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10 façons de tweeter en Afrique

mercredi 27 juin 2012

Les geeks tweetent leur life et les followers retweetent le buzz dans le microblogging. Il y a quelques années, cette phrase quelque peu jargonneuse n’aurait suscité que des mines interloquées en Afrique. Mais voilà que le continent est entré de plain-pixel dans les réseaux sociaux. Il faudra bientôt réécrire les hymnes nationaux en 140 signes –la longueur maximale d’un “tweet”–, ce qui réduira la durée de leur interprétation à l’équivalent d’un jingle, ce qui permettra d’avoir de plus courtes cérémonies de remise de médailles aux Jeux Olympiques ; déjà que les athlètes courent de plus en plus vite, on finira pas boucler les J.O. en un long week-end.

L’Afrique du Sud est le pays le plus connecté à Twitter

Tant qu’à faire, chaque article des Constitutions nationales pourrait être réduit à 140 signes. 140 signes, de même, pour les sermons des prêtres, 140 pour les versets d’un Coran 2.0., 140 pour les sujets d’examens et 140 pour les copies, ce qui permettra de corriger bien plus vite…

Sur le continent, l’Afrique du Sud est le pays le plus connecté à Twitter, suivi du Kenya, du Nigeria et de l’Egypte. Un peu partout, et notamment dans les pays d’Afrique du Nord, ce réseau de microblogging gagne du terrain.

Il n’y a plus aucun pays où Twitter est totalement absent, et ceci grâce au développement des connexions via les téléphones portables. Signe que le réseau est un créneau économique porteur, des entrepreneurs africains tentent d’en créer des équivalents made in Africa, comme Twyka au Kenya ou NaijaPulse au Nigeria.

Mais que fait-on exactement de Twitter en Afrique ? Voici dix façons d’utiliser le petit oiseau bleu :

1. Commandez un thé dans un distributeur. Véridique : c’est le buzz sud-africain du moment. Un distributeur de boissons obéissant à l’impulsion d’un “tweet” vient d’être installé dans un centre commercial du Cap. Objectif marketing de l’agence Cow Africa ? Faire parler des déclinaisons glacées du Rooibos, le fameux thé sans théine, la marque circulant à l’infini dans les pages des followers de l’assoiffé client du distributeur automatique.

2. Harceler les régimes dictatoriaux et autres criminels de guerre. En mars dernier, de nombreux geeks ont découvert l’existence du leader de l’Armée de résistance du Seigneur, l’Ougandais Joseph Kony, sous le coup d’un mandat d’arrêt international. C’est l’association américaine Invisible children qui a mobilisé un million de fans sur Facebook et qui a généré un véritable buzz sur Twitter, grâce à la diffusion d’un film de trente minutes sur le seigneur de guerre. L’année précédente, le réseau au petit oiseau bleu est réputé avoir contribué à faire chuter quelques dictateurs dits “arabes”. Espérons qu’après avoir aidé à l’émergence d’islamistes, les twittos ne découvriront pas bientôt, sur leurs écrans d’ordinateurs : « compte suspendu pour incompatibilité avec la charia »…

3. Ne pas lâcher les régimes démocratiques d’une semelle. En Afrique du Sud, Twitter est devenu le vecteur de toute critique sur le gouvernement, à propos de tout et de rien. Dernière levée de bouclier en date : l’indignation des twittos face au budget d’un million d’euros prévu pour faire venir la chanteuse américaine Beyonce au pays de Mandela, les 24 et 25 novembre prochains.

Après Shakira à la Coupe du Monde de football sud-africaine, la boucle pourrait être bouclée avec une autre diva made in America. C’est encore sur Twitter que Lady Gaga, vient d’annoncer que sa tournée Born This Way Ball passera en Afrique du Sud, notamment le 30 novembre à Johannesburg. S’il te plaît, Beyonce, laisse le peignoir dans la chambre d’hôtel. Il pourrait servir à Lady Gaga…

4. Mesurer sa popularité. Particulièrement utile pour un chef d’Etat qui pourra ainsi faire ses bagages quand il sentira tourner le vent sur Internet. S’il avait été plus vigilent au tsunami des « dégage » électroniques, le twittos libyen Mouammar serait peut-être aujourd’hui en train de buller aux côtés du twittos tunisien Zine El Abidine…

5. Rameuter ses partisans. Le champion politique en la matière était –une fois de plus– sud-africain. Le compte Twitter de Julius Malema, le controversé leader de la ligue de jeunesse de l’ANC, était l’un des plus consultés du continent, avec plus de 135 000 abonnés. Mais le danger des réseaux sociaux étant de faire oublier aux twittos de tenir leur langue et la bouche de Malema ne portant traditionnellement “pas de caleçon”, le “jeune en chef” de l’ANC a décidé, en février dernier, de priver ses abonnés de gazouillis parfois racistes. Il faut dire qu’il avait les instances du parti sur le dos. Malheureusement pour le bouillant Julius, quelques internautes avaient déjà créé des comptes clones à son nom…

6. Suivre sa star préférée. À condition que ce ne soit pas Julius Malema. À condition que vous ne soyez pas catalogué groupie sud-africaine de la coûteuse Beyonce. Et à condition d’avoir conscience que peu de stars pulpeuses ont, en général, le temps d’alimenter elles-mêmes leur compte. Et donc que c’est peut-être un laideron qui se trouve de l’autre côté de l’écran…

7. Ne pas se contenter de l’ombre de son président de mari. La compagne du président français, Valérie Trierweiler, a montré la voie avec la peau de banane qu’elle a glissée, via Twitter, sous les pieds de la candidate aux législatives Ségolène Royale. De quoi donner des idées à quelques épouses de dirigeants africains. Encore faut-il que la première dame ait le sens de la jalousie concise. Cela dit, un Mamadou Tandja ayant eu deux premières dames, celles-ci auraient pu disposer de 280 signes simultanés pour régler leurs querelles de cœur. Si elles se liguaient, Sizakele Khumalo, Nompumelelo Ntuli, Tobeka Madiba et Bongi Ngema auraient 560 signes à leur disposition pour clasher toute impudente amoureuse de leur Jacob Zuma…

8. Perdre tout ce que l’on a, à force de se la péter : raconter sa vie avec mythomanie, violer les règles des organes de régulation médiatique en publiant des résultats électoraux avant la clôture des bureaux de vote, déblatérer avec des abréviations et en perdre son français, dénigrer son patron et se faire licencier avant de constater que le patron en question était un de ses followers, menacer sa femme de mort et se faire laminer au cours du divorce…

9. Détecter ceux qui vous follow d’un peu trop près. Les féministes égyptiennes ont appris à utiliser Twitter contre les dragueurs un peu trop collants. Le 13 juin dernier était décrété « Jour de lutte contre le harcèlement sexuel » et un quotidien répertoriait les tweets sur le sujet.

10. Draguer les twitteuses. A éviter quelque temps en Egypte…

Damien Glez

Damien Glez est un dessinateur burkinabé. Il dirige le Journal du Jeudi, le plus connu des hebdomadaires satiriques d’Afrique de l’Ouest.

(Source : Slate Afrique, 27 juin 2012)

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