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ATDA 2017 : les 11 recommandations des acteurs du numérique africain pour le Sommet UA-UE

lundi 6 novembre 2017

Les Assises de la Transformation Digitale en Afrique 2017 (ATDA 2017) se sont déroulées à Paris, au Centre de Conférence Pierre Mendès-France de Bercy. Pour cette 6ème édition placée sous le thème de la coopération, l’entrepreneuriat et l’innovation, plus de 600 décideurs se sont réunis afin d’échanger sur les enjeux principaux du numérique africain à 1 mois du Sommet UA-UE d’Abidjan.

A l’issue des trois journées des Assises de la Transformation Digitale en Afrique, plusieurs enseignements, pistes de réflexions et surtout propositions et actions envisageables ont été proposés lors des débats particulièrement riches qui ont eu lieu.

Voici les 11 recommandations qui ont été émises par ces acteurs du numérique, en vue du Sommet UA-UE.

1. S’orienter vers un marché commun du numérique africain

S’appuyer sur les initiatives fortes qui sont pour certaines déjà lancées, et qui permettront pour l’Afrique d’avoir la force de frappe nécessaire pour développer des partenariats avec les autres continents, notamment l’Europe dans le cadre de la relation Union Européenne – Union Africaine. Pour ce faire, Smart Africa sera un acteur puissant : 18 pays sont d’ores et déjà impliqués. Les acteurs appellent aussi à la création d’un Conseil Africain du numérique et une gouvernance commune forte.

Ils appellent également à l’harmonisation des écosystèmes avec l’ADD, l’Alliance pour le Développement du Digital pour les fournisseurs, et le CIO African Network pour les utilisateurs.

Concrètement, il s’agit de développer des partenariats Sud-Nord équilibrés, dans une logique de co-développement ; renouveler les bonnes expériences de partenariats publics-privés pour le co-investissement ; et renforcer la coopération panafricaine.

2. Privilégier une approche sous régionale avec une vision panafricaine

Les marchés nationaux étant bien souvent trop étroits, il faut accélérer l’éclosion de projets à l’échelle continentale ; mutualiser des projets et des dispositifs pour atteindre une taille critique suffisante. Il est crucial d’élargir le potentiel de marché et la zone de chalandise des entreprises africaines.

Par ailleurs, il est nécessaire d’harmoniser les pratiques fiscales pour éviter le dumping.

3. Prioriser le secteur privé

Pour favoriser la croissance et le développement du secteur numérique, il est impératif de s’appuyer sur des partenaires privés africains pour assurer la pérennisation des partenariats publics privés (PPP).

Il est nécessaire de ne pas se focaliser uniquement sur des partenaires privés issus d’autres continents mais aussi privilégier les partenaires privés africains afin de créer et conserver la valeur ajoutée en Afrique.

Pour la bonne croissance de l’écosystème, il faut, en outre, développer une régulation positive, constructive et non « punitive », et conserver un internet neutre et libre.

4. Engager des investissements dans les infrastructures de télécommunications

Longue distance, réseaux de collecte, réseaux d’accès… Tout commence avec les infrastructures.

La Banque Mondiale a permis d’implémenter des réseaux longue distance et de collecte dans plusieurs pays africains. Il est nécessaire d’assurer la qualité dans la pose et la maintenance de ces infrastructures qui sont mises en place pour 20, 30 ou 40 ans.

Il faut rechercher les coûts les plus bas en utilisant toutes les infrastructures existantes : pylônes et points hauts existants, fourreaux existants, réseaux d’infrastructures tiers comme les réseaux de transport ou de distribution d’électricité, etc.

La régulation doit permettre l’ouverture et la mutualisation des réseaux, la péréquation pour baisser les prix et favoriser le maillage des territoires.

L’Afrique doit s’approprier le développement de Datacenters sur son territoire Les Datacenters participent pleinement à l’infrastructure télécoms et numérique. Pour des raisons de souveraineté, l’Afrique doit réussir à stocker ses données sur le continent.

L’énergie requise peut être fournie en partie par le solaire. L’investissement peut être réalisé progressivement avec des salles de 250 à 300 m2. Il faut respecter le principe de sécurité (back up), de propriété et de valorisation des data.

5. Fixer de nouvelles compétences et savoir-faire dans les 54 pays africains pour s’approprier le développement de ces Datacenters.

La croissance de l’Open Data devrait favoriser l’éclosion des Datacenters.

6. Favoriser le développement économique et social

Pour que la transformation digitale ait du sens, il faut mettre le développement économique et social au cœur des enjeux. Par la création et la croissance des start-ups : incubateurs, financements fléchés et le soutien aux « Gazelles », TPE et PME innovantes issues des start-ups et qui apparaissent comme un formidable levier de croissance.

