OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2013 > Décembre 2013 > Arrestations arbitraires de jeunes gens et filles à Thiès : Nous sommes tous (…)

Arrestations arbitraires de jeunes gens et filles à Thiès : Nous sommes tous des prostitué(e)s en ligne !

dimanche 22 décembre 2013

Faits divers/Contentieux

Sans doute parce que ces populations ne vivent pas dans la capitale — où la presse, les organisations de défense des droits de l’homme, mais aussi les autorités politiques veillent au grain —, elles sont soumises à une singulière législation. Le Code pénal y est appliqué et interprété d’une manière bien particulière, procureur de la République, magistrats, policiers et gendarmes interprétant la loi à leur guise. Au grand dam, encore une fois, de ces populations laissées à elles-mêmes. Des populations si loin de Dieu et si près des matraques des forces de l’ordre et du glaive de la justice. A preuve par ce qui vient de se passer à Thiès, une ville pourtant située à 70 kilomètres à peine de Dakar. Dans la capitale du Rail, la justice ne vient-elle pas en effet de jeter en prison, sans autre forme de procès, des jeunes gens et jeunes filles au motif de… prostitution par téléphone ? Ne rigolez pas, c’est bien de cela qu’il s’agit ! Oh certes, ce sont les journalistes locaux qui ont trouvé cette qualification et en ont fait leurs choux gras dans les éditions et reportages de l’autre week-end, puisque les policiers et juges de la ville, eux, ont retenu les délits d’ « atteinte aux bonnes mœurs ». Tu parles ! De quoi s’agit-il ? De ce qu’on appelle services à valeur ajoutée « SAV » dans le monde des télécommunications. Autrement dit, une variante des serveurs vocaux des radios ou des « Sms » surtaxés, c’est-à-dire de tous ces jeux destinés à ferrer les gogos et dont les publicités envahissent les écrans de nos télévisions ou les ondes de nos radios genre gagnez une maison, un billet d’avion, une parure d’or, des millions de francs etc. en répondant aux questions suivantes genre« Qui va être le vainqueur du combat X contre Y », « donnez le pronostic du match des Lions contre les Eléphants », « quel est le titre du dernier album de tel », « donnez-nous la date de naissance de untel », ou« quelle est la date de l’indépendance du Sénégal » etc. Des questions simples destinées à inciter le maximum de pigeons à se précipiter pour envoyer des Sms. Car plus il y a de textos, et plus les organisateurs de ces jeux s’enrichissent vu que ces sms sont surtaxés, la différence par rapport au coût d’un sms normal étant partagée entre l’opérateur et les organisateurs du jeu. Pour les radios et les télévisions, les serveurs vocaux fonctionnent suivant à peu près le même principe étant donné que le coût de la minute de communication est surtaxé là aussi. Il se trouve que d’aucuns, plutôt que d’inciter les auditeurs à appeler les serveurs vocaux des radios ou des télévisions, choisissent de faire causer les mecs au téléphone pendant des minutes voire des heures entières histoire d’empocher le maximum de blé lorsque l’opérateur versera le chèque de rémunération de ces infotels. Et quel meilleur moyen de faire causer les hommes que de leur parler de sexe au téléphone ? Il y en a même qui, par ce biais, réussissent à prendre leur pied ! Ceux d’entre les Sénégalais qui ont les bouquets satellitaires peuvent voir sur certaines chaînes françaises, à certaines heures de la nuit, des pubs proposant des rendez-vous coquins avec des nymphes que l’on peut contacter avec des numéros de téléphone spéciaux. En les composant, à partir de l’Hexagone, on tombe sur des filles qui vous baratinent jusqu’à ce que vous preniez votre pied. Ce sont des jeux érotiques pour adultes, et qui sont le plus légaux du monde. Au Sénégal aussi des sociétés ont commencé, depuis quelques années, à proposer ce genre de services et à explorer ce créneau juteux.

Or donc, à Thiès, une jeune étudiante avait postulé pour un emploi dans un centre d’appels où l’on propose ce type de de services. A l’en croire, dès qu’elle a su de quoi il s’agissait, elle a démissionné et a réclamé son argent — elle avait eu le temps de bosser pendant trois jours… — au responsable du centre. Ce dernier, simple employé de la maison mère se trouvant à Dakar, lui ayant demandé de patienter le temps que son chèque soit établi, elle est allée dénoncer à la Police… les agissements d’un réseau de prostitution au téléphone ! Outre que la prostitution, d’après ce que l’on en sait, et en bon français en tout cas, signifie le fait pour une femme — ou un homme ! — de vendre ses charmes contre espèces sonnantes et trébuchantes, elle suppose aussi, un contact charnel entre les deux partenaires. Une conjonction sexuelle. Or, ici, il s’agit de correspondants se parlant au téléphone et qui ne se voient jamais. D’une causerie érotique, sans rien de plus. Un peu comme les « téléphones roses » auxquels s’adonnent nombre de nos compatriotes émigrés avec leurs épouses restées au pays. De là à parler de prostitution au téléphone ou d’atteinte aux bonnes mœurs !

