Devant la volonté de l’Etat de vendre 9 % de ses actions, des responsables syndicaux de la société nationale de télécommunication (Sonatel) mènent une campagne d’information et de sensibilisation sur les conséquences d’une telle opération.
A l’issue de la rencontre de l’intersyndicale de la Sonatel avec des leaders de la Cap 21 pour les sensibiliser sur la cession des parts de l’Etat à France Télécom qui deviendrait ainsi actionnaire majoritaire, Gabou Guèye, un membre de la délégation, a estimé que : « La loyauté voudrait, quand un acte met en péril une entreprise, que l’on informe les concernés ». Expliquant leur démarche par des « considérations purement patriotiques », dans le souci de préserver un « patrimoine national », les responsables syndicaux ont souligné que France Télécom avec ses 42 % crée déjà « d’énormes problèmes » au sein de l’entreprise. En guise d’exemple, ils ont révélé que « la Sonatel distribue chaque année 150 milliards de francs Cfa aux PME et PMI et fait vivre des milliers de familles dans notre pays. » Pour eux, « une multinationale qui, sans avoir une majorité des parts sociales, nous crée autant de problèmes, s’il détient 52 % des actions, ç’en est fini de la Sonatel dans trois ans », ont-ils averti. Face aux besoins réels de l’Etat en argent, les syndicalistes de la Sonatel ont soutenu que « les 137 milliards peuvent être trouvés sans brader un patrimoine national. » « Il suffit simplement de privilégier, comme par le passé, la concertation pour trouver une solution à ce problème », disent-ils. Louant la démarche de l’Intersyndicale, les leaders de la Cap 21, dans leurs interventions, ont assuré les syndicats de « leur soutien et les encouragent à poursuivre leur combat tout en les invitant à sensibiliser davantage les populations. « Lorsqu’on nous tient un langage sur la souveraineté nationale, sur la bonne gouvernance, sur comment trouver des solutions de façon consensuelle sur les besoins en argent de l’Etat, votre démarche ne peut que rencontrer notre adhésion, a déclaré le Pr Iba Der Thiam. Selon le Professeur, ils devraient trouver une oreille attentive auprès du Chef de l’Etat, pour une solution heureuse. « Tel que je connais Abdoulaye Wade, si vous exposez votre position comme vous venez de le faire, vous n’aurez pas de désaccord », a-t-il indiqué, rappelant la lutte de Me Wade contre les Accords de partenariat économique (Ape), la fracture numérique, etc.
Mamadou Guèye
(Source : Le Soleil, 30 avril 2009)
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