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Cartes d’identité et cartes d’électeurs numérisées : Le Sénégal crache sur un don de la Banque mondiale

mardi 13 septembre 2005

L’opération d’établissement de cartes d’identité numérisées n’est pas une nouveauté. La Banque mondiale avait financé un projet similaire en 2002 dont la société Ati était chargée de l’exécution. Le matériel était acquis et installé au ministère de l’Intérieur. L’Etat a semblé ignorer cela et a décidé de faire avec ses propres moyens. Le ministère de l’Intérieur a passé un marché de quelque 22 milliards de francs Cfa pour l’établissement de cartes nationales d’identité et de cartes d’électeurs numérisées. Ce marché, dont le principal adjudicataire est la société londonienne De La Rue, se décompose en trois volets. Le volet d’établissement des cartes nationales d’identité (6 millions d’unités) et de cartes d’électeurs (3 millions d’unités) est géré par une filiale de De La Rue, nouvellement établie à Dakar. Les travaux liés à la biométrie sont confiés à une société américaine, Eastshore Technology, tandis que la gestion de la base de données centrale est l’affaire de sociétés de droit sénégalais, Synopsis, qui fournit les logiciels, et Système+ pour les matériels.

Les conditions d’attribution de ces contrats font encore hurler nombre de professionnels du secteur, mais c’est chez les bailleurs de fonds que l’on s’étrangle le plus dans cette affaire. En effet, on apprend que la Banque mondiale (Bm) avait financé un programme dans le même domaine et le matériel qui devait servir à faire le travail avait été acquis. C’était un volet du Projet de modernisation des systèmes informatisés de l’Administration (Pmsia). La société informatique Ati avait gagné un marché à la suite d’un appel d’offres international. Ce marché répertorié au bureau dakarois de la Banque mondiale sous le contrat n° 511_C de l’année 2002, avait pour objet « le développement d’une application pour la gestion des cartes d’identité des étrangers vivant au Sénégal et une application pour la gestion des permis de port d’armes ». Le groupe Ati avait noué un partenariat avec la firme américaine LaserCard, une société de la Dexter Cooperation qui a développé la technologie de cartes à mémoire utilisée par l’Administration américaine pour la Green Card. La Bm avait financé l’achat d’un équipement, notamment d’une grosse station de personnalisation, comme celle préconisée dans le cadre du nouveau projet de cartes numérisées. « Ce matériel est aujourd’hui laissé de côté. Je me demande même si les autorités de l’Etat sont au courant de son existence », fulmine un cadre en informatique.

Mieux, il se trouve que des cadres du ministère de l’Intérieur se souviennent encore que, « vu que la solution utilisée par Ati était intéressante, le gouvernement l’avait sollicité pour une offre qui permettrait d’étendre ces travaux à l’établissement de cartes d’identité pour les citoyens sénégalais, de permis de conduire, de cartes grises entre autres applications ». Ainsi, les experts de Ati avaient présenté un programme au gouvernement, qui garantissait la réalisation de ce marché sans bourse délier par le Trésor public. En fait, Ati, dont nous avons une copie de l’offre, proposait notamment que les bénéficiaires des cartes nationales d’identité pour les étrangers, celles de permis de port d’armes et éventuellement les bénéficiaires de permis de conduire ou de cartes grises de véhicules paient le service à des tarifs étudiés. Ainsi, le pactole qui serait généré aurait servi à satisfaire le service public et permettre même à l’Etat du Sénégal de tirer, dans l’opération, des recettes fiscales substantielles et des équipements technologiques. Rien que sur le marché des cartes d’identité pour les étrangers et les permis de port d’armes, la solution proposée par Ati permettait à l’Etat de percevoir la bagatelle de 5 milliards de francs en recettes fiscales et 1,6 milliards en équipements, dont quelque six stations de personnalisation. Le schéma de financement préconisé par Ati prévoyait une taxe de 25 000 francs par permis de port d’arme, 15 000 francs par carte d’identité d’étranger pour les africains et 50 000 francs pour les non-africains. « Franchement, on ne comprend pas pourquoi l’Etat a abandonné ce projet, pour dépenser plus de 20 milliards sur un autre marché », s’interroge un fonctionnaire. En fait, la technologie proposée est « avant-gardiste ». La carte proposée par Ati « est de la taille d’une carte bancaire. Elle est dotée d’une capacité de stockage de 4 Megaoctets. Elle permet, entre autres avantages, de stocker l’équivalent du volume d’un livre de 2 000 pages de textes et une centaine d’images. La carte peut aussi être utilisé pour stocker des graphiques, de la voix, du logiciel, des radiographies, des images à résonance magnétique ou tomographiques ; donc pratiquement n’importe quel type de données numérisées ».

Madiambal DIAGNE

(Source : Le Quotidien, 13 septembre 2005)

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