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Avis d’inexpert : Légitimités douteuses

vendredi 1er juin 2012

Vexé d’un avis du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) contre sa production, Teuss, la radio Zik Fm ou son « journaliste » mis en cause réagit en déniant toute légitimité à l’organe de juger de sa pratique professionnelle. Plus grave, « la première radio urbaine du Sénégal » se fait radicale et préconise la disparition du Cnra, un organe pour l’institution duquel, dans les années 90, le Synpics s’est battu bec et ongles. Il faut être un gros ignorant réactionnaire pour souhaiter une suppression qui serait un retour en arrière et la transformation du paysage audiovisuel en une jungle ou en une cour des miracles où n’importe qui fait n’importe quoi parce que seulement croyant avoir avec lui la force d’un micro et une légitimité des publics, mais sans celle de vrais professionnels. C’est le lieu de dire que la pantalonnade contre le Cnra doit appeler les journalistes à réfléchir sur cette profession qui est en train de se faire n’importe comment et avec n’importe qui, dans ce pays. Et c’est dans l’audiovisuel que prévalent le plus de telles dérives introduites par des individus dont on a trop vite fait des journalistes et qui n’y sont aucunement prédisposés, ni par le profil ni même par le niveau d’études.

Ah oui, il faut dire les choses comme elles sont. Et ce sont ces mêmes venus par effraction qui sont en train d’imposer leurs propres normes à une profession qui en a assez pour en trouver d’inappropriées. Posons la question à rebours : de tels journalistes devraient-ils (doivent-ils) contester la légitimité du Cnra où siègent des valeurs comme Modou Ngom, journaliste issue de la 9e promotion du Cesti, la magistrate Nancy Ngom Ndiaye, l’écrivain Alioune Badara Bèye, l’artiste plasticien Kalidou Kassé… On ne devrait pas contester la légitimité, encore moins la légalité, du travail de ces sages sans poser à rebours la question de sa propre légitimité à douter de leurs avis.

Au cours de ces dernières années, la profession s’est ouverte à tout. Des tailleurs, un ancien vendeur de carottes, un ex-apprenti car rapide, un rôtisseur… Pourvu qu’ils parlent un bon wolof. Ne parlons pas des « sans-le-bac » - qui imposent leurs normes dont la théâtralisation de la revue de presse - dont on voit certain étaler un déploiement arachnéen qui a fini par faire croire que les références, c’est eux, c’est lui. On ne devrait pas être journaliste sans le tout premier diplôme de l’enseignement supérieur. Le contraire donne l’impression que le journalisme est ce qui reste quand on a tout essayé et tout échoué. Regardez les profils de nombre de figures connues de métier et vous en serez baba. Accréditant l’idée que nous avons embrassé une profession banale, facile que n’importe qui peut exercer. En Occident, le journalisme passe pour être un des métiers les plus impopulaires ; au Sénégal il est en train d’être le plus méprisé. C’est pourquoi, il faut saluer les dispositions du Nouveau code de la presse qui ne veut plus permettre à n’importe qui d’être directeur de publication sans présenter des références professionnelles sérieuses, crédibles.

J’ai l’honneur d’avoir participé, quelques fois, aux travaux de la Commission juridique qui a travaillé d’arrache-pied autour de l’équipe du ministre de la Communication d’alors, Moustapha Guirassy, pour concevoir certains aspects de ce code. Pris part aussi, ici à Dakar, à un séminaire qui a eu pour termes de références la création d’un « ordre des journalistes du Sénégal ». Malheureusement, ce projet n’a pas abouti pour un ensemble de raisons qu’il serait trop long d’étaler ici. Surveillons cette profession, aimons-là, mais détestons-la tout autant, pour paraphraser Jean-Claude Guillebaud, journaliste au Nouvel Observateur, chroniqueur à l’hebdomadaire français La Vie, ancien lauréat du Prix français Albert Londres… qui dit que « le journalisme est une profession qu’il faut détester pour mieux la pratiquer ». Détester les abus, le manque d’humilité, la « corruptivité », qui peuvent apparaître à tout moment de la pratique de ce métier… Au Sénégal, le journalisme a enrichi des bougres qui veulent vivre de cette profession sans se plier à son éthique, sa charte des devoirs dont un article dit que « le journaliste digne de ce nom ne signe pas son nom un article de pure réclame publicitaire ». Le journaliste radio, tout comme son confrère de télévision, qui prêtent leur image et leur voix à une pub’ ne font rien d’autre que la signer, devenant ainsi des publicistes pour des urgences financières. Récemment, un comédien s’est désolé de ce que des journalistes fassent des emprunts au 4e art. Pourtant, des artistes formés au conservatoire se sont reconvertis journalistes ! Voyez vous ? Et ceux que j’appelle les « légitimes pratiquants » ne disent rien, par hypocrisie, faiblesse et tant d’autres ponce-pilatisme. À quoi sert-il alors de devenir journaliste à l’issue d’une formation de deux à trois ans au Cesti après avoir été admis au concours hyper sélectif ? Ou avoir dépensé de forts montants pour bénéficier d’une formation dans un institut privé ?

Autre chose sur laquelle je voudrais dire mon « inexpertise », c’est la sortie de l’ancien président de la République, Me Abdoulaye Wade, ferraillant contre certains de ses anciens lieutenants qui quittent le champ de bataille pour ouvrir d’autres fronts dont ils veulent diriger eux-mêmes les opérations… Wade a peut-être oublié – ce que nous ne croyons pas – les attaques non fondées, en 2000, au lendemain de son élection, contre le couple présidentiel d’alors, Abdou Diouf et Mme, accusés d’avoir subtilisé des toiles de maître, des objets de valeur… D’avoir enlaidi le palais dont une visite de presse fut organisée par le jeune gourou de la communication présidentielle d’alors, Momar Thiam, et votre serviteur fut de la fournée des visiteurs. Et voilà que le même Wade s’offusque que soit utilisé contre lui, son épouse et ses enfants et « SES » ministres (« MES MINISTRES », qu’il dit, admirez le possessif wadien). Tout comme il n’a pas à s’offusquer d’être victime d’une transhumance, qu’il a payée très cher durant ses années d’opposition, et qu’il a érigée en stratégie politique durant son magistère à la tête du Sénégal. Il fallait le voir recevoir les transfuges à la Salle des Banquets (en partie aménagée pour cela), faire la moue dédaigneuse, méprisante pour le Ps, prendre de grands airs… Et le voilà victime du retour du même bâton, mais qui joue au persécuté… Rira bien qui rira le dernier.

Jean Meïssa Diop

(Source : Wal Fadjri, 1er juin 2012)

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