twitter facebook rss
Imprimer Texte plus petit Texte plus grand

Aide-toi, le Réseau t’aidera

mercredi 15 janvier 2003

Produit de luxe, l’Internet ? Au Sénégal, l’ONG panafricaine Enda connecte les quartiers défavorisés de Dakar pour soutenir les initiatives de leurs habitants et dynamiser l’économie informelle. Rencontre avec Rabiah Abdelkrim Chikh, responsable du programme Enda Ecopole.

Pourquoi avoir choisi d’installer des cybercentres dans les quartiers pauvres de Dakar ?

Rabiah Abdelkrim Chikh : Au Sénégal, comme dans toute l’Afrique de l’Ouest, l’économie informelle représente 80% des emplois, notamment dans la périphérie des grandes villes. C’est le secteur le plus dynamique, le seul qui crée des emplois. Nous avons fait le pari de soutenir la débrouillardise des habitants en leur donnant les moyens de pérenniser et développer leurs activités, notamment grâce à l’Internet. Nous avons ciblé huit secteurs, notamment la santé, l’artisanat, le commerce, le sport, la culture... L’idée était de couvrir à peu près l’éventail de l’économie populaire, en nous appuyant sur l’existant, les associations de femmes, les coopératives, les artisans, les médecins traditionnels. En 1998, nous avons installé huit cybercentres communautaires - ou " cyberpop " - dans les quartiers pauvres de Dakar et de la grande périphérie, jusqu’à Yeumbeul, Thiès ou Rufisque.

Que font les habitants avec cet outil ?

Rabiah Abdelkrim Chikh : Ce ne sont pas de grands surfeurs, sauf les jeunes ! Nous, on apporte une thématique : l’hygiène, l’alphabétisation, la pêche, l’artisanat. Ensuite, les habitants laissent libre cours à leur créativité. Certains souhaitent mettre en réseau leurs compétences. C’est le cas des médecins traditionnels de Yeumbeul, qui créent actuellement une base de données sur la santé et les plantes médicinales. D’autres ont l’idée de proposer un petit service de bureautique pour les micro-entreprises du quartier. Des femmes décident de créer une page Web pour vendre les poissons péchés par leurs maris... C’est un effet boule de neige. Mais on laisse les gens aller à leur rythme. D’abord parce qu’ils ont beaucoup d’idées. Ensuite parce que c’est le seul moyen de rendre le cyberpop durable.

Comment résoudre l’obstacle de l’illettrisme ?

Rabiah Abdelkrim Chikh : Nous avons formé des écrivains publics aux principaux logiciels utilisés. Ce sont souvent des jeunes descolarisés ou au chômage habitant les quartiers. Dans chaque cyberpop, ils sont deux pour aider les personnes illettrées à écrire un mail ou créer une page Web. Tant pis si la page n’est pas terrible ! L’essentiel est que les gens se comprennent entre eux et que l’on se mette à communiquer de quartier à quartier, de réseau à réseau...

Économiquement, les cyberpops sont-ils viables ?

Rabiah Abdelkrim Chikh : Nous proposons des tarifs très bas, pour le téléphone et l’Internet. C’est obligatoire pour ouvrir l’accès au plus grand nombre. Mais la demande est très forte. Même à de tous petits prix, les cyberpops parviennent au moins à rémunérer les services des deux animateurs et parfois à réinvestir une partie du chiffre dans le secteur collectif. D’autre part, certaines activités soutenues localement sont aujourd’hui devenues rentables. Par exemple, dans le quartier des Rails, à Dakar, les artisans ont mis sur pied un système de comptabilité écrite. Ça leur a donné les moyens de négocier avec d’autres partenaires, en dehors du quartier, et de se développer. À Yeumbeul, les médecins traditionnels sont en train de créer un réseau qui couvrira bientôt les dix régions du Sénégal. À Pikine, grâce à l’Internet, les femmes des pêcheurs vendent désormais leurs produits jusqu’en Guinée. Et aujourd’hui, elles visent la France.

Propos recueillis par André Mora

(Source : Novethic 15 janvier 2003)

BATIK

Inscrivez-vous a BATIK

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez toutes nos actualités par email.

Navigation par mots clés

INTERNET EN CHIFFRES

- Bande passante internationale : 172 Gbps
- 4 FAI (Orange, Arc Télécom, Waw Télécom et Africa Access)
- 15 418 058 abonnés Internet

  • 15 064 336 abonnés 2G+3G+4G (97,72%)
    • 2G : 21,30%
    • 3G : 39,18%
    • 4G : 39,52%
  • 195 457 abonnés ADSL/Fibre (1,28%)
  • 156 129 clés et box Internet (1,00% )
  • 2 136 abonnés aux 4 FAI (0,02%)
  • Internet fixe : 1,28%
  • Internet mobile : 98,72%

- Liaisons louées : 4 131

- Taux de pénétration des services Internet : 92,29%

(ARTP, 30 juin 2021)

- 9 749 527 utilisateurs
- Taux de pénétration : 58,20%

(Internet World Stats 31 décembre 2018)

- 6693 noms de domaine actifs en .sn

(NIC Sénégal, avril 2020)

TÉLÉPHONIE EN CHIFFRES


Téléphonie fixe

- 3 opérateurs : Sonatel, Expresso et Saga Africa Holdings Limited
- 252 221 abonnés
- 210 908 résidentiels (83,62%)
- 41 313 professionnels (16,38%)
- Taux de pénétration : 1,51%

(ARTP, 30 juin 2021)


Téléphonie mobile

- 3 opérateurs (Orange, Free et Expresso)
- 19 667 613 abonnés
- Taux de pénétration : 117,73%

(ARTP, 30 juin 2021)

FACEBOOK

3 900 000 utilisateurs

Taux de pénétration : 23%

- Facebook : 3,2 millions

- Instagram : 1,2 million

- LinkedIn : 680 000

- Twitter : 148 400

(Hootsuite, Février 2021)