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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2021 > Mars 2021 > Afrique : Les femmes africaines ont un rôle à jouer dans le développement de (…)

Afrique : Les femmes africaines ont un rôle à jouer dans le développement de l’intelligence artificielle

mardi 9 mars 2021

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L’intelligence artificielle (IA) représente une opportunité considérable de développement en Afrique. Les États peuvent utiliser l’IA ainsi que d’autres technologies numériques pour promouvoir l’innovation et accélérer le développement durable. C’est ce qu’indique une récente étude de l’UNESCO sur l’évaluation des besoins en intelligence artificielle en Afrique.

L’étude de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture révèle le besoin de renforcer la connaissance politique, juridique et réglementaire sur ce continent en matière de gouvernance de l’intelligence artificielle.

Pour Gabriela Ramos, Sous-Directrice générale des sciences sociales et humaines à l’UNESCO, les femmes doivent jouer un rôle dans le développement de ces technologies.

En effet, seulement 22% des professionnels de l’intelligence artificielle dans le monde sont des femmes. Pour Anne Bioulac, membre de l’initiative Women in Africa et Vice-Présidente à Capgemini, c’est la même situation dans tous les domaines technologiques.

Dans un entretien accordé à ONU Info, elle explique que le manque de femmes dans le développement de l’intelligence artificielle risque de créer des biais.

Anne Bioulac : En effet, les femmes ne vont pas véritablement vers ce type de fonction. Or je pense que pour l’intelligence artificielle c’est encore plus problématique que pour les autres domaines de la technologie parce que l’IA est en fait un miroir du monde. On recrée finalement. L’IA est là pour avoir des mécanismes, des algorithmes qui reproduisent le monde plus vite, de façon plus sûre, etc. Et donc un monde qui n’est pas fait par assez de femmes.

En fait, cela va entraîner des biais. On a vu plusieurs problématiques que ce soit dans la reconnaissance faciale, par exemple. Comme c’était surtout des hommes blancs qui la faisait, on a vu qu’ensuite les algorithmes avaient du mal à reconnaître les femmes, les hommes noirs, finalement toutes les personnes autres que celles qui les avaient programmés. Le fait que les femmes ne soient pas des productrices d’intelligence artificielle, cela va entraîner des biais dans la société. Et avec le développement de cette technologie je pense que c’est vraiment quelque chose qu’il faut regarder de très près.

ONU info : On parle des préjugés anti-femmes existants qui sont dans notre société mais aussi qui se perpétuent dans l’IA. Comment peut-on faire avancer les choses ? Est-ce que l’intelligence artificielle peut résoudre le problème de la discrimination, d’égalité de diversité ?

Anne Bioulac : Je pense que l’intelligence artificielle va changer la société de façon générale. Je pense qu’elle peut amener cela. On le voit bien d’ailleurs à Women in Africa, on a envie d’utiliser l’intelligence artificielle pour faciliter la formation. Parce que l’intelligence artificielle c’est plein de technologies différentes. Cela peut être une façon aussi de mieux identifier les besoins de formation des personnes ; cela permet de traduire dans des langues très différentes ; cela permet de s’assurer du bon suivi des personnes. Déployer ce type de technologie permet une personnalisation plus forte, cela va être quelque chose qui peut être très bénéfique en fait au développement des femmes.

Il faut donc être sûr que les besoins des femmes, leur spécificité, sont bien pris en compte par les algorithmes qui sont mis en place. Parce qu’au-delà de l’intelligence artificielle, l’un des problèmes qu’on a aujourd’hui, c’est que l’intelligence artificielle ça apprend sur des données. Or, on s’est rendu compte que les femmes étaient souvent absentes des sets de données qui existaient. Et quand on entraîne les modèles sur des données qui ne représentent pas les femmes et bien cela devient encore plus problématique pour le futur. Donc oui, c’est une vraie opportunité, mais il faut vraiment faire attention. Est-ce que ce miroir grossissant n’accélère pas des biais encore plus importants ?

ONU info : Faut-il que les femmes fassent partie beaucoup plus de la formation des données et de l’intelligence artificielle, dans l’éducation, dans les universités ?

