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Bénin : colère des web-activistes après une déclaration du ministre des finances sur la taxe sur l’utilisation d’internet

jeudi 30 août 2018

« […] Vous faites des transferts d’images WhatsApp qui critiquent le gouvernement, […] Libre à vous de le faire, mais vous payez le prix. ». Ces paroles prononcées, visiblement sur un ton badin, par Romuald Wadagni, le ministre béninois de l’économie et des finances, lors du Bénin Investissement Forum 2018, ont déclenché un véritable tollé sur les réseaux sociaux.

La tentative de plaisanterie du ministre, concernant la très décriée taxe sur l’utilisation d’internet au Bénin, n’a pas fait rire les web-activistes présents à l’évènement. Les messages attaquant les propos du ministre se sont multipliés sur les réseaux sociaux, allant jusqu’à mettre la nouvelle taxe sur le compte d’une volonté manifeste des autorités de limiter la liberté d’expression.

En attendant, les autorités justifient la taxe par l’impossibilité d’imposer les services over the top (OTT), comme WhatsApp, qui ont contribué à une considérable baisse de l’utilisation des services voix et SMS fournis par les opérateurs télécoms.

Face à la diminution des taxes perçues sur la voix et les SMS, l’Etat a donc décidé de s’attaquer à Internet, principalement aux OTT, et de faire payer les utilisateurs.

Pourtant, le problème posé par les OTT est mondial et seules des nations africaines ont décidé de taxer les utilisateurs. L’Union européenne envisage plutôt une taxe de 3% sur les chiffres d’affaires générés au sein des Etats membres de l’organisation par les géants du numérique.

Il faut savoir qu’en Afrique, où la tendance de la taxation de l’utilisateur du web se répand de plus en plus, la limitation de l’utilisation d’Internet est souvent associée à des restrictions de liberté. Au Cameroun, l’Etat a par exemple coupé Internet dans la zone anglophone sécessionniste. En Gambie, au Tchad, l’accès à Internet a été limité, voire coupé, en période électorale. De quoi comprendre les craintes des web-activistes béninois.

Pour finir, la décision des autorités béninoises de taxer les OTT est incompréhensible sachant que ces derniers font partie des premiers vecteurs de la pénétration d’Internet dans un pays, et que le Bénin souhaite devenir le carrefour du numérique en Afrique de l’Ouest. Une tâche presque impossible si l’accès à la toile est découragé.

Servan Ahougnon

(Source : Agence Ecofin, 30 août 2018)

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INTERNET EN CHIFFRES

- Bande passante internationale : 172 Gbps
- 4 FAI (Orange, Arc Télécom, Waw Télécom et Africa Access)
- 11 081 424 abonnés Internet

  • 10 817 325 abonnés 2G+3G+4G (97,62%)
    • 2G : 33,28%
    • 3G : 54,50%
    • 4G : 12,13%
  • 97 453 clés et box Internet (0,88%)
  • 145 964 abonnés ADSL/Fibre (1,341%)
  • 17 953 abonnés bas débit (0,16%)
  • 2729 abonnés aux 4 FAI

- Liaisons louées : 22 825

- Taux de pénétration des services Internet : 70,46%

(ARTP, 30 juin 2019)

- 7 260 000 utilisateurs
- Taux de pénétration : 58,20%

(Internet World Stats 31 décembre 2018)

- 4710 noms de domaine actifs en .sn

(NIC Sénégal, 25 septembre 2018)

TÉLÉPHONIE EN CHIFFRES


Téléphonie fixe

- 3 opérateurs : Sonatel, Expresso et Saga Africa Holdings Limited
- 307 030 abonnés
- 236 665 lignes résidentielles (77,08%)
- 70 274 lignes professionnelles (22,89%)
- 91 lignes publiques (0,03%)
- Taux de pénétration : 1,952%

(ARTP, 30 juin 2019)


Téléphonie mobile

- 3 opérateurs (Orange, Tigo et Expresso)
- 17 201 494 abonnés
- Taux de pénétration : 109,38%

(ARTP, 30 juin 2019)

FACEBOOK

- 3 171 000 utilisateurs

- Taux de pénétration de Facebook : 18,6%

(Facebook, Juin 2019)