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Cession de Tigo-Sénégal : Le dénouement de la transaction avec le consortium amené par « Free » plus que sûr !

lundi 2 octobre 2017

L’objectif du groupe Millicom International Cellular (MIC) de se désengager complètement du marché africain de la téléphonie mobile à fin 2017 au plus tard est en voie d’atteinte !

Léger retard par rapport à l’échéance objective de juin – juillet 2017 que le groupe MIC s’était fixé après qu’il ait scellé avec Wari SA, le 2 février 2017, un accord de principe pour céder à celui-ci, pour un montant de 129 millions de dollars US, les opérations au Sénégal de sa filiale Sentel SA dont la marque commerciale est Tigo. Mais qu’importe ! On ne cache pas sa satisfaction d’en avoir fini avec la perspective vaseuse d’un dénouement effectif du deal signé avec la société Wari SA, plus de six mois plus tôt. Surtout qu’il y a meilleure fortune avec un consortium constitué par les groupes NJJ de Xavier Niel, propriétaire de Free Telecom en France, Thelyum Telecom de l’entrepreneur sénégalais, Yerim Sow et Sofima, véhicule d’investissement dans les télécoms de la famille Hiridjee ; un « repreneur » plutôt crédible et à la fiabilité financière pas sujet à caution. Et le new deal porterait toujours sur le même montant : 129 millions de dollars US.

Kabirou Mbodje, abat ses dernières cartes…

La belle aubaine pour MIC de se délester finalement de Tigo-Sénégal, à son détriment, le Pdg de Wari SA, Kabirou Mbodje, n’entend toutefois pas la laisser se réaliser aussi aisément ! Avec comme atout maître le décret n°2017-1475 pris opportunément par les autorités Sénégalaises, le 1er aout 2017, pour consacrer, sous forme d’approbation, « la cession de la licence de Sentel SA à Wari SA », -aux lendemains de la double annonce par MIC de la résiliation de l’accord de vente signé avec Wari SA six mois plus tôt et de la signature d’un nouvel accord avec le consortium amené par l’opérateur français Free Télécom-, il a fait le tour, de certains grands établissements bancaires et financiers de la sous-région ouest africaine pour querir leurs concours financiers pour réunir les US$129 millions qu’il aurait dû payer à MIC depuis fin juin 2017 pour prendre possession de Tigo-Sénégal. Mais, sans succès ! A son grand dam !

… sans effet réel sur le cours de la transaction en cours

Pendant ce temps, côté consortium amené par NJJ, toutes les ressources sont réunies pour dénouer la transaction dont le cours, n’est pas susceptible, du reste, d’être, vraiment modifié. Surtout pas, par l’édit du Président Macky Sall et son Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne intervenant, un peu trop tard, pour « cautionner » une opération qui n’a plus d’existence ! Et pour cause, reconnaît-on, mezza voce, dans les couloirs du ministère sénégalais des Télécommunications et de la Poste, que « non seulement aucune disposition du Code des télécommunications ne fait expressément obligation aux opérateurs de téléphonie de faire approuver par le gouvernement, avant ou après, les transactions capitalistiques qu’ils sont amenés à faire avant leur dénouement. Mais, qui plus est, la cession de Tigo-Sénégal à ce consortium dont sont parties prenantes des entreprises opérant dans le secteur à au plan internationale ne charrie aucune menace objective réelle sur la préservation du caractère concurrentiel et performant du secteur des télécommunications national. C’est objectivement plutôt tout le contraire ! ».

Le Sénégal a fait de l’économie numérique dont les télécommunications sont le socle, un des catalyseurs du Programme Sénégal Emergent en 2030. « Tout l’enjeu de la cession de Tigo-Sénégal est que le repreneur soit à même de booster cette économie en étant susceptible de dynamiser le marché, rebattre un peu les cartes en termes d’atténuation de la position dominante d’Orange Sénégal dont la part du marché est de l’ordre de 53%, et innover en matière d’offres à valeur ajoutée » avoue un des sept spécialistes du Collège de l’Autorité de régulation des télécommunications et de la poste (Artp), l’organe de délibération de ladite Autorité. Toute chose pour laquelle, procès en incapacité ne peut être fait, à priori, à Xavier Niel et sa société, Free Télécom.

