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Alain Koby, Sewa : « C’est le métier de la banque que Sewa dématérialise »

dimanche 26 juillet 2015

Alain Koby est un administrateur directeur général adjoint pas comme les autres. Free, serait le bon qualificatif pour parler comme les jeunes. En effet, il n’hésite pas à détendre l’atmosphère par un wolof « recherché » mais, toujours taquin. Néanmoins, il reste très pragmatique lorsqu’il s’agit de parler de son entreprise : Sewa. Dans cet entretien accordé à Réussirbusinness.com, il revient sur l’historique et les ambitions de Sewa.

Présentez- vous et présentez à nos lecteurs Sewa ?

Je suis monsieur Alain Koby, Administrateur Directeur Général Adjoint en charge du développement international du groupe SEWA SA. Sewa est un nom tiré d’une langue africaine qui s’appelle le Sango. Sewa est rattaché à la Centre-Afrique à cause d’une histoire. Quand il y a eu la crise 2013, les banques avaient été pillées et saccagées, l’Etat était dans l’incapacité de payer les salaires des employés. Les banques ne pouvaient plus remplir leurs charges. Cette problématique était renforcée par l’absence d’électricité et en termes de couverture de réseaux accès à l’Internet c’était pratiquement la même chose. Donc l’Etat a convoqué un certain nombre d’acteurs que se soient les organismes internationaux, les acteurs des services financiers, tout l’écosystème des services financiers pour réfléchir sur des solutions qui permettraient de pouvoir payer les salaires à l’extérieur du pays dans des villes comme Kagabongoro. C’est ainsi que nous avons été contactés. Parce que le PDG SEWA, qui lui était en charge du pilotage d’un projet Mobil-Banking de la BCEAO sous la coupole du juge de l’UEMOA, étant le premier responsable de suivi du projet, avait une lisibilité parfaite de la monétique. Donc, étant lui-même informaticien de très haut niveau et ayant travaillé dans la monétique, il a réfléchi et a trouvé une solution qui permettrait de résoudre la problématique des transferts de salaires. Mais, au-delà du transfert des salaires, ce qu’il faut retenir, les banques qui étaient pillées ne pouvaient plus travailler que ce soit à Bangui ou à l’intérieur du pays. Le métier de la banque était en panne et c’est ce motif qui justifie la réflexion et c’est çà qui permet à Sewa de créer une solution qui répond au besoin. Et c’est pour ça que Sewa a créé une solution qui permet de rendre disponible les services de la banque dans un environnement où il n’y a ni électricité ni Internet.

Donc Sewa est une belle histoire centrafricaine transposée en Afrique de l’Ouest ?

Sewa est un projet qui réfléchit sur la résolution des problématiques. L’objectif est atteint. De retour à Dakar, celui qui devait développer l’exploitation de Sewa en Centre Afrique a dû partir en France pour des raisons de sécurité. Et malheureusement, il n’a pas pu financer le projet. C’est au cours de mon passage à Dakar, pour le mariage d’une amie, je ne savais pas que Dieu allait me conduire vers quelqu’un qui allait me présenter un projet. Et c’est à compter de cet instant que Sewa est devenu une société en janvier 2014. Et le siège social est basé en Côte d’Ivoire et est une société anonyme de droit ivoirien. Mais Sewa est représenté à Dakar par sa succursale et en Guinée-Bissau.

Pourquoi Sewa a senti le besoin de s’installer à Dakar ?

A l’instar de tous les pays africains, le taux de bancarisation est très faible. A côté de ce facteur, le Sénégal est un très grande place financière. En termes de transferts d’argent, le Sénégal affiche parmi les pays qui sont très développés en la matière au regard du nombre de sociétés de transfert d’argent. Bien que la raison soit en Centre-Afrique, la réflexion était menée au Sénégal. L’équipe qui a porté en maturité ce projet est au Sénégal. Il y a de jeunes ingénieurs qui sont dotés de talent exceptionnel, des Sénégalais, Guinéens et panafricains qui ont travaillé sur la mise en forme de la plateforme de Sewa. Il y’a aussi le facteur méthodique de l’évolution de la création d’entreprise. Trouver la solution pour résoudre le problème de la Centre-Afrique, revenir au Sénégal rencontrer certains acteurs dont monsieur Mamadou HANNE qui est le directeur national de Sewa. Quand on a exposé notre solution sur la plateforme sénégalaise, le Réseau National de Professionnels de Transfert d’Argent au Sénégal a trouvé que notre solution résolvait beaucoup de problèmes au Sénégal avec les coupures d’électricité de l’époque. Donc, Sewa c’est la résolution de la problématique du transfert d’argent mais aussi de façon basique à Bangui c’était de résoudre les problèmes de banques. C’est le métier de la banque qu’on dématérialise. Sur la partie création de la plateforme, le Sénégal a joué un rôle historique. Sur la partie réglementation, conformité, notre plateforme permet l’interbancarité, l’interopérabilité de plusieurs systèmes financiers. Il fallait doter cette plateforme là de conformités. A côté de cela, il y a la partie juridique, en la matière le cabinet BMC de Me Bitèye CISSE ils ont joué un rôle crucial en tant que cabinet conseil de la BCEAO. Il rédige les textes sur l’évolution de la monétique pour le compte de l’UEMOA, il agit dans l’OHADA et il est lui-même expert en prospective monétique. En plus il faut dire que la banque qui, dans l’évolution de notre activité qui a octroyé l’agrément est le Sénégal c’est la banque UBA en tant que partenaire.

