OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Batik > Archives des éditoriaux > Année 2010 > Cloud computing : Mettre les ordinateurs dans nos savanes plutôt que dans (…)

Cloud computing : Mettre les ordinateurs dans nos savanes plutôt que dans les nuages

lundi 30 août 2010

Le « cloud computing », ou « informatique dématérialisée » en français, a suscité beaucoup d’intérêts à l’occasion du Forum ouest-africain sur la gouvernance de l’Internet (WAIGF) qui s’est déroulé en août 2010 à Dakar (Sénégal). D’aucuns diront que la chose n’est guère nouvelle en Afrique au regard de l’utilisation intensive, par les individus, mais aussi par les entreprises comme par l’Etat, des messageries électroniques comme Yahoo, Hotmail, Gmail, etc. et des applications qui leurs sont associées (Google documents), des outils du Web 2.0 (Flickr, Youtube, Slideshare, etc.) ainsi que de nombreux sites web hébergés hors du continent africain. Cependant, la question prend aujourd’hui une toute autre dimension face à l’offensive menée en Afrique par de grandes multinationales comme Microsoft et HP pour vendre le cloud computing présenté comme « la solution » du futur. Certes, cette technologie présente des d’avantages en termes d’externalisation et de travail collaboratif, mais elle ne saurait être adoptée par les Africains sans qu’ils aient murement réfléchi à ses multiples implications. En effet, que l’on parle d’informatique dans le nuage, dans les nuages ou de nuages d’ordinateurs, il n’en reste pas moins que les ordinateurs en question appartiennent à des sociétés qui n’ont rien de virtuelles, dont les propriétaires sont bien réels et qui sont localisées quelque part même si pour les utilisateurs finaux les applications, les plateformes et les données peuvent apparaître comme déterritorialisées. Les asymétries technologiques, économiques et financières étant ce qu’elles sont, les services de cloud computing sont principalement proposés par des sociétés situées dans les pays développés, l’infrastructure technique étant quant à elle, souvent localisée dans les pays émergents pour des raisons de coûts. Si cette logique n’est pas remise en cause, cela signifie que demain, les citoyens africains mais surtout les entreprises, les organisations et les états qui s’aventureront à utiliser ce type de solutions, seront totalement dépendants pour la création, le stockage, l’utilisation et le partage de leurs données de firmes avec lesquelles ils seront liés par de simples contrats commerciaux et face auxquelles ils n’auront guère de recours en cas de problème. En termes de sécurité, ils ne disposeront que de peu de garanties quant au stockage de leur données, au contrôle de l’accès à ces dernières et encore moins en matière de protection de leur transit sur les réseaux entre les lieux où elles seront hébergées et ceux où elles seront utilisées. En matière de pérennité, le risque n’est pas nul que ces sociétés cessent leurs activités du jour au lendemain pour cause de faillite ou car ayant décidé d’investir dans d’autres créneaux jugés plus rentables. On peut également s’interroger sur la maintenance et le développement des applications proposées de même que sur leur compatibilité, dans la durée, avec les systèmes dont auront besoin les individus et les organisations. De plus, l’ensemble du dispositif étant distant, les utilisateurs seront fortement exposés à la cybercriminalité, sans parler des pannes, naturelles ou provoquées, d’Internet à une époque où la cyber-guerre et le cyber-terrorisme sont déjà des réalités à tel point que l’armée américaine a jugé nécessaire de se doter d’un Commandement du cyberespace. Que dire de la bande passante qui sera nécessaire pour éviter les problèmes de latence sur un continent où elle reste la plus chère du monde et où elle est très inégalement disponible d’un point de vue géographique ? L’évocation ces quelques enjeux et problèmes découlant du cloud computing, tel qu’il se pratique actuellement, montre que ce dernier, comme toute technologie, est loin d’être un simple outil utilisable en faisant l’économie d’une réflexion approfondie. Les Africains doivent donc en évaluer les risques majeurs, notamment en ce qui concerne la délocalisation hors du continent des applications et des données ayant, à un titre ou à un autre, un caractère vital. Mieux, pour ne pas être demain dépendante d’une informatique « dans les nuages », l’Afrique doit s’atteler à bâtir une infrastructure informatique (datacenters, IXP, backbone, etc.) « dans les savanes » sur laquelle elle exercera son contrôle. Avoir les pieds sur terre à l’ère de la mondialisation et de la globalisation, c’est en effet toujours avoir à l’esprit que le pouvoir, loin d’être déterritorialisé, s’exerce plus que jamais du Nord sur le Sud même à travers les nuages.

