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4,9 milliards pour l’achat d’un nouveau siège, sans l’aval du conseil de régulation

mardi 16 mars 2010

Régulation des télécoms

Les jours se suivent et se ressemblent à l’ARTP. Après le scandale des primes indues et les 500 millions consacrés à l’image de cette institution notamment par des actions de sponsoring, voilà qu’une autre affaire surgit, l’acquisition d’un nouvel immeuble de 4,9 milliards pour en faire un siège. Et, c’est le fait du nouveau directeur général, Ndongo Diaw, nommé à la suite du limogeage de Daniel Goumalo Seck. C’est l’Observateur qui nous l’apprend dans son édition du jour.

Après l’emprisonnement de l’actuel DG, suite à une inculpation pour détournement de deniers publics, le nouveau Directeur est lui aussi pointé du doigt. Le journal l’Observateur dans son édition du lundi barrait à sa une : « la bamboula continue à l’Artp », avant de développer : « L’affaire du pactole de près de deux milliards distribués aux agents de l’Artp ne s’est pas encore estompée qu’une autre affaire de gros sous vient secouer l’Artp. Et pour cause, pas moins de 500 millions de francs ont été mobilisés à travers des contrats signés entre janvier et février 2010, par cette agence publique. Ce, pour sponsoriser la lutte et le foot au Sénégal. Qu’est-ce qui peut bien se cacher derrière cette opération ? ».

Et rebelote. La série continue puisque l’Observateur revient à la charge pour nous signaler une transaction immobilière nébuleuse au sein de l’ARTP. Le montant de la transaction est pour l’acquisition du nouveau « siège de luxe » que s’est payé le nouveau DG, est estimé à 4,9 milliards. Cela n’aurait pas posé de problème, si elle s’était faite dans les règles de l’art. Mais l’Observateur qui relate l’information nous apprend que la promesse de vente s’est faite sur le dos du Conseil de régulation ou pour être plus précis du Conseil d’administration qui ne s’est plus réuni depuis avril 2009.

La transaction a a eu lieu, mais la réalité est que le conseil qui doit donner son aval pour une telle transaction, est dans une situation de vacance de fait, puisque le mandat des neuf membres a expiré depuis avril 2009. Conséquence, Ndongo Diaw a pu engager durant cette période à lui tout seul, la boite dans cette opération aux contours bien obscurs. Selon toujours les informations du journal, le directeur général a avancé via une chambre notariale bien en vue sur la place de Dakar, 2 milliards de F CFA. Il est aussi évoqué des frais de courtage d’un montant de 460 millions. Information démentie par M. Diaw qui précise : « au début, il était prévu 3% de courtage. Vu que les transactions se sont déroulées sans intermédiaire, cette partie a été enlevée du dossier ».

Et le Directeur général de décliner le mécanisme par lequel, la vente s’est engagée. Il soutient avoir contacté Amsa, une société où l’ARTP a eu la lumineuse idée de placer 5,5 milliards. Au moment où cette opération se faisait, il y a deux ans, des grincements de dents s‘étaient même faits sentir dans le milieu des assurances. La volonté du DG d’acquérir un immeuble s’étant manifestée, Amsa l’informe qu’elle dispose d’un immeuble de neuf étages en plein centre ville niché entre la rue du docteur Thèze angle Amadou Alassane Ndoye. Ndongo Diaw va donc demander à des experts d’évaluer le coût de l’immeuble. Une précaution qui va faire intervenir un architecte commis à cette tâche, M. Diao qui va finir par donner un quitus à l’achat. L’immeuble sera finalement cédé à l’ARTP. La transaction va être scellée par une promesse de vente. L’ARTP verse ainsi 2 milliards en quatre tranches pour obtenir un arrêt de la vente aux Nations unies intéressées elles aussi par l’immeuble et qui étaient sur le point de s’engager. Le DG précise d’ailleurs à ce propos que cette décision est prise en attendant l’approbation du conseil et que l’ARTP peut même revenir sur la décision d’acheter l’immeuble.

Et le journal de se demander après la version fournie par le Directeur, comment, ce dernier, Ndongo Diaw en l’occurrence, a pu mépriser les statuts de l’entreprise et passer outre cette règle élémentaire, en engageant la société dans une transaction l’ARTP dans une opération financière d’unetelle envergure. Et l’Observateur qui reprend des sources internes déclare que ce dernier ne devait se limiter qu’à gérer les affaires courantes qui ne peuvent pas attendre et s’en limiter là.

Le Directeur général de son côté parle de vacance du conseil de régulation dirigé par le professeur Sakho et soutient que la loi lui permet d’effectuer cette opération en attendant l’installation du conseil. Il ajoute avoir mis sa tutelle au parfum ainsi que ses collaborateurs ses proches collaborateurs.

Et le journal l’Observateur de se demander de quelle tutelle il s’agit, reprend le journal ? Le président de la république, qui l’a nommé à ce poste du fait de certaines connections familiales ? Le mystère demeure. En tout état de cause, la seule tutelle qui vaille et qui est consacrée par les textes, conclut le quotidien, c’est le conseil de régulation de l’ARTP vacant au moment de la transaction.

Le directeur général justifie par ailleurs cette décision d’acquisition de l’immeuble par le simple fait de doléances soumises par les salariés quant à leur volonté d’acquérir un immeuble pour l’entreprise puisque l’ARTP loue un immeuble sur la VDN. Le directeur général d’Amsa joint par le journal, n’a pas lui, souhaité s’exprimer dans l’affaire.

(Source : Nettali, 16 mars 2010)

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