(Source : La Lettre d’Affaires, 2 octobre 2017)

Post-Scriptum

L’opération Tigo-Sénégal en quelques faits

- Millicom International Cellular (MIC), propriétaire de la marque commerciale Tigo qu’il exploite en Afrique en République Démocratique du Congo (RDC), au Ghana et au Sénégal, a décidé, à partir de 2016, dans le cadre d’une stratégie globale du groupe, de sortir progressivement du marché africain de la téléphonie mobile pour se concentrer sur ses activités en Amérique Latine où il juge les rendements conséquents et les perspectives d’expansion bien meilleures ; • En application de cette stratégie de désengagement, le groupe cède, dès avril 2016, sa filiale congolaise, Tigo-RDC à l’opérateur français Orange. Ensuite ce sera le tour de Tigo-Ghana qui sera vendu à l’indien Bharti Airtel en février 2017. Dans la même période il signe avec la société de droit sénégalais spécialisée dans le transfert d’argent et le paiement électronique, Wari SA, un Memorandum of understanding (MOU) pour céder à cette dernière, Tigo-Sénégal, 2ème opérateur de téléphonie mobile au Sénégal avec un peu moins de 25% de part de marché et qui connaît une croissance continue depuis trois ans ;

- Aux termes de l’accord de principe de vente annoncé officiellement par MIC et Wari SA, le 2 février 2017, Tigo-Sénégal est cédé à Wari SA pour un montant global d’US$ 129 millions. Et, le repreneur disposait d’un délai de six mois au maximum, à compter de la date de signature de l’accord de vente, soit au plus tard le 02 juillet 2017 pour dénouer la transaction. Faute de quoi MIC, dont l’option de recentrage de ses investissements dans la téléphonie mobile en Amérique latine est une priorité forte, va devoir s’affranchir de l’accord entre les parties pour trouver un autre repreneur pour ses opérations au Sénégal ;

- Le montage financier envisagé par Wari SA, -dont le capital est contrôlé à plus de 90% par son Pdg Kabirou Mbodje-, pour financer cette acquisition, consistait en : un apport sur fonds propres à hauteur du ¼ du montant global de la transaction et le financement des ¾ restant par endettement auprès d’une grande banque internationale ou d’un pool d’institutions financières régionales (banques et établissements financiers). Plausible au lendemain de la conclusion de l’accord de transaction entre les parties, l’éventualité de l’accompagnement bancaire est devenue progressivement évanescente au gré des démêlés divers du Pdg de Wari SA, qui avec des anciens associés, qui avec les instances monétaires de l’Uemoa, ou même avec la justice sénégalaise ;

- Dans l’euphorie de la signature de l’accord de transaction avec MIC, Kabirou Mbodje, avait même énoncé la possibilité d’un recours au marché régional des capitaux pour mobiliser de l’épargne public dans le cadre d’une ouverture du capital de Tigo-Sénégal à l’actionnariat populaire. Une solution aussi vite oubliée, par le boss de Wari, qu’il savait sa réalisation pas évidente (surtout pas dans le lapse de temps dont il disposait pour réunir les 129 millions de dollars convenus) ;

- A fin juillet 2017, Wari SA, n’ayant pu apporter le financement requis dans le cadre de la transaction, MIC, ne voulant nullement compromettre sa stratégie de sortie du marché africain de la téléphonie mobile sur lequel Tigo-Sénégal reste son dernier actif, s’est affranchi, comme prévu, de l’accord de vente les liant. Dans la foulée il signé avec un consortium composé de trois entreprises qui ont des activités dans le secteur de la téléphonie mobile un nouvel accord de vente de ses opérations au Sénégal ;

- A l’issue de l’annonce officielle de ce nouvel accord, le gouvernement du Sénégal a pris un décret en date du 1er août 2017 pour consacrer son approbation de l’opération de cession de Tigo-Sénégal à Wari SA. Ironie de la situation, le « go ahead » intervient un peu inopportunément. L’objet n’étant plus d’actualité, MIC ayant informé quelques semaines plutôt Wari SA de ce que tirant les conséquences de son incapacité à acquitter le prix de cession de sa filiale sénégalaise il résiliait l’accord de transaction.

- L’accord de cession de Tigo-Sénégal au consortium amené par NJJ du français Xavier Niel, propriétaire de Free Telecom, devrait être dénoué dans quelques semaines. Le temps de finalisation de la paperasserie nécessaire en pareilles circonstances, fait-on valoir dans la proximité du patron de Free Télécom.

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