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Babacar Fall, Chef du projet Cyber-Jeunes : « L’utilisation des Technologies de l’Information aide les élèves à être autonomes »

mercredi 17 novembre 2004

Babacar Fall est le Coordonnateur du Groupe pour l’Etude et l’Enseignement de la Population (GEEP) qui intervient dans plusieurs lycées et collèges du pays. Ce Groupe a mis en place un projet Cyber-Jeunes dans les établissements dont Babacar Fall, qui en est le responsable, revient, ici sur les principales leçons tirées de cette expérience.

La création des espaces Cyber-Jeunes entre dans le cadre de la promotion d’Internet et des "TIC" à l’école. Pensez-vous que cela a donné des résultats ?

Entre 1995 et 1997, le GEEP s’était engagé à faire de l’espace scolaire un cadre favorable à l’éveil des jeunes en matière de santé scolaire à travers les Clubs d’Education à la Vie Familiale (EVF).

C’était déjà une anticipation sur la dimension de la qualité de l’éducation dispensée à l’école, car en développant les capacités de leadership chez les jeunes, en les plaçant en situation d’auto-apprentissage et de management des activités socio-éducatives, l’EVF crée un environnement propice à l’épanouissement des jeunes en milieu scolaire. C’est là un facteur très important pour atteindre les objectifs de qualité de l’Education.

Avec le deuxième festival du GEEP sur le thème « Les Clubs EVF à l’orée du XIXe siècle », il est apparu clairement, sur la base d’un test conduit avec l’appui du Centre canadien de Recherches pour le Développement International (CRDI), que les Technologies de l’Information et de la Communication étaient un outil efficace pour la collecte d’informations, la recherche documentaire, et l’élargissement du champ cognitif des élèves et des professeurs.

Ces "TIC" étaient aussi un moyen de facilitation des communications et des échanges d’informations au sein du réseau des Clubs EVF, en même temps qu’elles pouvaient jouer le rôle de pont entre les élèves sénégalais et d’autres communautés scolaires, pour des formes variées de collaboration.

Sur la base de ces acquis, le GEEP a formulé un programme de promotion des TIC dénommé « Promotion d’Internet à l’école » pour offrir, à travers les espaces Cyber-Jeunes, des cadres d’apprentissage destinés à faciliter l’apprentissage, mais aussi à révéler les talents des jeunes élèves.

Quelles sont les principales leçons tirées de l’expérience des espaces Cyber-Jeunes ?

Quatre importantes leçons ont été apprises au cours de la conduite de cette aventure éducative. La première a été la promotion de l’apprentissage par l’exemple : il s’est agi, à chaque étape, de privilégier la démonstration, en présentant des expériences (soit des contenus tirés de sites éducatifs, soit de mettre en ligne des productions d’enseignants et/ou d’élèves), de les enrichir par des discussions en ligne et de monter la qualité des supports didactiques ainsi obtenus, pour amener les professeurs à reconsidérer certains enseignements obsolètes dispensés pendant plusieurs années.

La deuxième leçon a été le changement de paradigme dans la relation entre enseignants et enseignés : les ‘’TIC’’ offrent un égal accès aux utilisateurs et démystifient le professeur « détenteur du savoir ». Sans évincer l’enseignant, les ‘’TIC’’ lui assignent une fonction plus active, plus créatrice et plus en rapport avec la pédagogie par objectif qui place l’apprenant au centre du processus pédagogique. Sa nouvelle mission est celle d’un médiateur pédagogique, un facilitateur, un révélateur de talents qui, à partir de consignes claires, peut faire travailler les élèves, les amener à plus d’autonomie et à plus de responsabilité dans la gestion de leurs priorités.

La troisième leçon se résume à travers l’adage « petit à petit, l’oiseau fait son nid ». L’introduction d’Internet à l’école doit être conçue à l’image de l’intégration d’une nouvelle technologie éducative. Elle doit être adaptée selon le modèle de la progression de la tâche d’huile et stimulée selon une démarche concentrique portée par des expérimentateurs ouverts aux innovations pédagogiques et capables de persuader leurs pairs, sur la base de l’apprentissage par l’exemple.

La quatrième leçon a été la démonstration de la capacité des écoles à valoriser les investissements et à tirer profit du partenariat pour améliorer leurs conditions de travail : la première génération des espaces Cyber-Jeunes a été lancée avec la mise en place d’une unité Informatique, avec ses périphériques, soit en moyenne un ratio d’une machine pour 500 élèves.

Mais les résultats notés sur la base de l’engagement des animateurs, d’une bonne organisation de l’accès à l’espace Cyber ont souvent servi de plaidoyer auprès des partenaires de l’école (associations des parents, Collectivités locales, anciens élèves, associations jumelées à l’école ou autres bonnes volontés) pour les amener à acquérir d’autres postes de travail, pour les mettre à la disposition de l’école.

La seconde phase du projet est arrivée à terme. Comment faire pour pérenniser les acquis ?

Il faut dire d’abord que les espaces Cyber-Jeunes se sont adaptés aux exigences de recouvrement des coûts, en faisant contribuer les utilisateurs aux frais de connexion, selon des prix étudiés en fonction du pouvoir d’achat de chaque localité. Il y a aussi que les animateurs des espaces Cyber comprennent bien les avantages à avoir accès à Internet et les inconvénients à être privés d’Internet.

Enfin, il est ressorti des journées « portes ouvertes sur les espaces Cyber-Jeunes » la nécessité d’un recentrage du programme sur deux priorités : l’approfondissement de la recherche sur l’impact d’Internet, sur les stratégies d’enseignements, les performances scolaires, la poursuite de la production, les contenus adaptés aux réalités du pays, l’environnement africain et sur l’exigence des programmes scolaires.

La question de l’équipement des établissements en matériel informatique reste ouverte. Le GEEP est en train d’explorer d’autres opportunités et partenariats qui pourraient faciliter l’acquisition d’ordinateurs pour renforcer le parc informatique existant dans les écoles ou élargir le réseau des espaces Cyber, en suivant l’expansion de la carte scolaire.

Propos recueillis par Mohamadou Sagne

(Source : Le Soleil, 16 novembre 2004)

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