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Ce mercredi, internet déménage

mardi 5 juin 2012

Vos ordinateurs, téléphones ou tablettes, tous changent d’adresse ce mercredi... Les explications de Frédéric Donck de l’Internet Society

Internet devrait connaître, mercredi 6 juin, une véritable révolution qui devrait cependant, si tout se passe bien, n’avoir quasiment aucune conséquence pour les utilisateurs.

En effet, en ce jour, le web victime de sa surpopulation, déménage. A compter de cet "IPv6 Launch Day", l’intégralité des machines connectées au réseau vont progressivement changer d’adresse. Explications avec Frédéric Donck, directeur régional du bureau européen de l’Internet Society, une ONG fondée par des pionniers de l’internet et chargée de coordonner les développements de l’internet mondial, et de décider de normes communes.

L’"IP", kesako ?

Tout terminal connecté au web possède un système d’identification permettant de le localiser, la fameuse "adresse IP", comme l’explique Frédéric Donck :

"Pour que les informations puissent circuler sur internet, elles sont divisées en "paquets" de données. Et pour que ces paquets puissent voyager d’un ordinateur à un autre, il faut que ces derniers aient un moyen d’être identifiés, un protocole commun, une sorte d’adresse. Ce moyen, ce sont les fameuses adresses IP (pour Internet Protocol), une série de quatre fois trois chiffres. Tout type de machine, ordinateur, tablette ou téléphone, qui se connecte à internet a obligatoirement une adresse IP sans laquelle il ne peut tout simplement ni recevoir ni envoyer d’information. A l’origine, internet était quelque chose d’expérimental qui ne concernait que quelques centaines de personnes qui se connaissaient toutes. A l’époque, une quatre série de chiffres suffisait donc largement à communiquer. D’où le nom de ce premier protocole : IPv4, qui a pourvu pendant tout ce temps à nos besoins en adresses IP."

Une pénurie d’adresses

Mais aujourd’hui, internet, victime de son succès, n’a plus assez d’adresses IP pour tout le monde. Qui, à la fin des années 70 et au début des années 80 alors qu’il était l’apanage de quelques universitaires et passionnés, auraient imaginé que le réseau deviendrait un phénomène mondial, présent dans plus des deux tiers des foyers français.

"Le nombre d’internautes a décuplé et, d’ici 4-5 ans, nous serons environ 3 milliards à nous connecter", précise Frédéric Donck. "Et à cela, il faut ajouter l’explosion des connexions via les appareils mobiles. Très bientôt, il n’y aura plus assez d’adresses IP pour tout le monde. Certaines zones géographiques sont d’ailleurs virtuellement déjà en rupture. Cela ne veut cependant pas dire que le web est au bord de l’explosion et que nous risquons à tout moment la saturation. En fait, dans la pratique, les choses sont plus compliquées. Tout d’abord parce que les adresses sont distribuées au niveau local par des organismes régionaux et que, en fonction des zones géographiques, les situations ne sont pas les mêmes. Ainsi, en Asie, les stocks sont quasi épuisés tandis qu’en Amérique du Nord il en reste un peu et que, en Afrique, il en reste beaucoup plus. De plus, il existe différents stratagèmes permettant de grossir son stock, comme le fait d’attribuer une adresse IP à plusieurs ordinateurs ou encore tout simplement de réutiliser les anciennes adresses IP. Pour les particuliers, il n’y a donc rien à craindre à court terme."

En revanche, une raréfaction du nombre de places disponibles pourrait bien avoir des conséquences économiques dramatiques.

"Des problèmes risqueraient de surgir principalement pour les gens qui veulent développer ou innover", estime Frédéric Donck. "Par exemple, il serait déjà difficile aujourd’hui de lancer un nouveau Facebook ou Twitter. D’autre part, il y a le formidable développement de l’internet mobile, avec des téléphones qui vont bientôt communiquer entre eux en IP, et qui vont donc faire augmenter le besoin d’adresses. Enfin, internet est bien entendu extrêmement important pour les pays en voie de développement où il y a une forte demande. L’autre risque principal serait, en cas de pénurie, que certains se mettent à acheter et revendre des adresses. Aujourd’hui, cela ne coûte quasiment rien et vous pouvez acheter un paquet d’adresses pour un prix dérisoire. L’internet, par définition, doit être une denrée accessible à tous. Il ne doit pas faire l’objet de commerce."

De l’IPv4 à l’IPv6

Et pour "agrandir" le web afin d’y accueillir de nouveaux internautes, la solution est simple :

"L’IPv4 était basé sur une notation décimale avec des adresses du type : 172.31.128.1. Avec l’IPv6, on passe à une écriture hexadécimale du genre "2001:0db8:0000:85a3:0000:0000:ac1f:800". Ce nouveau protocole permettra de disposer d’un stock de 340 "sextillions", ou trillions de trillions de trillions ou encore 3,4 * 10 exposant 35 d’adresses."

Si l’opération peut sembler révolutionnaire, ce nouvel adressage devrait avoir au final que très peu de conséquences concrètes pour les internautes. D’autant plus que l’IETF "Internet Engineering Task Force", un groupe informel travaillant avec l’Internet Society pour établir les standards techniques d’internet, est censé avoir déjà préparé le terrain.

"Il s’agit plus d’une évolution que d’une révolution", affirme Frédéric Donck. "L’année dernière, nous avions organisé un "IPv6 Day", une journée d’essai à laquelle avaient participé des entreprises comme Google, Facebook, Yahoo ! qui avaient fait tourner leur sites simultanément en IPv6 et IPv4. Résultat : il ne s’est absolument rien passé ! A part peut-être une petite poignée de problèmes techniques, mais rien de signifiants."

Un passage sans douleur donc, d’autant plus que, concrètement, le web à utiliser simultanément les deux protocoles, et ce tant que l’intégralité du réseau soit totalement prêt.

"Concrètement, on ne se rendra compte de rien. La plupart des grandes entreprises du web (comme AT&T, Free, Facebook, Yahoo !, Bing…) sont déjà prêtes. Et pour le reste, le web continuera à fonctionner avec l’IPv4 le temps que l’IPv6 se mette en place. Les deux protocoles coexisteront jusqu’à ce que le dernier site sous IPv4 passe à l’IPv6. Pour le lancement, nous tablons sur une masse de 1% en moyenne de trafic sur les réseaux concernés, au début"

A terme, l’IPv6 ne devrait pas même pas améliorer la qualité de notre débit. Les principaux bénéficiaires de cette révolution silencieuse devraient en effet être les professionnels du secteur.

"Mais même si, concrètement, il ne sera pas grand-chose, il s’agit d’un moment historique : on passe enfin dans le monde de l’IPv6. L’IPv6 va permettre de faciliter différentes évolutions techniques, comme par exemple les réseaux intelligents, une vitesse de calcul plus importante ou encore de nouvelles applications plus rapides."

Jérôme Hourdeaux

(Source : Le Nouvel Observateur, 5 juin 2012)

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