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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2008 > Février > Accès à l’internet : Saint-Louis identifie les contraintes

Accès à l’internet : Saint-Louis identifie les contraintes

vendredi 1er février 2008

Collectivités locales

A Saint-Louis, tout le monde n’a pas accès à l’internet. Une enquête menée, récemment, l’a révélé. Ce qui démontre toute la pertinence de l’installation de la Cerenum. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, en marge d’un séminaire de restitution des travaux d’enquête de cette cellule, le coordonnateur de ce projet, Mamadou Fall, dresse les enjeux et les perspectives de ce programme né de la coopération entre les villes de Saint-Louis et du Havre.

Wal Fadjri : Vous avez organisé, le 17 janvier dernier, un séminaire de restitution des enquêtes sur l’état des lieux des technologies du numérique dans la région de Saint-Louis. Quels sont les enseignements qu’on peut tirer de cet atelier ?

Mamadou Fall : Ce deuxième séminaire de restitution fait suite aux enquêtes effectuées auprès des acteurs territoriaux de la région de Saint-Louis avec qui la Cerenum a voulu partager les résultats afin de pouvoir dégager des pistes de travail pour le futur plan régional de développement du numérique. Sur l’ensemble des deux phases d’enquêtes, ont été ciblées vingt-cinq collectivités locales, quarante-cinq acteurs du tourisme, deux cent trois services techniques et partenaires au développement, deux cents acteurs économiques, cent organisations communautaires de base et neuf cent quatre-vingt-dix concessions. Entre autres objectifs des enquêtes, il fallait connaître le taux de pénétration des Tic dans la région de Saint-Louis en terme d’équipement et de compétences humaines et identifier les besoins dans le domaine du numérique. On a voulu réfléchir sur les modalités permettant d’aller vers la connexion internet pour les acteurs territoriaux de la région pour dégager des pistes de travail en vue de la production du futur plan régional de développement du numérique. Les principales conclusions qui se dégagent montrent que les populations de la région de Saint-louis ont des prédispositions favorables à l’entrée dans la société de l’information, car étant une communauté très technophile. Les acteurs sont assez bien équipés avec une pratique des technologies de l’information et de la communication et un usage assez poussé de l’Internet, mais la connexion à domicile qui reste faible. Parmi les acteurs enquêtés, les collectivités locales sont les moins équipées, ce qui entraîne un réel problème de prise de conscience politique. Maintenant, comme piste de travail, il s’agira de développer une information autour de l’accès à une prise de conscience des autorités et des opérateurs techniques mais aussi, d’une mise en relation pour le développement d’un partenariat public-privé permettant de résoudre la question de l’accès des acteurs.

Wal Fadjri : Quelles sont les principales contraintes au développement des Tic à Saint-Louis ?

Mamadou Fall : Les contraintes principales au développement des nouvelles techniques de l’information sont l’infrastructure et l’équipement, si l’on sait que l’Adsl, dans la région, n’existe que dans les capitales départementales et que le milieu rural en est démuni. Et pourtant, un réel besoin y est identifié. Il y a aussi le problème des contenus et services pouvant répondre aux besoins des populations quasi inexistants. Ensuite, l’offre des opérateurs techniques n’est pas attractive pour stimuler la forte demande latente, existante dans la région de Saint-Louis. Enfin, on note un manque d’information et de formation sur l’existence des outils et sur leurs usages.

Wal Fadjri : Quelles sont les perspectives de la cellule régionale du numérique (Cerenum) de Saint-Louis ?

Mamadou Fall : La Cerenum est un projet de coopération décentralisée qui réunit quatre acteurs principaux : la ville du Havre, maître d’ouvrage, l’Université du Havre, responsable scientifique et maître d’ouvrage délégué, le Conseil régional de Saint-Louis, partenaire principal, et l’Université Gaston Berger de Saint-Louis comme référent scientifique. L’Agence régionale de développement de Saint-Louis en est l’opérateur technique. La mise en œuvre du projet a commencé au Sénégal le 6 avril 2007 par les signatures des conventions. Ce qui a permis une création physique de la Cerenum avec des locaux équipés en Wifi permettant une connexion sans fil aux usagers. Il y a eu aussi la mise en place d’une équipe de recherche regroupant des étudiants informaticiens et géographes, un enseignant chercheur de l’Ugb, un technicien de l’Ard. C’est avec cette équipe qu’il y a eu une formation sur un logiciel d’enquête (Sphinx), avec lequel cinq questionnaires ont été construits et ont servi à faire mener les enquêtes. Aujourd’hui, l’Hôtel de région de Saint-Louis est aussi équipé en Wifi par la Cerenum. Parmi les participants au séminaire, outre les partenaires fondateurs du projet, il faut relever la présence du directeur de l’Agence mondiale de solidarité numérique, l’ambassade de France à Dakar, l’Agence de régulation des télécommunications et des postes, de l’Agence de l’informatique de l’Etat, des acteurs privés tels que la Sonatel, Microcost. La mobilisation de ces acteurs répond aux exigences de la phase opérationnelle dans laquelle se situe la Cerenum. Il s’agira de construire des systèmes d’informations territoriales avec des systèmes d’information géographiques mise en ligne à travers les sites Web des collectivités Locales de la région. Pour cela, ce sont les secteurs de la santé, de l’éducation, du tourisme et la création d’un observatoire des prix et des produits de la région qui sont retenus comme axes de travail en perspective des futures assises régionales de la solidarité numérique qui seront placées sous la haute autorité de Me Abdoulaye Wade, président de la République, porte-parole de la Société de l’information en Afrique. La résolution de la question de la connectivité dans la région constitue un axe prioritaire de travail de la Cerenum. Déjà, des partenaires publics et privés sont identifiés et des rencontres envisagées au courant du mois de février.

Propos recueillis par Gabriel Barbier

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