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Avec 12 milliards FCFA d’actifs, les Sonatéliens peuvent rêver d’une retraite confortable

lundi 11 novembre 2013

Avec une conjoncture économique difficile, la retraite est devenue un véritable casse-tête. Les travailleurs de la Sonatel ont décidé d’anticiper la leur, en mettant en place le Fonds commun de placement des travailleurs de la Sonatel. Entre les cotisations des employés, l’abondement de la direction et les dividendes obtenus du placement en Bourse, ils ont pu se constituer, aujourd’hui, un fonds sûr, avec un actif de 12 milliards FCFA.

Devenue un débat au niveau mondial, la retraite ne cesse de tarauder l’esprit des travailleurs. Les systèmes institutionnels d’épargne-retraite comme l’IPRES semblent avoir montré leurs limites, en raison de la morosité de la conjoncture économique. L’ayant sans doute compris, les travailleurs de la Sonatel ont mis en place un Fonds commun d’investissement. Selon Ibrahima Konté, président du Comité de surveillance, l’objectif est d’obtenir des revenus supplémentaires pour les Sonatéliens. « Vous savez, la pension est répartie selon la genèse de la solidarité nationale ; les actifs cotisent pour les gens qui sont à la retraite. Et comme aujourd’hui, on ne recrute plus ou on ne recrute pas beaucoup, il y a de plus en plus de retraités et moins d’employés. Or ceux qui sont à la retraite ne cotisent plus et ont le droit de toucher leur part. Ce qui fait que le rapport cotisant/consommateur se dégrade. Aujourd’hui, selon les statistiques, c’est deux travailleurs qui cotisent pour cinq retraités et les gens durent de plus en plus dans la retraite », indique Ibrahima Konté à la tête du comité composé de six membres de la Direction Générale et de six membres des syndicats.

Selon lui, cette nouvelle situation pénalise l’efficacité financière de l’IPRES. Ce qui fait que les pensions restent faibles parce que les travailleurs perdent, à la retraite, quelque 70% de leur pouvoir d’achat. Ainsi, il faut assurer une forme de d’épanouissement durable aux salariés afin que leur pouvoir d’achat ne diminue pas, sensiblement à la retraite. « Le but du Fonds, c’est d’assurer au travailleur un épanouissement durable, non discontinue dans une conjoncture si difficile et faire de sorte que le revenu à la retraite soit le même que quand il était actif », plaide-t-il.

Un actif de près de 12 Milliards FCFA

Ayant démarré officiellement en 2004, le Fonds peut se targuer déjà d’être une belle réussite. Aujourd’hui, les actifs du fonds sont évalués à 12 milliards FCFA, constitués par l’épargne des salariés, l’abondement de la Direction générale et les intérêts générés par le placement en compte DAT et autres comptes bloqués, les achats d’actions de Sonatel qui rapportent des dividendes, reversées dans le Fonds, des obligations de l’Etat. « Aujourd’hui, le portefeuille-actions, c’est près de 4 milliards FCFA, le portefeuille-obligations, près de 2 milliards. On en a dépensé 2 milliards. En fait, tous les grands projets lancés par les Etats de l’Uemoa, le Fonds y a souscrit. Ce n’est plus un instrument interne à la Sonatel, mais un acteur financier majeur, pas du Sénégal seulement, mais de toute la sous-région. Un Fonds qui contribue au développement économique. D’ailleurs dans les emprunts obligataires lancés par le gouvernement, nous en avons pris », ajoute M. Konté.

Et ce dernier est convaincu que le double de ce bilan peut être fait. En effet, malgré cet actif considérable, le Fonds ne concerne que la moitié des travailleurs de la Sonatel. « Aujourd’hui, le Fonds compte 1 100 personnes. Et dans ces 1100 personnes, il n’y a que 40 personnes qui cotisent régulièrement. Il y a beaucoup de jeunes qui ne croient pas à l’utilité de ce Fonds. Ils pensent au véhicule, à la maison, c’est normal. Mais, nous essayons de les conscientiser. Parce que nous avons des membres du fonds qui sont décédés et leurs familles n’ont pas eu trop de problèmes pour vivre », plaide-t-il.

Mieux, depuis le démarrage, près de 3 milliards ont été versés à des travailleurs partis à la retraite. Aussi, il arrive que des gens restent plusieurs années sans toucher à leur pension de retraite. « Le salarié a aussi la possibilité de tout prendre et partir, mais on leur conseille de bien le gérer », précise-t-il.

