twitter facebook rss
Imprimer Texte plus petit Texte plus grand

4G au Sénégal, la charrue avant les bœufs

vendredi 13 décembre 2013

Si vous suivez l’actualité des TIC, vous n’avez certainement pas échappé au grand buzz médiatique qu’à connu le lancement (en phase pilote) par l’opérateur Orange de la 4G au Sénégal. Mieux si vous circulez dans les rues de Dakar, je parie que ces grands panneaux publicitaires implantés un peu partout dans la ville ont attiré votre attention.

Oui, Orange a réussi son coup en annonçant à haute voix être le premier opérateur à se lancer dans le très haut débit (la 4G peut donner jusqu’à 100 mbits/s). Seul bémol, le sénégalais lamda n’y comprend pratiquement que dalle. Pour lui les dès sont jetés, nous allons enfin avoir l’Internet comme ça n’a jamais été.

Ce qu’il faut savoir est que la 4G ne sera pas commercialisée avant fin 2015, début 2016. Je m’explique...

Ce que Orange n’a pas dit tout haut, ou n’a pas écrit en gros caractère dans ses panneaux et affiches, c’est que nous sommes en phase pilote. Et cette phase pilote est initiée par les régulateur ARTP et ce pour tous les opérateurs Orange, Tigo et Expresso.

Ok ! tout ceci a été dit et relayé par la presse en long et en large. Mais, j’aimerai quand même revenir sur certains détails techniques, en prenant l’exemple sur la France. Oui la France, comme on le fait souvent d’ailleurs :(.

Selon un communiqué publié par l’ARTP, « le régulateur a octroyé des autorisations temporaires aux trois opérateurs de téléphonie titulaires de licence au Sénégal (Sonatel, Sentel Gsm et Expresso), pour leur permettre de tester les nouveaux services mobiles 4G. (...). Les tests se dérouleront jusqu’au 31 décembre 2014 et pendant cette période, l’utilisation des ressources spectrales par les opérateurs sera gratuite ».

Oui, vous avez bien lu, la phase pilote durera jusqu’au 31 décembre 2014. Durant cette période, il se passera des choses. Un ingénieur de Sonatel que nous avons interrogé lors de la cérémonie de lancement de la phase pilote nous a confié « qu’actuellement le réseau 4G de Orange est déployé sur quatre sites qui seront couverts : Technopôle, Médina, République et Saly et un cinquième est prévu très prochainement à la zone des Almadies. Sonatel prévoit aussi d’ouvrir d’ici 6 mois, 40 sites dont 30 à Dakar et 10 à Saly ».

Encore, selon le communiqué du régulateur : « Aux termes de cette phase pilote, chacun des opérateurs communiquera à l’ARTP un rapport d’évaluation détaillé portant sur la qualité de service. Par la suite, le gouvernement étudiera les modalités d’attribution des licences 4G aux opérateurs existants et/ou à de nouveaux opérateurs, en privilégiant la couverture du territoire et la qualité de service.

Donc, si on comprend bien, l’Etat du Sénégal ne pourra lancer l’appel à candidature qu’à partir de début 2015. Ensuite il se passera des semaines ou des mois avant que le processus ne soit finalisé et que les opérateurs autorisés à disposer de la licence 4G ne soient connus.

En France, l’ARCEP (l’équivalant de l’ARTP chez nous), avait publié l’appel à candidature pour la 4G le 15 juin 2011 et l’annonce d’attribution des licences à tous les opérateurs qui avaient souscrit, le 11 octobre 2011. Il a fallu attendre début 2013 pour que les français puissent souscrire aux premières offres commerciales lancées par Orange France et SFR, suivis de Bouygues Telecom en mi-2013 et enfin de Free il y a seulement quelques jours.

Si la même chose se produit au Sénégal, il faudra attendre une année entière entre la décision d’attributionn des licences et le lancement commercial.

Mais enfin, les opérateurs pourront anticiper dans le déploiement de leurs réseaux 4G en 2014/2015. Ce sera pour le grand bonheur des usagers. Mais tout ceci faut-il le rappeler aura un coup énorme en terme d’investissement.

Rien n’est encore dit, mais en principe les opérateurs devront mettre la main à la poche pour payer leurs licences 4G. L’Etat français à par exemple pu encaisser 936 millions d’euros (près de 613 milliards F CFA) pour la ventre des licences 4G aux quatre opérateurs. Bouygues Telecom a déboursé 228 millions d’euros, Free 271 millions d’euros, Orange 287 millions d’euros et SFR 150 millions d’euros.

Et pour terminer, voici comme d’habitude dans mes éditos, une vidéo qui parle du sujet.

http://www.youtube.com/watch?featur...

Mountaga Cissé

(Source : Social Net Link, 13 décembre 2013)

Mots clés

Inscrivez-vous a BATIK

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez toutes nos actualités par email.

Navigation par mots clés

INTERNET EN CHIFFRES

- Bande passante internationale : 172 Gbps
- 4 FAI (Orange, Arc Télécom, Waw Télécom et Africa Access)
- 12 045 735 abonnés Internet

  • 11 779 800 abonnés 2G+3G+4G (97,8%)
    • 2G : 25,88%
    • 3G : 53,06%
    • 4G : 21,06%
  • 108 945 clés et box Internet (0,90%)
  • 152 047 abonnés ADSL/Fibre (1,29%)
  • 1766 abonnés bas débit (0,02%)
  • 3 177 abonnés aux 4 FAI
  • Internet fixe : 1,30%
  • Internet mobile : 98,70%

- Liaisons louées : 22 060

- Taux de pénétration des services Internet : 74,31%

(ARTP, 31 décembre 2019)

- 7 260 000 utilisateurs
- Taux de pénétration : 58,20%

(Internet World Stats 31 décembre 2018)

- 5800 noms de domaine actifs en .sn

(NIC Sénégal, décembre 2019)

TÉLÉPHONIE EN CHIFFRES


Téléphonie fixe

- 3 opérateurs : Sonatel, Expresso et Saga Africa Holdings Limited
- 207 592 abonnés
- 165 915 lignes résidentielles (79,92%)
- 41 677 lignes professionnelles (20,08%)
- Taux de pénétration : 1,28%

(ARTP, 31 décembre 2019)


Téléphonie mobile

- 3 opérateurs (Orange, Tigo et Expresso)
- 17 880 594 abonnés
- Taux de pénétration : 110,31%

(ARTP, 31 décembre 2019)

FACEBOOK

- 3 171 000 utilisateurs

- Taux de pénétration de Facebook : 18,6%

(Facebook, Juin 2019)