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Accès aux télécommuinications en milieu rural : Les élus locaux réclament un traitement équitable

mercredi 9 août 2006

Le séminaire organisé hier, mardi 8 août à Dakar par l’Association nationale des conseils ruraux (Ancr) en partenariat avec la Sonatel, a été l’occasion pour ces autorités locales de formuler des réclamations et des récriminations à l’endroit du principal opérateur des télécommunications au Sénégal, du fait de l’écart immense qui prévaut dans ce domaine entre les villes et les campagnes.

Sur les 320 communautés rurales et 14206 villages du Sénégal, rares sont les localités qui disposent d’accès aux Technologies de l’information et de la communication (Tic). Prenant de plus en plus conscience de l’importance des télécommunications, les autorités de ces 320 communautés rurales ont, en partenariat avec la Sonatel, initié hier, mardi 8 août un séminaire sur le thème « accès aux services des télécommunications en zones éloignées ».

Cet atelier a été l’occasion pour les membres de l’Association nationale des conseils ruraux (Ancr) d’exprimer un certain nombre de préoccupations liées aux services de la Sonatel notamment le problème du réseau des télécommunications et de la « cherté » des tarifs. Le président de l’Ancr et par ailleurs président de Communauté rurale de Taïba Ndiaye, est revenu sur l’objectif du séminaire qui est, selon lui de voir l’état d’exécution des engagements du gouvernement en matière de télécommunication dans les zones rurales. Il a souligné que « l’éloignement, l’enclavement des localités constitue un handicap majeur » ce qui fait que la Sonatel doit, de son avis, d’abord privilégier le bien social plutôt que le volet économique. « Même si certaines communautés rurales ne sont pas rentables, la Sonatel doit se préoccuper du bien social et doit être appuyée dans ce sens par l’Etat », a déclaré Alé Lo. Il a, également plaidé pour la couverture totale du territoire national, pour l’harmonisation des taxes entre les communes et les communautés rurales. Dans le même sillage, il a demandé que les zones urbaines et le milieu rural aient le même régime.

Le directeur général adjoint, Aimé Briand qui a représenté son directeur général, Cheikh Tidiane Mbaye, a pour sa part avoué que la floraison des télé-centres dans les centres urbains pose des problèmes de rentabilité pour la Sonatel en faisant état du chiffre d’affaires « limité » de leur entreprise. Selon lui, « ce manque de rentabilité, consécutif à l’usage du téléphone mobile, va amener la Sonatel à limiter l’extension des télécentres dans les milieux urbains ». Le directeur général adjoint de la Sonatel a affirmé que son entreprise « compte déployer une nouvelle orientation qui va privilégier l’implantation des télécentres dans les zones rurales ». Aimé Briand a, par ailleurs, assuré que « la Sonatel va étendre la connexion au réseau de télécommunication des 14.000 villages du Sénégal d’ici à la fin 2008, conformément au plan d’action 2006-2008 ».

Le ministère des Postes et télécommunications a salué l’initiative de cette rencontre. Le représentant du ministre, François Da Sylva, par ailleurs directeur des études en planification et en législation des télécommunications a signalé qu’il était initialement prévu, selon le plan d’action de l’Etat à la fin 2010 le raccordement de l’ensemble du territoire national. Cette échéance a, de son avis, été revue, car l’Etat compte mettre en application une politique en infrastructures dans les zones rurales.

En somme, les directeurs de la Sonatel ont exposé leur plan d’actions pour résorber ce gap tout en essayant de rassurer les présidents de conseils ruraux. En marge de cet atelier, une bonne frange de la population vivant ou travaillant en milieu rural a eu à décrier cette fracture numérique.

Mamadou Cheikh FALL

(Source : Sud Quotidien, 9 août 2006)

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