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Big Data : l’Afrique aux abonnés absents

jeudi 6 avril 2017

Le big data révolutionne les processus de prise de décisions dans le monde. Les analyses qu’offrent cette technologie permettent une meilleure efficacité et une gestion des risques beaucoup plus pertinente. Les entreprises et les institutions africaines, quant à elles, n’ont pas encore franchi l’étape de la planification. Les raisons.

Alors que dans le reste du monde, les gouvernements et les multinationales ne peuvent plus se permettre d’opérer ou de prendre des décisions sans tableaux de bord alimentés par une data de bonne qualité, en Afrique, l’adoption attendra encore quelques années. Selon les derniers chiffres du cabinet spécialisé International Data Corporation (IDC), les revenus d’analyse de données à grande échelle (Big data analytics, BDA) au Moyen-Orient et en Afrique ont totalisé 1,98 milliard de dollars en 2016. La majorité de ces revenus est collectée en Moyen Orient.

Le seul pays africain qui tire son épingle du jeu est, sans grande surprise, l’Afrique du sud. Le détail des chiffres fournis par l’IDC indique que plus de 24% des investissements de la BDA dans la région étudiée ont été générés en Arabie Saoudite, suivi par l’Afrique du Sud et les Emirats Arabes Unis, avec respectivement 22,7% et 17,2%. La Turquie représentait 15,6% des parts, le reste étant réparti entre les autres pays de la zone MEA.

Big Data pour les nuls

Le big data, ou méga données sont des ensembles de données qui deviennent tellement volumineux qu’ils en deviennent difficiles à travailler avec des outils classiques de gestion de base de données ou de gestion de l’information. Tout a commencé avec l’apparition de géants comme Facebook, Google ou encore Amazon. Lorsque des millions, voire des milliards de personnes ont commencé à utiliser ces plateformes, cela a généré des quantités phénoménales de données. Pour lire ces informations, il fallait développer de nouveaux outils et de nouvelles manières pour analyser ces données et les interpréter. Une fois ces outils inventés, l’on s’est rendu compte de la profondeur des analyses qui sont fournis qui peuvent avoir une portée prédicative.

Jusqu’à maintenant, il demeure presque impossible de connaitre toutes les perspectives et utilisations possibles du traitement des big data. Les plus connus sont celles qui traquent et analysent l’information diffusée par les médias, de manière à identifier les grands changements climatiques, environnementales ou encore sociopolitiques, etc. La technologie intéresse également plusieurs disciplines scientifiques comme la médecine, la biologie, la météorologie, la géologie, etc. Dans tous ces domaines, en plus du business, le big data pourrait aider à réduire les risques et faciliter la prise de décision, ou créer la différence grâce à l’analyse prédictive. Ce qui en fait un atout stratégique qui sera bientôt indispensable.

Pourquoi tant de retard ?

Hors Afrique du Sud, le continent restera, durant les 3 années à venir, assez en retard sur ce volet. En fait, la croissance annuelle de 11% attendue pour la région en 2017 et qui poussera le marché à atteindre un volume de 2,20 milliards de dollars, ne sera pas poussée par l’Afrique. Le continent est toujours confronté à des défis liés au nettoyage des données « d’ancienne génération » (c’est-à-dire la data collectée par les moyens traditionnels tels que les sondages et les études de marché) et à la migration vers les technologies génératrices de Data, en évitant le blocage de flux de données.

Ainsi, alors que le nettoyage et la normalisation sont en cours au niveau des institutions étatiques et entreprises, les données se mélangent dans d’anciens mécanismes. Ce phénomène, quoique malsain, reste normal du moment qu’un bon nombre d’utilisateurs et d’organisations en Afrique disposent d’une expérience limitée dans le nettoyage ou de la standardisation des données. Autrement dit, l’Afrique est handicapée par un manque général de compétences dans les technologies avancées. Quelque part, cela reste normal. Plusieurs études sur la big data, principalement celles de IBM et d’IDC, indique qu’au niveau mondial, la pénurie de personnel qualifié persistera et s’étendra des scientifiques de données aux architectes et experts en gestion de données. Cela n’empêchera pas les services professionnels liés aux données enregistreront une croissance annuelle de 23% d’ici 2020.