Olivier Sagna
Secrétaire général d’OSIRIS

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4503/5105 Régulation des télécoms
  • 349/5105 Télécentres/Cybercentres
  • 3375/5105 Economie numérique
  • 1787/5105 Politique nationale
  • 4876/5105 Fintech
  • 525/5105 Noms de domaine
  • 1920/5105 Produits et services
  • 1926/5105 Faits divers/Contentieux
  • 779/5105 Nouveau site web
  • 5105/5105 Infrastructures
  • 1762/5105 TIC pour l’éducation
  • 190/5105 Recherche
  • 244/5105 Projet
  • 3491/5105 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1836/5105 Sonatel/Orange
  • 1610/5105 Licences de télécommunications
  • 281/5105 Sudatel/Expresso
  • 1004/5105 Régulation des médias
  • 1274/5105 Applications
  • 1074/5105 Mouvements sociaux
  • 1679/5105 Données personnelles
  • 168/5105 Big Data/Données ouvertes
  • 596/5105 Mouvement consumériste
  • 365/5105 Médias
  • 642/5105 Appels internationaux entrants
  • 1614/5105 Formation
  • 94/5105 Logiciel libre
  • 2138/5105 Politiques africaines
  • 1058/5105 Fiscalité
  • 169/5105 Art et culture
  • 599/5105 Genre
  • 1793/5105 Point de vue
  • 1021/5105 Commerce électronique
  • 1476/5105 Manifestation
  • 319/5105 Presse en ligne
  • 124/5105 Piratage
  • 205/5105 Téléservices
  • 932/5105 Biométrie/Identité numérique
  • 315/5105 Environnement/Santé
  • 352/5105 Législation/Réglementation
  • 358/5105 Gouvernance
  • 1766/5105 Portrait/Entretien
  • 144/5105 Radio
  • 760/5105 TIC pour la santé
  • 283/5105 Propriété intellectuelle
  • 58/5105 Langues/Localisation
  • 1089/5105 Médias/Réseaux sociaux
  • 1994/5105 Téléphonie
  • 191/5105 Désengagement de l’Etat
  • 1037/5105 Internet
  • 115/5105 Collectivités locales
  • 410/5105 Dédouanement électronique
  • 1154/5105 Usages et comportements
  • 1034/5105 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 555/5105 Audiovisuel
  • 3272/5105 Transformation digitale
  • 385/5105 Affaire Global Voice
  • 190/5105 Géomatique/Géolocalisation
  • 330/5105 Service universel
  • 661/5105 Sentel/Tigo
  • 175/5105 Vie politique
  • 1597/5105 Distinction/Nomination
  • 34/5105 Handicapés
  • 698/5105 Enseignement à distance
  • 705/5105 Contenus numériques
  • 586/5105 Gestion de l’ARTP
  • 179/5105 Radios communautaires
  • 1804/5105 Qualité de service
  • 450/5105 Privatisation/Libéralisation
  • 135/5105 SMSI
  • 488/5105 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2701/5105 Innovation/Entreprenariat
  • 1349/5105 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5105 Internet des objets
  • 171/5105 Free Sénégal
  • 699/5105 Intelligence artificielle
  • 199/5105 Editorial
  • 10/5105 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5105 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous