéder au matériel ailleurs ?

De nouvelles technologies éducatives innovantes

Depuis 2010, l’ONG Worldreader a fourni à des écoliers dans un certain nombre de pays en développement des livres numériques Kindle. Récemment, l’organisation a commencé à publier des livres numériques via la téléphonie mobile. L’application Worldreader et sa bibliothèque d’histoires est déjà disponible sur 3,9 millions de téléphone, avec des utilisateurs actifs au Nigeria, en Éthiopie et au Ghana, pour n’en nommer que quelques-uns.

Par ailleurs, un grand nombre des nouvelles technologies éducatives font usage de MXit, le principal réseau social africain sur plateforme mobile un moyen d’atteindre des étudiants potentiels. Lancée en mai 2005, elle revendique environ 30 millions d’abonnés et est le premier logiciel de messagerie instantanée créé pour être utilisé depuis un téléphone portable. Une approche idéale dans les pays où internet et les ordinateurs sont encore peu accessibles.

C’est l’idée sous-jacente de plusieurs programmes éducatifs mobiles comme le projet Momaths de Nokia, une plateforme de services facilitant l’enseignement et l’apprentissage des mathématiques.

Une autre initiative remarquable est le projet Yoza, initié en Afrique du Sud dans un environnement où plus de 51% de ménages ne possèdent aucun livre de loisir et où seulement 7% des écoles publiques ont des bibliothèques fonctionnelles. Depuis sa création, Yoza est devenue une énorme bibliothèque en ligne de livres numériques, de nouvelles, de littérature et de poésie classique, écrits par des auteurs locaux. En 2011, le projet a rapporté que 300.000 livres avaient été lus, enregistrant 40.000 commentaires, 145.000 visiteurs uniques et 69.000 abonnés Yoza issus du réseau MXit.

Grâce à la technologie mobile, l’apprentissage des étudiants ne s’arrête pas à la salle de classe. Ils peuvent continuer à en apprendre davantage sur un sujet quand ils rentrent à la maison, quand ils font leurs devoirs, ou même quand ils sortent et se détendent.

Ce qui est important à propos de ces courants éducatifs de « mobile learning » en Afrique, c’est qu’ils réalisent de réelles innovations et transformation dans le domaine de l’éduction. Peu de régions du monde investissent autant de temps dans l’éducation basée sur la technologie mobile qu’en Afrique du Sud, par exemple.

Un potentiel colossal

Au niveau des usages pédagogiques, une typologie se dessine petit à petit. Le téléphone vient d’abord en remplacement d’autres outils utilisés assez souvent dans les classes : la calculatrice, l’enregistreur sonore, la caméra, l’appareil photo…

Ensuite, ses fonctions plus spécifiques sont mobilisées : localisation, SMS, accès à internet, boussole. L’univers des applications est exploré avec avidité par les élèves et les enseignants.

Dans ce domaine, les possibilités semblent illimitées. Des quizz et des jeux ludo-éducatifs ciblant un seul enseignement côtoient des « Learning Management System » très évolués permettant à un enseignant d’assurer la progression annuelle de plusieurs classes avec son téléphone.

Si la jeunesse africaine accueille favorablement ces technologies (et les premiers éléments suggèrent que c’est le cas), alors de telles innovations seront considérées comme un grand succès en Afrique et un exemple que le monde entier pourrait suivre.

Langke Diallo

(Source : Next Afrique, 14 octobre 2012)

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