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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2009 > Avril > Cession des actions Sonatel à France Télécom : La décision appartient au (…)

Cession des actions Sonatel à France Télécom : La décision appartient au parlement

lundi 20 avril 2009

Désengagement de l’Etat

Beaucoup a été dit sur la vente des actions Sonatel de l’Etat alors qu’elle n’est pas encore effective et ne peut donc faire l’objet d’une décision de la Brvm. Même dans les instances internationales, cet accord est lu à la lumière de la crise, des options limitées sur le marché financier et des impératifs de transparence.

Avec l’entrée en lice du personnel qui va porter le débat à l’attention des partis, la cession à France Télécom 9,58 % des parts de l’Etat dans Sonatel fait l’objet d’une surenchère peu propice à la sérénité qui sied sur une question d’intérêt national aussi cruciale. Alors que même le représentant du Fmi en revient aux procédures, tout est parti des supputations sur un avis supposé émaner du Conseil régional de l’épargne et des marchés financiers (Cremf) de l’Uemoa, considérant comme non conforme à la réglementation cette décision. Il n’est guère surprenant que sur le site mentionné ne figure aucun avis, communiqué, décision ou instruction allant dans ce sens. Pour la bonne et simple raison que, comme l’a dit Alex Ségura dans la presse, il n’y a encore qu’un protocole d’accord devant passer par le Parlement, pour des raisons évidentes d’inscription au budget et donc de transparence. On y remarque, par contre, au titre des décisions, l’autorisation par la 25ème session du Comité exécutif du Conseil régional d’un emprunt obligataire Boa d’un montant de 2,5 milliards de FCfa, en faveur du Sénégal, en date du 7 avril 2009, c’est-à-dire au beau milieu de la tempête. Et le Conseil, qui est habilité à sanctionner « toute action, omission ou manœuvre qui s’avèrerait contraire à l’intérêt général du marché financier et à son bon fonctionnement », n’a pris aucune mesure à l’encontre des autorités sénégalaises ou de la Sonatel. Ce qu’il faut dire, par contre, c’est qu’avec la crise qui a frappé partout, des mesures draconiennes sont prises çà et là pour en atténuer les effets et éviter l’effondrement, souvent même à contre-courant des principes de politique économique affichés.

D’ailleurs, la Banque africaine de développement a mis en place une Facilité de liquidité d’urgence (1,5 Milliard de $ Us) offrant, à l’instar de toutes les banques multilatérales de développement, des possibilités de crédit spéciales.

Le Sénégal a préféré puiser dans ses avoirs. La position des syndicats et du personnel de la Sonatel se comprend donc, mais uniquement jusqu’à un certain point, pour ne pas tomber dans l’amalgame. Les camarades du représentant au Conseil d’administration, Ibrahima Konté, et du coordonnateur de l’intersyndicale, Mamadou Aïdara, après leurs sorties multiples dans la presse, tout comme Momar Ndao, de l’Ascosen, estiment qu’il faut privilégier le secteur privé national et parlent de bradage du patrimoine Or Abdoulaye Diop, après avoir expliqué les urgences pour l’Etat, a précisé que le Sénégal vendrait à 165.000 F des actions cotées à 117.000 F. Alors que la clause « lock-up » de l’actionnariat oblige tout détenteur désireux de vendre à s’adresser en priorité aux autres actionnaires.

Ce dispositif sert à éviter justement la mainmise étrangère sur un patrimoine donné. N’est-il pas évident qu’avec 33 % des actions au départ, France Télécom peut difficilement être considéré comme « étranger ». A moins de dénoncer le « partenariat stratégique », la question qui vaille est de savoir si la vente serait légitime. La réponse vient d’ Alex Ségura qui retient simplement que la procédure dépend de l’Assemblée nationale. Qui a donc intérêt à mettre la charrue avant les bœufs ?

Fara Sambe

(Source : Le Soleil, 20 avril 2009)

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