Par le développement du « rêve » africain : s’il y a un Google ou d’autres entreprises emblématiques qui émergent quelque part en Afrique, cela attirera d’autres jeunes et les mobilisera (aujourd’hui, c’est aux footballeurs que les jeunes s’identifient)

Par la mise en place d’un écosystème favorable à l’innovation : il faut que l’Afrique offre ce support en incluant les formations adaptées.

Par la mise en place des plateformes de services : API / R&D / Fab Lab / etc.

Par la modernisation et la numérisation des entreprises des secteurs traditionnels et des administrations. Beaucoup de start-ups ne peuvent gérer le e-paiement et la logistique liés à l’achat du produit : en s’appuyant sur les ressources de la Poste, la relation peut-être gagnant-gagnant pour les deux parties.

Via la valorisation des ressources existantes pour rapprocher le citoyen : la Poste joue à la fois le rôle de tiers de confiance et de contact rapproché avec les populations en zones fragiles.

7. Créer un fond dédié au numérique géré par le Conseil africain du numérique

Pour l’émergence du numérique, il faut des sources de financement pérennes pour les projets. L’Afrique est 4 fois moins financée que le reste du monde d’où l’intérêt de bien cibler les investissements et les mutualiser sur plusieurs pays afin de les rendre plus efficaces.

Il faut que la force publique joue le jeu en allant vers une politique fiscale qui incite aux investissements, et en prévoyant un pourcentage dédié au numérique dans tous les investissements structurants (barrage, hôpital, Education, …).

La gouvernance doit être très forte, ce qui suppose une implication au plus haut niveau des Etats.

8. Mettre en place les mesures nécessaires de cybersécurité

Il est indispensable de mettre en place la gouvernance appropriée afin de protéger et sécuriser les citoyens. Des mesures nécessaires pour un développement sûr des activités numériques avec le maximum de confiance. L’Afrique doit se doter de l’arsenal juridique, précis, harmonisé, pour combattre efficacement les cybercriminels.

La numérisation des administrations va de pair avec la croissance de l’Open Data qui doit reposer sur des bases juridiques claires.

9. Valoriser le capital humain africain

Pour réussir ce défi de la transformation digitale du continent, il est primordial d’assurer la pérennité des talents en Afrique et de favoriser le retour de la diaspora. Près de 10 millions de jeunes arrivent sur le marché du travail chaque année et les défis sont immenses notamment en termes de formation.

En Afrique, l’université donne de la connaissance mais ne forme pas à la compétence qui, elle, se développe dans l’entreprise. Il faut donc faciliter la croissance des entreprises pour développer les compétences.

Aller vers un concept d’université inversée : Les étudiants travaillent en entreprise durant les congés et sont formés ensuite en université, et quand ils ont leur diplôme ils sont automatiquement insérés en entreprise.

Mettre en place un « ERASMUS » du numérique en Afrique : Développement de réseaux d’établissements scolaires, uniformisation des cursus et validation des diplômes par les organisations patronales si les Etats « résistent ».

10. Le e-citoyen africain a besoin d’une identité numérique

La CEDEAO a lancé en 2014 un grand projet de carte d’identité dans les 15 pays qui la composent. Le Sénégal s’est porté volontaire pour ses 14 millions de personnes : environ 6 millions de cartes seraient déjà distribuées avec puce biométrique, empreintes digitales, données électorales, photo numérisée.

Au Bénin, l’identification s’accompagne d’un ensemble d’actions juridiques, afin de protéger la population. Le recensement massif va commencer le 1er novembre durant 6 mois. Plusieurs millions de Béninois seront enregistrés et auront un identifiant qui permettra de donner une carte d’identité multi usages (permis de conduire, carte de santé, d’étudiant, etc.).

Il existe une véritable opportunité d’acter le dispositif de la CEDEAO afin de l’élargir à l’ensemble des pays qui le souhaitent et créer ainsi une véritable dynamique à la fois sociétale et industrielle qui soit inclusive. Cela renforce le rôle d’un Conseil Africain du numérique et d’une gouvernance commune forte.

Cette question de l’identité numérique a aussi pour objet de faciliter les procédures d’échanges entre Etats. Dans le domaine des transports aériens ou maritimes, la fluidité des échanges en dépend, ce qui renforce la compétitivité des entreprises africaines.

11. Sortir de l’Afrique des cycles de négociations ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique).

Longtemps confondue dans des rounds de négociations avec des zones géographiques (Les Caraïbes et Pacifique) aussi disparates que lointaines en termes de préoccupations, l’Afrique souhaite désormais avoir des négociations exclusives avec l’UE.

(Source : CIO Mag, 6 novembre 2017)

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Téléphonie mobile

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