Pour un Sénégalais ordinaire pouvez-vous lui donner une raison de choisir Sewa au lieu d’un autre opérateur ?

Il y’a plusieurs raisons pour lesquelles il faut choisir Sewa. Nous avons une approche différente. Au départ on a réfléchi sur la résolution d’une problématique rattachée à la disponibilité des services bancaires dans les environnements éloignés. Mais une fois à Dakar, on a porté la réflexion à maturité pour voir comment dans la foulée on pouvait adresser les problématiques à d’autres corps de métiers notamment les assurances. Vous savez que la couverture assurantielle en Afrique est très faible on est autour de 2 à 4% grâce à l’Afrique du Sud. Il n’y a que les fonctionnaires de l’administration publique qui sont assurés et ceux qui travaillent dans les entreprises privées qui respectent. Si on sort dans la rue on prend 300 personnes il y a zéro assuré. En Côte d’Ivoire on parle de 0, 89 % d’assurés. Donc pourquoi le taux de pénétration de l’assurantiel n’est pas aussi élevé ? On a pris point par point on en a fait une liste et pour chaque problème, nous avons apporté une réponse électronique. Ce qui fait qu’au sortir de cette réflexion Sewa s’est doté d’une plateforme énorme qui répond aux problèmes des banques, des distributeurs, des opérateurs de télécommunication, qui répond aux problèmes de l’Etat en termes de paiements des taxes, des factures. La réflexion était globale pour que les solutions le soient aussi. Donc pourquoi choisir Sewa ? Parce qu’on est allé plus loin dans l’élan de réflexion. On a fait un focus sur les populations rurales et sur les populations qui ne disposent ni de cartes bancaires ni de cartes de crédit. Dans cet élan de réflexion, nous avons créé plusieurs services notamment un service qui est une innovation que je souhaiterais que la presse mette en avant parce que nous voulions être les premiers à en parler parce que c’est nous qui l’avons fait. On a créé un mécanise qui révolutionne la façon de vendre des biens et services pour les personnes qui ne disposent que de cash. Cela veut dire quoi ? L’Etat veut relever les impôts au village mais ceux qui doivent le faire sont au village et pour le montant qu’ils doivent payer si je dois partir de Matam à Dakar pour venir payer 5.000f, je paye déjà 7.000f de transport, çà n’a pas de sens. C’est la raison pour laquelle à la fin de l’approche de Sewa, la mise en place de la plateforme, on a créé un kit composé de trois éléments : une tablette de 7 pouces dont le système d’exploitation est signé Sewa, on a le chargeur solaire qui permet la continuité et la disposition du service qui délivre des coupons qui sont opposables. Le kit auquel sont rattachés les différents services des différentes banques, des institutions financières. Mieux, on offre une solution qui permets aux clients des opérateurs de télécommunication ou à quelqu’un qui bénéficie d’une notification de transfert d’argent de ne pas aller attendre chez un distributeur, vous connaissez le problème de la disponibilité du cash. On vous transfère 50.000f tout de suite, vous faites huit points pour ne pas citer de nom pour avoir cinquante mille francs.

Est-ce possible chez Sewa de tirer de l’argent sans carte gap ?

Actuellement la direction commerciale et réseau de distribution est en train de déployer les points de service dans tout le Sénégal.

Quels sont vos objectifs à court et moyen termes ?

Sewa a déjà une vision qui est très sociale parce que la vision de Sewa est la proximité. On veut développer la proximité des services financiers et apporter notre pierre à l’édifice de l’inclusion financière. Madame Lagarde était à Dakar lors d’une conférence elle a prononcé une conférence sur l’inclusion financière c’est pour dire qu’elle est un mot d’actualité comme l’émergence. En janvier 2015, à Davos, la Banque Africaine de Développement et Master Cards ont décidé de s’associer pour assurer l’inclusion financière. Cette dernière permet aux groupes défavorisés de bénéficier de services financiers de proximité à des coûts réduits et, c’est notre philosophie. Donc on passe par un canal technologique pour répondre à des besoins sociaux.

Quel est votre dernier mot ?

Ce serait de parler des impacts des services Sewa qui sont entre autres le développement de l’inclusion financière, la création d’emplois stables et valorisants. En plus Sewa forme ses partenaires. On va même apporter dans nos services à valeur ajoutée ce que l’on appelle la gestion des données à caractère personnel. Il y aussi la réduction de l’économie informelle. On va lutter contre la cybercriminalité. On est certifié FSL top level 2005. Mon dernier mot, on veut dire au monde entier que Sewa est une société panafricaine avec une plateforme qui résout les problèmes inclusifs en termes de services parce que tout ce que nous avons fait découle de notre réflexion. On a réfléchi au Sénégal pour répondre à cette grosse problématique que l’ONU, la Banque Mondiale la BCEAO, le FMI toutes les organisations internationales cherchent la proximité et Sewa apporte la réponse il faut que l’Afrique l’exploite.

Amayi Badji

(Source : Réussir Business, 25 juillet 2015

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