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Atteinte des OMD : La technologie mobile comme levier

mercredi 15 juin 2011

Les chances pour le Sénégal d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) seraient très compromises. Du coup, c’est la technologie mobile qui est perçue comme un levier pour réduire certains écarts dans la pauvreté. Un défi qui devra faire face à la cherté des terminaux, le coût d’accès à internet, entre autres obstacles.

Le Sénégal a l’ambition de devenir un pôle de référence en matière de Technologies de l’Information et de la Communication (Tic). Le secteur des Tic, selon les chiffres, se porte à merveille avec une forte contribution au Pib (entre 8 et 10%). L’objectif défini au niveau de la Stratégie de croissance accélérée (Sca) est d’atteindre le seuil de 15% à l’horizon 2015. Les acteurs du secteur restent convaincus que cela ne peut se passer que par le développement des Pme Tic, particuliers ou chercheurs dont une bonne partie a jeté son dévolu sur la technologie mobile ou le web à travers le mobile. Un dynamisme qui laisse croire que le secteur des Tic peut être une bouée de sauvetage pour l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd). Les échanges qui ont rythmé la formation des formateurs sur le web mobile que le bureau du consortium international W3C a organisé ce mardi 14 juin au Warc (à Dakar), en collaboration avec le projet MobileSenegal, ont permis de s’en rendre compte.

Selon Mme Christelle Scharff, directrice du projet MobileSenegal, le développement du web sur le mobile présente beaucoup d’opportunités d’affaires du moment que, selon l’Artp(Agence de régulation des télécommunications et de la poste), « 9% des personnes qui utilisent internet se connectent à partir de leur téléphone portable à travers la 3G ». Pour exemple, le chef du département Génie informatique de l’Ecole supérieure polytechnique, Thierno Gaye, a cité que « le paysan qui est au milieu de son champ, à l’aide du téléphone portable, peut connaître le cours international du produit qu’il cultive. Ce qui peut changer totalement la relation qu’il a avec son environnement immédiat avec sa façon de commercialiser sa production. Ce qui peut avoir des retombées économiques importantes ». A son avis, « il s’agit de mettre en place des technologies devant permettre d’aider à atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement ».

Malgré cette lueur d’espoir, les capacités du téléphone mobile ne semblent pas être utilisées sous toutes ses facettes. Le web dans le mobile est devenu une réalité au Sénégal mais elle n’est pas toujours démocratique et ouvert à la plus grande frange de la population. Ibrahima Ngom, coordonnateur du bureau W3C du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest, a souligné qu’« actuellement, au Sénégal, trois personnes sur cinq, ont un téléphone portable mais ne l’utilise que pour envoyer des sms, émettre ou recevoir des appels, consulter des vidéos ou enregistrer des sons. L’utilité d’un portable ce n’est pas ça ». A son avis, « il faut pouvoir faire du business et travailler avec. C’est un outil qui doit permettre de communiquer du point de vue social, professionnel, acheter en ligne, se situer géographiquement, demander de l’aide en cas de besoin, vendre ses produits, s’informer sur les cours mondiaux ». Ce qui fait dire à Christelle Scharff que « le mobile évolue très vite mais il y a des statistiques qui montrent qu’il y a beaucoup de personnes qui accèdent pour la première fois à l’internet à travers un téléphone portable. Le problème c’est que les téléphones sont encore un peu chers, la connexion pas toujours évidente... »

Pour sa part, Thierno Gaye estime qu’« Au Sénégal, comme partout en Afrique, il y a le taux d’analphabétisme et autres facteurs qui n’ont pas permis à une grande pénétration de la téléphonie et de l’internet ». Ibrahima Ngom, quant à lui, affirme qu’« Il a été constaté que le web a été développé par et pour les pays développés. Ce qui fait que 80% du monde n’a pas accès au web ». Pour lui, « il faut penser à cette frange importante qui n’utilise pas le web. Si on doit développer le web il faut écouter ces personnes et intégrer leurs préoccupations ».

Dans cette même dynamique, M. Gaye, de son côté, a fait remarquer : « Bien entendu que l’existence du mobile est une grande chance pour pouvoir démocratiser le web et de l’amener partout où on peut avoir accès à la téléphonie mobile. Il y a des questions de technologie, de standards qu’il faut pouvoir mettre en place. D’où l’opportunité de la formation des formateurs sur les développements mobiles ».

Bacary Dabo

(Source : Sud Quotidien, 15 juin 2011)

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