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Audition de Latif Coulibaly par un jury populaire : Les avocats de Thierno Ousmane Sy dénoncent une offense à la magistrature

jeudi 9 septembre 2010

En prélude à la bataille judiciaire mettant sur la sellette le ministre Thierno Ousmane Sy au journaliste-écrivain Abdou Latif Coulibaly, les avocats du premier nommé ont fait face à la presse, hier, pour récuser l’implication du conseiller en Tic du président de la République dans l’affaire des 20 milliards de commissions de Sudatel. Une occasion pour Me El Hadj Diouf de fustiger l’attitude du Cadre de concertation et d’action de la société civile qui ‘s’érige en juge’ et ‘instaure un tribunal’ à travers leur fameux ‘jury populaire’ qui a récemment entendu et tranché en faveur de Latif.

Le procès entre le conseiller en Technologie de l’information et de la communication (Tic) du chef de l’Etat et le journaliste-écrivain, Abdou Latif Coulibaly, débute par la bataille médiatique. En effet, c’est dans la matinée d’hier que les avocats de Thierno Ousmane Sy ont fait face aux journalistes, relativement à cette histoire qui va passer en procès pour audience spéciale, le 14 septembre prochain. Un procès qui entre dans le cadre de l’affaire des 20 milliards de commission dans l’attribution de la troisième licence de téléphonie mobile à Sudatel. L’occasion a permis aux conseils du ministre Thierno Ousmane Sy de s’attaquer, de prime abord, au jury populaire institué par la Société civile, avec notamment le Forum civil et des mouvements citoyens. Pour le coordonnateur de collectif des avocats, Me El Hadj Diouf, c’est un défi lancé à la justice sénégalaise ainsi qu’à la République que de mettre sur pied un jury populaire pour ensuite blanchir une personne : ‘C’est une violation de la Constitution que des non-magistrats veulent s’ériger en juges en instaurant leur tribunal pour prononcer un verdict. Cette bande organisée veut se donner le pouvoir et les prérogatives d’un tribunal. Personne ne les confère cette prérogative. Ils se dressent comme un rempart pour protéger Abdou Latif Coulibaly. C’est un jury populaire né exclusivement pour blanchir le journaliste-écrivain’.

Les avocats du ministre conseiller dénient toute légalité à ce jury populaire qui a récemment entendu Latif Coulibaly dans le cadre de ses accusations dirigées contre son poursuivant. Toutes choses qui font que l’avocat qui parle de ‘complaisance’ dénonce une ‘offense à la magistrature’, un ‘rejet’ et un ‘remplacement de la justice par un groupe de personnes qui s’autoproclament juges en voulant s’ériger en tribunal’. Cette situation est perçue comme une usurpation de fonction, car, pour Me El Hadj Diouf, l’acquittement, le non-lieu, la relaxe, entre autres, relèvent de la compétence exclusive des juges. Et de prédire, à cet effet, les ‘prémices d’un bordel judiciaire’ qui peut ‘installer le chaos’, ‘provoquer l’implosion sociale’ et la ‘dégénérescence de l’Etat’, de la part de ces membres de la société civile qualifiés d’’anarchistes’.

Dans le différend qui oppose le ministre Thierno Ousmane Sy à Abdou Latif Coulibaly, le premier est accusé d’être au cœur du scandale de l’affaire Sudatel. Me El Hadj Diouf qui parle de ‘trafic d’influence’, et de ‘manipulation de l’opinion’ balaie ces accusations d’un revers de la main : ‘Nous avons la preuve de l’innocence de Thierno Ousmane Sy.Latif n’en a aucune. Ce sont des allégations mensongères. Tout ce qu’il a dit est faux’. A la suite de ces démentis formels, l’avocat note des imprécisions sur les écrits de Latif Coulibaly, notamment sur le montant exact perçu par Thierno Ousmane Sy, le lieu, la date ainsi que les éventuelles décharges attestant qu’il a véritablement empoché de l’argent dans les commissions de Sudatel.

Thierno Ousmane Sy est le fils du Garde des Sceaux et ministre de la Justice, Cheikh Tidiane Sy. Par conséquent, tout jugement rendu qui lui serait favorable pourrait être perçu comme étant de la complaisance, si l’on en croit certains observateurs. A cette frange de la société qui réclame aujourd’hui la démission de Cheikh Tidiane Sy de la tête du ministère de la Justice, parce que son fils est impliqué dans une procédure judicaire dont il se trouve être partie civile, Thierno Ousmane Sy lui-même coupe court à ces gens ‘mus par un dessein de nuire’. ‘Le problème n’a rien à voir avec la fonction de mon père. Au moment où je portais plainte, il n’était pas encore installé au département de la Justice’.

Réplique de la partie adverse : "L’audition de Latif n’est pas dirigée contre Thierno Ousmane Sy"

La sortie médiatique des avocats de Thierno Ousmane Sy ne laisse pas indifférents ceux de notre confrère Abdou Latif Coulibaly. Joint, hier, par téléphone, l’avocat Assane Dioma Ndiaye soutient qu’Abdou Latif Coulibaly n’est que le ‘dommage collatéral de l’affaire Sudatel’ et que son ‘audition n’était pas dirigée contre Thierno Ousmane Sy’. ‘L’audition du journaliste Abdou Latif Coulibaly, ajoute-t-il, entre dans le cadre d’un processus qui dépasse Thierno Ousmane Sy. Il s’agit de l’affaire Sudatel d’une manière générale. L’objectif recherché était de connaître les tenants et les aboutissants sur les écrits du journaliste. En d’autres termes, c’était pour voir si Abdou Latif Coulibaly détenait les preuves de ce qu’il a écrit, notamment le scandale qu’il a dénoncé. Notre client, Abdou Latif Coulibaly, n’est qu’un incident collatéral de l’affaire Sudatel’.

Me Assane Dioma Ndiaye clos le débat en livrant la quintessence de l’audition d’Abdou Latif Coulibaly : ‘L’inertie du parquet et les interpellations du peuple sénégalais justifient l’audition (...). La plainte pour diffamation de Thierno Ousmane Sy ne saurait remplacer une plainte exhaustive qui aurait permis d’entendre toutes les personnes concernées par cette affaire dite de Sudatel (...)’. ‘Abdoul Latif Coulibaly s’est expliqué devant le jury populaire pour dire que son intention n’a jamais été de nuire à une personne déterminée et qu’il n’était animé par aucune opposition crypto-personnelle. C’est un journaliste d’investigation. L’affaire Sudatel l’a intér

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