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Arrestation de Nabou Dash : Énième acte désespéré contre des réseaux sociaux incontrôlables ?

jeudi 1er septembre 2022

Penda Ba, Assane Diouf, … Nabou Dash rejoint la longue liste des célébrités d’internet écrouées pour leurs dérives sur les réseaux sociaux. Toutefois, le mal reste pratiquement impossible à éradiquer.

En quelques jours, elle ne faisait plus rire beaucoup de monde. Depuis son dernier divorce, Seynabou Kébé, dite Nabou Dash, inspirait plus d’inquiétudes à ses suiveurs qu’autre chose. Les appels pour venir en aide à la sensation des réseaux sociaux ont-ils trouvé écho favorable ? La jeune femme a été déconnectée de force, hier, par les éléments de la Division spéciale de cybersécurité (DSC). Cela, suite à deux plaintes déposées par son désormais ex-mari et une responsable de l’association Les Racines de l’Espoir. Fait assez rare pour être soulevé, Nabou Dash a été amenée au service psychiatrique de l’hôpital Fann pour un examen. Les enquêteurs chercheraient à s’assurer qu’elle ne souffre d’aucun trouble mental, avant de lancer une quelconque procédure judiciaire à son encontre.

Il y a un mois, Nabou Dash fêtait en grande pompe son 5ème mariage. Mais, l’union n’a duré que le temps d’une rose. En effet, depuis l’annonce de son divorce, l’influenceuse s’est métamorphosée. Connue pour ses lives sur les réseaux sociaux où elle affiche sa vie, sa joie de vivre et son succès, elle proférait des insultes à tous, n’épargnant pas des membres de sa famille. D’ailleurs, c’est pour des faits similaires qu’elle a fait l’objet d’une plainte pour injures.

Nabou Dash n’est que le dernier exemple d’une série de dérives sur les réseaux sociaux qui divisent les internautes et secouent la société. D’ailleurs, ces derniers jours, une vidéo d’un autre internaute controversé indigne les adeptes du web. L’influenceur y film un serveur d’un âge avancé en train de lui de préparer sa commande dans un restaurant avec ces commentaires : ‘’C’est comme ça que vous risquez de finir, si vous ne travaillez pas pendant votre jeunesse : c’est-à-dire vieux sans le sou et à servir dans des restaurants, au lieu de bénéficier d’une retraite paisible’’. Le ton et les moqueries ont souligné l’ire des internautes dont la grande majorité a dénoncé une attaque gratuite contre un homme qui fait un travail honnête.

Avant ces deux derniers ‘’cas’’, beaucoup ont suscité, à leur manière, l’indignation des Sénégalais. L’on se rappelle de Penda Ba qui avait insulté les Wolofs, d’Assane Diouf surnommé l’insulteur public numéro 1, d’un pêcheur qui s’attaquait aux noirs, lui-même noir en passant. Autant de pratiques qui interrogent sur le type de citoyens d’aujourd’hui et le rapport avec les fondements de l’éducation de base des Sénégalais à l’ère d’internet.

Les mises en garde de Macky Sall

Pourtant, le président de la République lui-même s’est plusieurs fois attaqué aux dérives sur les réseaux sociaux. La dernière déclaration date du mardi 3 mai dernier, lorsqu’en recevant les centrales syndicales des travailleurs du Sénégal dans le cadre de la célébration du 1er mai, il disait : ‘’ Aucune société organisée ne peut accepter ce qui se passe aujourd’hui chez nous (sur les réseaux sociaux). Nous allons y mettre un terme d’une façon ou d’une autre. L’État même a engagé une réforme, mais nous voulions attendre vos conclusions pour intégrer le tout dans une loi qui devra passer et réguler le tout d’une façon sérieuse’’. Macky Sall faisait référence aux assises de la presse dont le Synpics est en charge.

A l’approche des élections présidentielles 2019, une loi sur le contrôle des communications électroniques via internet a été votée par l’Assemblée nationale. En attendant d’autres armes juridiques, le ‘’mal’’ persiste sous différentes formes. Mais, peut-on réellement contrôler internet ? Dans un article dénommé ‘’Réguler Internet ? Même pas en rêve’’, publié dans la revue Constructif, Monique Dagnaud soutient : ‘’Parallèlement, particularité de ce média qui permet aux individus ordinaires de faire entendre leur voix, on observe la libération dans son espace des subjectivités de tous ordres avec leurs infinies nuances : sous forme d’échanges d’idées et d’opinions, tout autant que de déferlement des pulsions. Une des tendances notables impulsée par le Net est l’idée de se faire justice soi-même par le venin de la parole, une confirmation du rejet du rôle des États et des institutions.’’

La philosophe poursuit en assurant qu’il existe ‘’une vraie difficulté à réguler les contenus des réseaux sociaux qui charrient, sans distinction, des informations issues des grands médias, des opinions, des conversations, des interjections, bref, tout et n’importe quoi. Dans ce fatras, qualifier juridiquement une infraction (propos attentatoire à la dignité humaine, propos d’appel à la haine raciale et autres infractions comme le sexisme ou l’homophobie) est un chemin semé d’embûches sur lequel essaient d’avancer en balbutiant d’abord les modérateurs, puis les juges quand ils sont saisis.’’

Malgré la volonté des Etats, Monique Dagnaud doute que l’on puisse vraiment exercer ‘’une surveillance et un contrôle sur les remous de la mer. Le discours d’autorité politique sur la régulation d’Internet, aux confins des éternels débats sur la censure, est partout. Mais on peut être sceptique sur son impact dans les sociétés démocratiques. De fait, le principal agent de cette modération des échanges humains sur le numérique, ce sont les internautes eux-mêmes.’’

Lamine Diouf

(Source : Enquête, 1er septembre 2022)

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Téléphonie mobile

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(Datareportal, Mars 2022)

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