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Appels internationaux : Le Maghreb et l’Afrique restent à l’écart de la baisse des tarifs

dimanche 27 janvier 2008

Politiques africaines

La baisse des prix des communications téléphoniques à l’international, ces dernières années, via les forfaits des « box » ADSL, a profité aux appels vers l’Europe ou l’Amérique, mais le Maghreb et l’Afrique restent encore à l’écart du mouvement.

Aujourd’hui les communautés européenne, américaine et même asiatique, peuvent appeler depuis la France leur pays d’origine à des prix défiant toute concurrence.

Pour moins de trente euros par mois, Free et Neuf Cegetel proposent dans leur forfait triple-play (internet, téléphonie et télévision) des appels à durée illimitée vers 70 destinations, dont l’Allemagne, le Japon, la Nouvelle-Zélande ou encore l’Argentine.

Mais aucun fournisseur d’accès internet n’offre de forfaits illimités vers l’Algérie, la Tunisie, le Maroc ou encore le Mali et le Sénégal.

« Acheminer une communication vers les pays du continent africain coûte très cher », affirme Free, premier fournisseur d’accès à avoir lancé ces forfaits illimités.

« Sur le marché de gros, l’achat des minutes de communications entre les pays du nord coûte en moyenne 1 centime pour 15 centimes vers les pays du sud », explique Khaled Zourray, directeur général de Budget Telecom, un opérateur de téléphonie « low cost » qui mise sur le marché des communautés étrangères.

Principale raison : les réseaux de téléphonie fixe des pays du nord sont amortis depuis longtemps et ouverts à la concurrence, au contraire de ceux des pays du sud quasiment inexistants, faute d’investissements.

Depuis les années 1990, l’effort financier s’est focalisé sur les réseaux mobiles bien plus rapides à déployer, permettant au sud de rattraper son retard. Mais ces infrastructures récentes sont onéreuses et la concurrence ne joue pas encore vraiment, ajoute M. Zourray.

Budget Mobile, Mobisud, Mobiho, et tout récemment Zemobile : plusieurs opérateurs mobiles à bas coûts se sont installés sur ce marché prometteur alors que la France compte six millions de résidents étrangers.

Budget Telecom a été introduit en Bourse fin 2006. Ces derniers jours, Kertel, maison mère de Zemobile, a lui aussi pris le chemin de la Bourse.

Chacun de ces opérateurs assure proposer les offres les plus compétitives du marché, une affirmation difficile à vérifier tant les offres sont complexes.

Les appels à partir d’une ligne fixe pour le Maghreb ou l’Afrique restent une alternative, financièrement d’ailleurs plus intéressante. Budget Telecom propose par exemple de téléphoner via un numéro surtaxé à 15 centimes la minute vers le Maghreb et nombre de pays africains.

Le réseau de téléboutiques ou call-shop (environ 4.000 en France) est une autre possibilité. Cette formule a connu un très fort développement ces dernières années auprès des communautés maghrébines et africaines.

« C’est le petit épicier de quartier qui a réinventé ce qu’était la Poste lorsqu’on pouvait encore y téléphoner dans des cabines », explique Budget Telecom, l’un des opérateurs qui fournit le système de facturation et loue son réseau.

« On téléphone et on paye à l’acte. Tout est transparent », assure M. Zourray.

En revanche, les cartes téléphoniques, très prisées des communautés étrangères, sont loin de faire l’unanimité. De nombreuses escroqueries ont été mises au jour, les plus fréquentes consistant à léser le client sur le nombre de minutes achetées.

Les cartes de France Télécom ou Kertel, acteurs historiques du secteur et vendues dans les débits de tabac ou kiosques à journaux, sont les plus fiables. D’autres cartes, empruntant des circuits non officiels, sont bien moins chères mais aux risques et périls du client.

(Source : AFP, 27 janvier 2008)

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