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Affaire SONATEL-Retraités : Un feuilleton long de vingt ans

mardi 2 novembre 2004

La première fois que l’affaire est venue au tribunal, c’était il y a vingt ans. Elle opposait l’ex-Opt à ses agents qui ont eu gain de cause. Cette société disparue, la Sonatel a hérité du contentieux. Depuis lors, le dossier traîne. Entre temps les agents sont allés à la retraite, mais ils ne démordent pas.

Les travailleurs retraités de la Sonatel font face à leur ex-employeur. L’affaire remonte cependant bien avant la création de la société de télécommunication, et concerne d’anciens agents de l’Office des postes et télécommunication (Opt) duquel est issue la Sonatel. Pour les cent trente-cinq personnes concernées, il y a un gap salarial à recouvrer et qui remonte à 1972. Et cet argent qui viendrait adoucir leur retraite, ils ne sont pas près d’y renoncer. Après de nombreux procès, un autre se profile pour la semaine prochaine.

A l’époque, expliquent les retraités, une option de non fonctionnarisation était offerte aux agents de l’Opt, avec un salaire plus intéressant fixé par décret. Le délai d’option était d’un an. L’ex-Opt aurait cependant attendu jusqu’en 1979 pour fixer la grille des salaires en option. Les agents qui avaient refusé de tenter « l’aventure » et sont restés fonctionnaires avec le salaire minimum, ont vu d’autres de leurs collègues de « même hiérarchie et même fonction » se retrouver avec un salaire différentiel consistant. « À partir du fait qu’à travail égale salaire égal, nous avons saisi les tribunaux ». C’était en 1985. « Quand nous avons eu gain de cause, le directeur général de l’Opt à l’époque, El Hadj Malick Sy « Souris » a alors étendu le bénéfice à tous les agents fonctionnaires de l’Opt », disent les retraités de la Sonatel en conclave à Rufisque pendant le week-end. Entre temps, l’Opt disparaît pour faire place à l’Office des postes et caisse d’épargne (Opce) et la Société nationale des télécommunications. La loi sur la création de ces deux entités, intervenue en juillet 1985, met à leur charge les droits et obligations des agents dont ils ont hérité. L’Opce a payé ses agents, mais la Sonatel qui a hérité de ce contentieux tarde à le faire. Du moins en intégralité, la société restant devoir 34 % du montant, selon les retraités.

« On nous a trompés dans le mode de calcul », fulmine un des ayants droit. Les négociations n’ayant pas abouti, un autre procès devait avoir lieu en 1998. Et le 23 juillet 2003, la Cour d’appel de Dakar a finalement donné un verdict qui condamne la Sonatel à payer les indemnités différentielles aux cent trente-cinq agents concernés. Depuis lors, les bénéficaires attendent. « Nous voulons savoir quelles sont les difficultés qui poussent une boîte comme la Sonatel à agir ainsi ? Le refus d’exécuter une décision de justice est un acte de vandalisme », clame l’avocat des retraités, Me Massata Mbaye. Pour lui, le directeur général de la Sonatel, qui a commis cinq avocats pour défendre sa société, est le seul responsable de la frustration vécue par des retraités dont l’âge varie entre 60 et 70 ans. « En réalité, la Sonatel ne veut pas du corps des fonctionnaires qui est en extinction dans la boîte », poursuit Me Mbaye. Le 10 mai dernier, la Sonatel a obtenu la discontinuation des poursuites. Les retraités ont fait appel et le 21 septembre la Cour a encore donné aux retraités le droit de reprendre l’exécution. C’est ainsi que l’avocat des retraités a donné l’ordre d’opérer pour faire des saisies. Celles-ci ont commencé, mais la « Sonatel résiste et fait du dilatoire pour gagner du temps, allant de renvoi en renvoi ». Du côté de cette société, le chargé de la Communication se refuse d’évoquer le fond de l’affaire : « Nous laissons la justice faire son travail, mais la Sonatel est optimiste quant à l’issue du dossier. Notre société est l’une des meilleures dans la manière de traiter ses agents », souligne M. Karim Mbengue.

Le 8 novembre prochain, deux procès décideront de la suite de cette affaire : l’un sur assignation en nullité et en main levée de la saisie de matériel pour la Sonatel, l’autre sur l’assignation de la contestation de la saisie de créance pour les retraités.

Najib SAGNA

(Source : Wal Fadjri, 2 novembre 2004)

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