Anne Bioulac : Exactement. Mais après je pense qu’il faut aussi désacraliser l’intelligence artificielle. On a besoin de femmes. Un projet d’intelligence artificielle, il y a bien sûr une partie d’algorithmie, de mathématiques, mais il n’y a pas que cela. Il faut qu’il y ait des gens qui comprennent les problématiques, il faut qu’il y ait des gens qui sachent où aller chercher les bonnes données pour représenter le monde. En fait, il y a plein de profils nécessaires et pas simplement juste des ingénieurs ou des programmateurs en termes d’intelligence artificielle, qui sont souvent des métiers que les femmes aiment moins ou en tout cas, aujourd’hui elles n’ont pas forcément découvert l’intérêt de ces métiers-là. Mais il faut voir que dans l’IA on a besoin de plein de compétences. Parce que, pour créer un monde, on n’a pas besoin que juste de développeurs. On a besoin de gens qui comprennent, on a besoin de sociologues, de gens qui ont un sens du business, etc. Donc c’est vraiment important que les femmes voient bien qu’elles ont une place absolument essentielle dans des projets de l’IA, pas simplement sur la partie scientifique et algorithmique.

ONU Info : On parle de l’intelligence artificielle qui permet aux femmes d’utiliser la technologie. Vous êtes membre de l’initiative Women in Africa qui va permettre aux femmes africaines d’utiliser l’IA dans l’entreprenariat numérique. En quoi consiste exactement ce projet ?

Anne Bioulac : Women in Africa a été créée en 2016. On voyait bien que les femmes africaines étaient un des vrais moteurs de l’économie africaine mais pas forcément vraiment reconnu. Et une autre constatation qu’on a faite, c’est que l’Afrique était le pays de l’entreprenariat. En Afrique, on a à peu près 24% des femmes qui entreprennent alors qu’on est à 12% en Amérique du Nord et 6% en Europe. Parce que, sans doute, elles n’ont pas le choix ou vu qu’elles n’ont pas accès à un marché de l’emploi plus structuré, elles entreprennent. Mais c’est quand même une terre où les femmes sont inventives et créent un certain nombre de choses. Donc, Women in Africa avait véritablement à cœur de développer, d’accompagner, de soutenir ces femmes dans ce développement.

Après, on s’est rendu compte aussi que les projets des femmes entrepreneures en Afrique reste peu tech, parce qu’elles n’ont pas été forcément assez bien formées. Ceci est souvent d’ailleurs le cas même en Europe. Les femmes vont plutôt vers des sujets moins tech que les hommes. Or pense que c’est important que les femmes deviennent des productrices de technologie.

Donc on a la volonté, en collaboration avec l’UNESCO, de pousser des programmes de formation utilisant l’IA comme un moteur pour les entreprises qu’elles vont créer, mais également de démultiplier les programmes de formation qui sont très différents, selon les pays, selon les situations des femmes.

ONU Info : Et vous avez des exemples de développement de ce concept ?

Anne Bioulac : On est tout au début et d’ailleurs c’est pour ça que nous allons lancer une large étude pour demander justement quels sont les besoins des femmes en termes de formation, en termes d’accompagnement. On voit l’IA comme un outil technologique pour les start-ups. Il y a des gens qui ne parlent pas forcément français, anglais, arabe dans tous ces pays-là, qui parlent des dialectes. Cela nous semble important d’utiliser aussi l’intelligence artificielle pour amener du contenu et de l’aide au plus proche des personnes.

Cette grande enquête va être lancée avec le soutien de l’UNESCO pour bien comprendre les besoins et pour mettre en place ces programmes de formation qu’on espère pouvoir déployer d’ici la fin de l’année, voire au début de l’année prochaine, avec l’idée qu’il y aura de l’IA mais également bien sûr des formations physiques parce que c’est aussi important de se voir, de parler avec des gens, de rencontrer des communautés pour pouvoir se développer.

ONU Info : Comment voyez-vous l’avenir de l’intelligence artificielle non seulement pour les femmes mais aussi pour les femmes africaines ?

Anne Bioulac : Je pense que cela va beaucoup se développer. On en a parlé au début, je pense qu’il faut être très prudent sur le développement, s’assurer que cela sera développé de manière éthique, que les données qui sont utilisées seront les bonnes données.

On sait qu’en Afrique c’est un des soucis aujourd’hui, les infrastructures, les télécoms ne sont pas forcément très développées. Il y a un vrai besoin, si on veut vraiment amener cette technologie au cœur de l’Afrique, de continuer à mettre en place des infrastructures de stockage, de calcul dans ces pays-là. Mais on a vu aussi que l’Afrique a souvent été capable de passer à des technologies beaucoup plus vite que les autres continents avec des technologies anciennes. L’Afrique est essentiellement sur le mobile alors que dans plein de pays, en Amérique du Nord en Europe, on continue à être sur du téléphone fixe. Donc j’ai tout à fait confiance dans le fait que l’Afrique peut être un vrai terrain de développement de l’intelligence artificielle.

(Source : ONU Infos, 9 mars 2021)

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