Au-delà du manque de compétences, la sensibilisation aux vertus de la big data pose également problème. Selon « Big Data Outlook in Africa », une étude réalisée par les analystes d’IBM consacrée au Nigéria et au Kenya, les dauphins de l’Afrique du Sud en matière d’adoption de nouvelles technologies, de nombreuses entreprises africaines ne comprennent toujours pas les avantages des grands projets de big data qui permettent aux entreprises d’accéder à de nouvelles informations sur les risques potentiels. 30% des répondants du sondage IBM ont déclaré qu’ils ne savaient pas si les grands projets de données avaient des avantages pour leur sécurité et 22 % ont affirmé qu’il en a pas. L’autre aspect qui retarde l’investissement dans ce genre de projet est principalement lié à la nature de l’activité. Une base de données collectée à travers un réseau d’objets connectés par exemple, a besoin d’une période qui varie entre un et cinq ans pour produire des informations fiables, selon la nature de l’activité de l’opérateur-investisseur. Une durée qui parait pour une majorité d’entre eux comme trop longue pour justifier l’investissement.

Il n’empêche que certaines entreprises y croient. Le même rapport d’IBM révèle que 40 % des entreprises au Kenya et au Nigéria sont en phase de planification d’un grand projet de BDA. Un taux qui reste prometteur malgré qu’il reste en deçà de la moyenne mondiale, qui elle se situe, à 51 %. En même moment, 12 % des entreprises africaines ont des projets de big data en direct, c’est-à-dire des systèmes qui leur permettent d’avoir et d’analyser des données instantanément. Là aussi, la proportion reste inférieure à la moyenne mondiale de 13 %.

Formation, le talon d’Achille

Néanmoins, le plus malheureux n’est pas le retard du rythme d’adoption, mais la préparation. En effet, si la majorité des entreprises pensent être en mesure de gérer de tels projets, la formation dans la gestion des systèmes de grandes données reste très faible. Ce qui porte à croire que ces investissements seront moins efficaces que prévu...

Par contre, ce qui est encourageant, c’est que l’intérêt ne touche pas uniquement les grandes entreprises. Paradoxalement, les petites structures sont plus susceptibles d’adopter la technologie que les entreprises de taille moyenne. En effet, 43 % des TPE ont déclaré qu’elles étaient en phase de planification de projets de grandes données, contre 24 % de PME.

Big data, Internet des objets, deux faces de la même médaille

Il existe une autre raison du retard de l’Afrique et qui est principalement tributaire de la nature de la technologie. En fait, la croissance de l’activité de BDA est intimement liée à celles des Objets connectés et du Cloud. L’IoT (the Internet of Things, autrement dit l’Internet des objets) génère d’énormes quantités de données structurées et non structurées, qui sont généralement stockées sur le cloud. Même en étant hétérogènes, ces données sont considérées comme de très bonnes qualités et fournissent des renseignements stratégiques surtout dans des secteurs comme l’industrie, la construction ou encore la logistique. Ce qui explique pourquoi les analystes considèrent, presque à l’unanimité, que l’Iot et le BDA sont deux faces de la même médaille.

Or, l’Afrique attend toujours son réveil. Comme ne l’avions expliqué auparavant, d’ici 2020, la progression des "objets connectés" en Afrique ne devrait pas dépasser les 1%. Dans certains pays, cette progression devrait même être inférieure à ce taux déjà faible. Les experts estiment que l’adoption de cette technologie ne commencera à être visible qu’à partir de 2020.

Mais pour que les croissances des trois segments, IoT, Cloud et BDA, soient parallèles, il faudra remédier, et vite, au problème de manque d’expertise. A partir de 2020, les utilisateurs seront de plus en plus nombreux à vouloir des outils d’analyse leur permettant de se connecter facilement à une grande variété de sources de données hébergées dans le cloud et de les combiner. Ce qui les aidera à déceler les opportunités cachées et à rentabiliser leur investissement dans l’IoT...

Mehdi Lahdidi

(Source : La Tribune Afrique, 6 aril 2017)

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