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Actions Sonatel - Deal entre le Fmi, le Sénégal et l’Afd : Le prêt français de 82 milliards qui a balisé l’arnaque

vendredi 17 avril 2009

Le Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (Crepmf) a dénoncé une opération qui violait les règles de bonne gouvernance et de la bourse. Mais, le Fmi préfère se taire. Sans doute parce que la dette française qui a permis de renflouer les caisses de l’Etat, avait été garantie par l’Etat sur ses actions à la Sonatel. Et que le représentant résident avait donné son accord à la transaction.

Face au tollé général provoqué, au Sénégal, par l’affaire de la cession des actions de l’Etat dans la Sonatel, on a entendu quasiment tout ceux qui comptent au Sénégal. A commencer par les cadres et les travailleurs de la Sonatel, ensuite les commerçants, les consuméristes, la Société civile, et même, par la voix de Victor Ndiaye dans Le Quotidien, les petits porteurs de la Sonatel. Le vacarme créé par tout ce monde a rendu encore plus tonitruant le silence des seuls partenaires qui comptent, si l’on peut dire. Nous parlons ici des partenaires au développement. Nous avons été habitués, depuis quelques mois, à entendre les représentants des Partenaires techniques et financiers exprimer leur point de vue sur la gestion des finances publiques du Sénégal. Or, la vente des actions de la Sonatel est l’un des points les plus importants dans la gestion des ressources financières du pays. Qu’est-ce qui explique alors le mutisme de la Banque mondiale, de la Commission européenne et du Fonds monétaire international ? A la limite, on pourrait excuser Gilles Hervio, le Délégué à la Commission européenne (Dce), car il ne pourrait, en prenant la parole, qu’embarrasser un membre éminent de l’Union européenne. Mais pourquoi Alex Segura, et son patron de Washington, Johannes Mueller, décident-ils d’ignorer la clameur de toutes les couches de la société sénégalaise qui s’opposent à cette vente de bijoux de famille ? Sans doute parce que la collusion est manifeste entre les intérêts de la France et ceux du Fonds monétaire. Il faut se rappeler qu’à la fin de l’année dernière, c’est grâce à un coup de main, fort opportun, de la France que le dossier du Sénégal a pu passer le contrôle du Conseil d’administration du Fonds. Seul l’administrateur français l’a soutenu, contre la volonté de tous ses collègues. Et pour faire bonne mesure, l’Agence française de développement (Afd) a mis sur la table un appui de 82 milliards de francs Cfa pour le budget de l’Etat, permettant au Sénégal de recevoir des financements de la part d’autres partenaires, dont le Fmi.

Les actions Sonatel gagent la dette

Or, voilà que l’on apprend aujourd’hui que les 82 milliards de l’Afd étaient garantis par les 9 % des actions de l’Etat dans la Sonatel. Quelle coïncidence ! L’autre raison pour laquelle on aimerait entendre le Fmi sur la question, est que cette cession n’entre pas dans le Plan d’actions soumis dans la Lettre d’intention présentée par le gouvernement du Sénégal au Fonds, le 5 décembre 2008. Dans ce document, le ministre du Budget Mamadou Abdoulaye Sow, proposait, comme moyens de redresser le déficit du budget, entre autres, la vente de l’hôtel Méridien Président, après appel d’offres, ainsi que la renégociation de la licence mobile détenue par Sentel. Rien sur une éventuele vente d’actions Sonatel. Or, pour une opération qui devrait rapporter plus que les deux prévues, la moindre des choses aurait été d’en informer largement l’opinion, pour qu’elle en juge le bien-fondé. Bien que des sources bien informées assurent que M. Segura avait été approché sur son éventuelle réaction par rapport à cette vente. Sans doute rassurés, les autorités ont compris qu’il allait les laisser faire.

Cette réaction de Segura et de son patron, en plus de laisser une suspecte collusion avec des intérêts français au Sénégal, s’ajoute au réveil tardif du représentant-résident du Fmi sur la gestion nébuleuse du secteur de l’énergie au Sénégal. Il a fallu que Le Quotidien l’interpelle, le week-end dernier, sur cette question, pour entendre M. Segura dénoncer, sur les ondes de Rfi, les nombreux dérapages dans ce secteur. Qui faudra-t-il solliciter, cette fois-ci, pour entendre Alex Segura et ses supérieurs reconnaître que l’opération initiée par le gouvernement, avec une multinationale française, non seulement ne respecte pas les règles nationales et internationales de bonne gouvernance financière, comme l’a dit le Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (Crepmf), mais en plus, laisse croire que le Fonds monétaire a, depuis novembre 2008, laissé monter une opération de spoliation du peuple sénégalais, au bénéfice d’intérêts douteux ?

Mohamed Guèye

(Source : Le Qotidien, 17 avril 2009)

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