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Ce qui manque au Conseil national du numérique

samedi 23 mars 2019

Un Conseil national du numérique vient d’être mis en place au Sénégal. Très attendu par les « acteurs de l’écosystème », selon les premiers commentaires, il compte à ce jour 20 membres, nommés à titre bénévole. Ils ont été choisis en raison de leurs activités, compétences et expertise dans le domaine du numérique. Vous pouvez consulter la liste sur Social Net Link.

Il s’agit d’une belle fourchette de personnalités « du milieu ». J’en ai côtoyé certains, en ai écouté d’autres ou encore entendu parler des structures dans lesquelles ils évoluent. Et puis, les titres qu’ils arborent en disent long sur leur parcours. J’y ai dénombré notamment onze directeurs/directeurs généraux, quatre présidents, un conseiller, un consultant, un administrateur.

A priori, chacun des membres y a sa place et leur maîtrise de l’environnement numérique a certainement guidé le choix du ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique.

Observations générales sur la composition du conseil

Au delà de ses missions de coordination, le Conseil national du numérique peut intervenir à plusieurs niveaux. Il a la possibilité de faire des propositions, de donner des avis, de formuler des recommandations et avis. Sa réflexion portera sur différentes questions relatives aux communications électroniques et à l’économie numérique. Il en sera de même pour les projets et initiatives publics et privés ayant pour objectif de développer et promouvoir l’économie numérique dans tous les secteurs seront concernés.

Je relevais plus haut les profils. Si nous prêtons attention à l’aspect genre dans la composition du Conseil, nous compterons 4 femmes. Ne les connaissant pas, je me garderais de porter un jugement sur leurs compétences respectives. Il reste que la composition des entités est désormais questionnée à cet égard. Et d’ailleurs pour renforcer la présence active, diverses initiatives voient le jour au sujet des Jigeen Tech. Le groupe Sonatel a clos la semaine dernière sa 4e édition du prix de l’entrepreneuriat numérique féminin dénommé Linguere Digital Challenge.

Quid de la représentation des jeunes ? Par définition, un jeune est une personne âgée de 18 à 35 ans, selon le Conseil national de la jeunesse du Sénégal. Peu ou assez représentatifs, on en dénombre 4 379 899 sur une population totale de 15 256 346 sénégalais (ANSD, mars 2018). Ailleurs, ils restent bien positionnés en tant qu’utilisateurs et dans le domaine de l’innovation. Pour cet âge, le monde est essentiellement numérique.

Si ce groupe obtient le soutien idoine, le Sénégal fera un grand bond. Nous pouvons également tenter une révolution dans le secteur en connectant le numérique à d’autres spécialités.

Composer le Conseil autrement …

A ce propos, je conçois le numérique (environnement et outils) comme un processus et un fait social qui impactent notre quotidien. C’est pourquoi, j’aurais été attiré par une composition qui aille au delà de ce que j’ai remarqué. Les réflexions du Conseil national du numérique doivent nourrir les processus de prise de décision. Par conséquent, il doit être le plus représentatif possible et surtout aller au delà de « l’écosystème ».

En tant que ministre en charge de ce secteur, j’aurais ouvert sa composition à d’autres profils tout aussi pertinents. J’aurais invité un spécialiste des sciences sociales notamment un sociologue. Le numérique est un outil social qui induit des changements de comportements à divers niveaux. Ils aideraient à analyser les impacts, les anticiper, les atténuer ou les amplifier. Ensuite, les forces de sécurité devraient y avoir leur place parce qu’aucune stratégie militaire digne de ce nom ne saurait ignorer cet écosystème. Et c’est dans le même ordre que j’aurais invité un spécialiste de la prospective. Plus nous saurons nous projeter dans le futur, mieux nous saurons anticiper et mieux faire face.

J’étais ministre en charge de ce secteur que j’aurais invité un représentant de l’association des utilisateurs ou d’une organisation de la société civile. Il apportera une perspective consumériste qui permettra d’anticiper sur les impacts possibles des initiatives et décisions. Le régulateur du secteur des télécoms y est déjà mais réguler et défendre sont aussi différents que les expressions qui les portent.

J’ai mis l’accent sur ces profils en particulier mais la liste ne peut être limitative. Selon la thématique discutée ou le domaine concernée, des besoins spécifiques peuvent se présenter. C’est pourquoi, le Conseil national du numérique devra être à l’écoute d’opportunités pour mener des consultations larges et ouvertes.

Favoriser la participation

Le Conseil national du numérique pourrait instituer diverses formules afin de mettre en œuvre des essais d’ouverture. Il y’a deux stratégies que le Conseil pourrait envisager.

La structure peut opter pour des invitations à ses séances de délibération. C’est une technique bien connue et largement utilisée par différentes entités. Elle est aujourd’hui utilisée par beaucoup d’entités qui souhaitent tester diverses opinions en les confrontant à d’autres. En règle générale, les textes qui organisent les institutions prévoient ces « fenêtres » même si les usages restent facultatifs.

Le Conseil national du numérique peut aussi envisager la tenue de consultations publiques. Celles-ci pourraient se faire en ligne ou dans le cadre de forums directs avec les populations lors d’assemblées. Il n’est pas toujours besoin que ces consultations soient systématiques mais les faire de manière régulière serait recommandée. Ainsi, les populations, destinataires / bénéficiaires de ces réflexions, pourraient y contribuer et les enrichir.

Une administration ne faiblit pas en lâchant du lest ou en consultant les bénéficiaires de ses actions. Au contraire, ses prestations s’en trouveront encore plus pertinentes.

Alaadji Abdulaay Sekk
Kéneu si wambedmi

(Source : Wa Mbedmi, 23 mars 2019)

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(Facebook, Juin 2019)