A la limite, pour ce qui s’est passé à Thiès, la jeune fille aurait dû saisir l’inspection du travail, guère la police ! Seulement voilà, nos flics, gendarmes et juges, qui veulent jouer les Zorro parfois, ont sauté sur l’occasion pour mettre tous les jeunes gens et filles qui travaillent dans ce centre d’appels — plus la propriétaire convoquée exprès de Dakar ! — en prison. Et ce, encore une fois, pour un délit qui n’existe pas dans notre Code pénal. Et qui ne constitue d’ailleurs pas un délit. Car, encore une fois, les « Sva », on les trouve dans tous les pays où les télécommunications sont suffisamment développées pour offrir des services à valeur ajoutée. Et souvent d’ailleurs, les clients des centres d’appels qui offrent leurs services se trouvent sur d’autres continents, comme en Europe. On voit mal, dans ces conditions, comment des filles vivant au Sénégal — et qui gagnent leur vie le plus honnêtement du monde en causant sexe avec des correspondants au bout du monde — peuvent vendre leurs charmes à ces amants du téléphone. L’emprisonnement de ces jeunes gens et filles relève donc d’une voie de fait et de l’arbitraire et nos autorités gagneraient à voir de près ce qui se passe dans certaines villes de l’intérieur du Sénégal.
D’une manière générale, on assiste dans notre pays à l’instauration d’un ordre moral inquiétant qui prétend réglementer les mœurs, envoyer les homosexuels et les lesbiennes au bûcher — le plus souvent arbitrairement comme dans l’affaire des jeunes filles de Yoff ou dans celle de notre confrère Tamsir Jupiter Ndiaye qui vient heureusement d’être libéré suite à une remise de peine. Tamsir qui a bénéficié, tout au long de son incarcération, du soutien franc et entier du « Témoin ».

Il y a une dizaine d’années, nous avions croisé le fer avec feu Latif Guèye de l’Ong « Djamra » qui prétendait faire interdire certaines publications « pornographiques ». Il ne s’agissait en fait que de revues pour adultes genre « Union », « Lettres », voire « Playboy ». Naturellement, nous nous étions dressés fermement contre cette atteinte incroyable à la liberté d’information et les censeurs avaient été obligés de reculer. C’est de la même manière qu’aujourd’hui, nous dénonçons avec la dernière énergie l’emprisonnement arbitraire de ces jeunes gens et filles de Thiès accusés d’ « atteinte aux bonnes mœurs » et présentées comme se livrant à de la « prostitution téléphonique ». Et quoi encore pendant qu’on y est ?

Mamadou Oumar Ndiaye

(Le Témoin, n° 1147, décembre 2013)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4506/4982 Régulation des télécoms
  • 350/4982 Télécentres/Cybercentres
  • 3386/4982 Economie numérique
  • 1782/4982 Politique nationale
  • 4905/4982 Fintech
  • 536/4982 Noms de domaine
  • 1930/4982 Produits et services
  • 1726/4982 Faits divers/Contentieux
  • 773/4982 Nouveau site web
  • 4982/4982 Infrastructures
  • 1757/4982 TIC pour l’éducation
  • 188/4982 Recherche
  • 243/4982 Projet
  • 3458/4982 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1844/4982 Sonatel/Orange
  • 1653/4982 Licences de télécommunications
  • 291/4982 Sudatel/Expresso
  • 1017/4982 Régulation des médias
  • 1286/4982 Applications
  • 1072/4982 Mouvements sociaux
  • 1666/4982 Données personnelles
  • 151/4982 Big Data/Données ouvertes
  • 598/4982 Mouvement consumériste
  • 365/4982 Médias
  • 655/4982 Appels internationaux entrants
  • 1621/4982 Formation
  • 97/4982 Logiciel libre
  • 2081/4982 Politiques africaines
  • 1014/4982 Fiscalité
  • 170/4982 Art et culture
  • 592/4982 Genre
  • 1905/4982 Point de vue
  • 1032/4982 Commerce électronique
  • 1488/4982 Manifestation
  • 318/4982 Presse en ligne
  • 124/4982 Piratage
  • 208/4982 Téléservices
  • 949/4982 Biométrie/Identité numérique
  • 315/4982 Environnement/Santé
  • 351/4982 Législation/Réglementation
  • 371/4982 Gouvernance
  • 1778/4982 Portrait/Entretien
  • 145/4982 Radio
  • 762/4982 TIC pour la santé
  • 292/4982 Propriété intellectuelle
  • 58/4982 Langues/Localisation
  • 1090/4982 Médias/Réseaux sociaux
  • 1993/4982 Téléphonie
  • 190/4982 Désengagement de l’Etat
  • 1045/4982 Internet
  • 116/4982 Collectivités locales
  • 420/4982 Dédouanement électronique
  • 1152/4982 Usages et comportements
  • 1034/4982 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 557/4982 Audiovisuel
  • 3235/4982 Transformation digitale
  • 384/4982 Affaire Global Voice
  • 177/4982 Géomatique/Géolocalisation
  • 330/4982 Service universel
  • 663/4982 Sentel/Tigo
  • 174/4982 Vie politique
  • 1821/4982 Distinction/Nomination
  • 37/4982 Handicapés
  • 697/4982 Enseignement à distance
  • 706/4982 Contenus numériques
  • 595/4982 Gestion de l’ARTP
  • 182/4982 Radios communautaires
  • 1802/4982 Qualité de service
  • 450/4982 Privatisation/Libéralisation
  • 133/4982 SMSI
  • 480/4982 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2714/4982 Innovation/Entreprenariat
  • 1352/4982 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 47/4982 Internet des objets
  • 172/4982 Free Sénégal
  • 684/4982 Intelligence artificielle
  • 202/4982 Editorial
  • 10/4982 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/4982 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous