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Affaire des primes de l’ARTP : La plaidoirie du Professeur Sakho

vendredi 31 août 2012

En 2010, la justice a accusé de détournement de deniers, sept responsables de l’Agence de régulation des télécommunications et des postes (Artp) parmi lesquels l’ancien président du Conseil de régulation, le Pr Abdoulaye Sakho.

C’était suite à la cession d’une licence globale à Sudatel. Après un an d’instruction, une ordonnance de non-lieu viendra le blanchir totalement de ces accusations. Dans un livre-entretien accordé à deux journalistes économiques, il décide de livrer sa « part de vérité ».

C’est sur cent trente-trois pages que l’ancien président du Conseil de régulation de l’Artp, le Pr Abdoulaye Sakho, donne sa « part de vérité » sur son inculpation à l’époque dans l’affaire des « primes exceptionnelles » après la vente de la troisième licence globale à Sudatel. Il est interrogé, dans ce livre, par les journalistes économiques : Baye Dame Wade du mensuel Réussir et Bachir Fofana du quotidien Enquête.

S’il a accepté de répondre aux questions des journalistes, c’est, dit-il, pour une seule raison : « C’est le moment de donner ma part de vérité après celle du juge. Mais, aussi parce que cette affaire fut très médiatisée et que, paradoxalement, la décision de non-lieu, rendue par le juge depuis le 27 avril 2011, est quasiment passée sous silence », avance-t-il à la première question des journalistes.

Au fil des pages de ces entretiens avec nos confrères, le professeur de droit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) et fondateur du Master en droit de régulation livre un témoignage poignant sur cet épisode douloureux dans lequel il a été entraîné, malgré lui, de 2008 à 2011 par un rapport de l’Inspection générale d’Etat (Ige).

Pour autant, il estime que son inculpation dans cette affaire relève moins d’un « complot contre sa personne » que « d’une appréciation erronée des faits par les vérificateurs de l’Inspection générale d’Etat en 2008 et exploitée à un moment jugé opportun par des autorités ou des personnes garantes de la bonne gouvernance dans notre pays précisément en 2010/2011. Et le tout, en totale ignorance des réponses apportées par mes soins au rapport préliminaire établi à l’époque par l’Ige.

Et ces réponses sont celles qui ont permis au juge de prendre une ordonnance de non-lieu en toute indépendance », regrette-t-il. Même si la suite est plus heureuse. « Je m’y attendais, parce que l’accusation ne reposait sur rien », confie-t-il soulagé au détours d’une réponse aux journalistes qui l’interrogent.

« Drame personnel »

Mais comme dans ce genre d’affaire hyper-médiatisée, le mal est déjà pour la victime même si une ordonnance de non-lieu vient tout infirmer. A la page 30, par exemple, le Pr Sakho confie avoir vécu « une période difficile ». « J’ai été affecté par l’accusation, par le fait d’être cité dans des problèmes de malversations que je savais infondées », avoue celui qui a trouvé réconfort dans le soutien de son épouse, de ses enfants et amis pour oublier cette douloureuse affaire. « Abdoulaye Sakho s’est senti calomnié, traîné dans la boue.

Il a vécu un drame personnel, familial, professionnel et sociétal », s’indigne le journaliste Madiambal Diagne dans la préface du livre-entretien. Cela d’autant plus que les médias ont été sans pitié dans le traitement de cette affaire judiciaire qui a défrayé la chronique à l’époque. D’ailleurs certains sont allés jusqu’à le traiter de « voleur ». Cependant, le mis en cause aura noté un paradoxe dans le traitement de cette affaire par les médias. Lesquels n’ont pas montré autant d’intérêt pour l’ordonnance de non-lieu du magistrat instructeur dont il a bénéficié avec ses co-inculpés qu’à son inculpation.

D’ailleurs, c’est l’une des principales raisons d’être de ce livre qui est un travail de réflexion sur le traitement médiatique des affaires judicaires, sur le travail des corps de contrôle, sur la théorie de la régulation qui est encore méconnue et pour la promotion duquel, il a créé un Master à l’Ucad. Avec les journalistes Bachir Fofana et Baye Dame Wade, il est revenu sur comment est née l’idée de partager une « prime exceptionnelle » pour toutes les personnes qui sont intervenues dans la cession de la licence à Sudatel. « Le fait réel, ici, c’est qu’il y a eu la distribution d’une prime », reconnaît le Pr Sakho. Mais, « l’une des contrevérités, c’est que cela est présenté comme une malversation », sans dire les montants de ces primes.

Néanmoins, il consent à révéler que 6 % du budget de l’Artp de l’époque avait été accordé à l’Anoci qui était dans la préparation du 13e sommet de l’Oci à Dakar. Toutefois, il rappelle que l’Artp dispose d’une autonomie budgétaire qui l’autorise à conduire, par elle-même, les dépenses nécessaires à son fonctionnement dès lors qu’elles tendent à la réalisation de ses missions.

En 2008, l’Ige fait un rapport qui conclut à un détournement de deniers publics perçus sous forme de primes d’un montant de 374 millions dont 60 millions au Pr Sakho en tant que président du conseil de régulation et 52 millions pour chacun des six autres inculpés. En 2010, le dossier fait l’objet d’une instruction. Après l’arrestation des mis en cause et leur mise en liberté provisoire, ils seront totalement blanchis en avril 2011.

Mamadou Sarr

(Source : Wal Fadjri, 31 août 2012)

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