Cependant, le Fonds est bien géré par CGF Bourse à qui ils paient des frais très élevés, selon son président. Ensuite, ils font face à une fiscalité qui n’encourage pas à épargner. « On ne peut pas développer un pays sans une épargne intérieure conséquente. S’il y avait 10 à 20 fonds de ce genre, le Sénégal serait devant la Côte d’Ivoire », indique M. Konté qui précise, en même temps, que l’objectif est d’en faire une duplication au niveau des autres entités du groupe Orange dans la sous-région.

…Avec le soutien d’une direction attachée à ses employés

Si aujourd’hui, le Fonds est à ce niveau de succès, c’est parce qu’il y’a eu la main d’une direction générale, très proche de ses employés. En effet, selon M. Konté, il y a ce qu’on appelle abondement qui consiste pour la direction, à s’engager à subventionner à 100% ce que cotise chaque employeur. « C’est comme ça que nous avons fait et dans l’actionnariat et dans le fond commun. Il y a ce qu’on appelle un abondement, appelée aussi la cotisation patronale. Le travailleur amène un minimum de 200 000 francs par an, l’entreprise lui alloue une subvention de 100% », explique-t-il.

Mais cette épargne qui est constituée, le travailleur ne peut en jouir que dans trois conditions. Il faut être à la retraite ou en cas de décès ou en cas d’invalidité permanente. « Il y a un effort de sanctuarisation de cette épargne-là, pour être sûr qu’on ne va pas l’investir ailleurs. Cet effort nous a permis de mettre en place un certain nombre de règles à côté de celles de l’UEMOA. Le fonds a démarré en 1999 avec l’épargne des salariés encadrés par l’intersyndicale. En 2000, la Direction générale nous a rejoints pour nous accompagner dans la politique de l’abondement annuel de fonds et le fonds a été confié à CGF Bourse pour fructifier cette épargne-là », dit M. Konté.

Même s’il estime que l’entreprise gagne en ayant des travailleurs mis à l’aise, M. Konté reconnait toutefois que pour obtenir l’accord avec la Direction, ça n’a pas été de tout repos. En effet, pour que la direction accepte de subventionner le Fonds, elle avait émis un certain nombre de conditions. Parmi lesquelles, que l’employé bénéficiant de l’abondement ne vende pas plus de 40% de ses actions.

« Nous avons eu beaucoup de discussions parce que l’action Sonatel que nous avons acheté à 20 mille francs est passé à 100 mille aujourd’hui. Le travailleur, s’il vend 100 actions, il a 10 millions de francs CFA. Si vous lui demandez d’attendre la retraite, c’est compliqué. Le linkage avec l’action de Sonatel pose problème », confie toujours M. Konté.

Entre des employés qui voulaient à tout prix avoir la sécurité avec le Fonds, l’abondement de la direction, tout en ayant la liberté sur leurs actions et une direction qui voulait, elle aussi, pérenniser l’actionnariat salarié, le dialogue s’imposait. « Nous nous sommes battus et nous avons d’abord permis aux travailleurs de vendre jusqu’à 50% de leurs actions, et avec le temps et le dialogue social, on a pu aboutir à ce qu’un travailleur est libre de vendre toutes ses actions, tout en restant dans le fonds. Il ne bénéficie pas d’abondement mais bénéficie des apports du fonds », explique M. Konté qui explique que le Fonds est inspiré par l’actionnariat salarié qui a été le fait majeur des compléments de salaires, avec la privatisation de la Sonatel. « Nous sommes devenus des salariés actionnaires qui perçoivent des dividendes. En développant en même temps la culture d’entreprise, parce que l’actionnaire est en quelque sorte propriétaire. Pour que les travailleurs, avec l’évolution de la valeur Sonatel, ne soient pas tentés de vendre leurs actions, nous avons compris que le fonds pouvait aussi être un moyen de dissuasion. C’est les deux objectifs majeurs partagés entre la direction et les syndicats de travailleurs qui ont fait preuve d’anticipation sur la conjoncture internationale », dit-il.

Pour rappel, à l’époque de la privatisation, les travailleurs avaient clairement exprimé leur position. « Nous avons dit que nous n’étions pas contre la privatisation mais, nous voulons tant de pour cent dans le capital. Même si nous n’avions pas le montant requis, nous pouvions amener tant, nos indemnités de départ à la retraite et les cotisations cash des travailleurs, le total, ça faisait 3 milliards. Nous avons dit qu’on voulait 10% et ça coûte 20 milliards FCFA. Vous nous prêtez le reste et on le paie après sur nos dividendes », rappelle-t-il.

Pour la gestion du Fonds, il est requis trois signatures pour sortir de l’argent. Celles de l’Intersyndicale, la Direction générale et de CGF Bourse. C’est parce qu’on avait promis aux membres, « la sanctuarisation de leur épargne et sa sécurisation », conclut-il.

(Source : Réussir Business, 11 novembre 2013)

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